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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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MÉMOIRES SUR LES PRINCIPES

la troisième manœuvrait sur la rive gauche dufleuve, dans celle de Toplitz sur Dresde. Cestrois échiquiers prouvaient, d’une manière évi-dente, que l’objet commun des opérations destrois armées se trouvait sur la rive gauche del’Elbe, et en voici la raison. D’après les positionsqu’elles occupaient, Dresde ne pouvait servird’objet qu’à deux armées : à celle de Silésie età celle de Bohème. Ces deux armées ne pou-vaient opérer que sur les lignes extérieures,tandis que les Français, massés sur une seuleintérieure, conservaient la faculté de s’opposerà tous leurs mouvements concentriques, et defaire échouer leurs tentatives sur cette place.L’armée du nord, qui opérait dans la directionde Berlin sur Wittenberg, pouvait opter entresa jonction avec l’armée de Silésie ou celle deBohême. En se réunissant à la première, leursmouvements offensifs auraient été paralysés parla ligne de défense de l’Elbe, qui se présentaitde front à leurs opérations ultérieures. La jonc-tion avec l’armée de Bohème, au contraire,offrait moins de difficultés à vaincre et menaità de plus grands résultats. L’armée du nord,qui devait franchir l’Elbe à Roslau ou à Acken,reportait le théâtre de la guerre sur le terrainenclavé entre la Mulde et la Saale.

Pour opérer conjointement avec l’armée deBohême, ces deux masses devaient donc choisirentre la chaîne de l’Erz et la partie de l’Elbe

comprise entre Dessau et Acken, un point dejonction qui possédât les avantages nécessairespour être constitué en objet principal. Cechoixne pouvait tomber que sur Leipzig. En Seportant vers cette ville, on obligeait l’arméefrançaise d’abandonner le pivot principal deses opérations, Dresde et sa ligne centrale,l’Elbe, pour défendre la ligne directrice qui setrouvait compromise. La possession du pointde Leipzig devait avoir une influence majeuresur les opérations des Français, et être d’untrès-grand avantage pour les alliés. Aussi fut-ilchoisi pour le rassemblement des différentesarmées offensives, et c’est sous les murs decette ville que se livra la fameuse bataille quidécida du sort de l’Allemagne.

En 1812, lorsque l’armée française franchitles frontières de l’empire russe, ses opérationsreçurent aussi deux directions principales : àgauche de Kovno par Yilna, vers Gloubokoéet Dokchitzy, dans l’entre-deux de la Duna etdu Dnèpre, à droite de Grodno sur Minsk.L’objet commun des opérations ne pouvaitêtre que Smolensk, car c’est sur ce point quese rassemblent toutes les routes qui conduisentde la partie attaquée des frontières; c’est aussilà, qu’après des courses divergentes, les diffé-rentes armées russes et françaisesse trouvèrentrassemblées, etlivrèrent la bataille qui en portele nom.

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