DE LA STRATÉGIE.
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DIX-SEPTIÈME MÉMOIRE.
SUR LES GRANDES OPÉRATIONS DÉFENSIVES.
Les principes qui doivent servir de guide auxopérations défensives peuvent, en grande par-tie, êlre déduits de ceux que nous avons établispour le système offensif.
Toute opération défensive a aussi deux butsessentiels à remplir :
1. De résister à l’armée assaillante, et de labattre si l’occasion en est favorable;
2. De garantir et de défendre le pays quel’ennemi se propose d’envahir.
Le premier, comme je l’ai déjà dit, appar-tient à la tactique, il' ne s’agit donc ici que dusecond.
Le premier but dont l’armée défensive doits’occuper, est la défense de la ligne frontière.Dans ce cas, l’emplacement préliminaire desarmées influe sur les opérations défensivesultérieures, autant que le choix du point desfrontières qu’on prend pour but de l’attaque,décide des manœuvres offensives.
Les parties faibles des frontières ont-ellesété mal appréciées, et les armées placées eusens contraire des points vulnérables, l’invasiondes ennemis n’est plus à éviter, et les opéra-tions des forces actives deviennent, non-seule-ment gênées, mais pernicieuses.
Esclaves des mouvements de leurs ennemis,les défenseurs ne conservent plus la faculté derecouvrer, quand ils le veulent, les avantages
qu’ils auraient cédés. Ce n’est, quelquefois,qu’avec une perte sensible de temps et de ter-rain qu’on parvient à rétablir l’équilibre ; maisle sacrifice du terrain devient, pour une arméequi manœuvre déjà dans un système désavan-tageux , un mal irréparable.
Passons à un exemple, et prenons celui quenous offre l’ouverture de la campagne de 1812.
Les armées russes, assujéties à une strictedéfensive, s’étaient déployées sur la lignetransversale depuis Keïdany par Lida, jusqu’àNovoï-Dvor. La première formait la droite, ladeuxième l’aile gauche. Les forces de ces deuxarmées se trouvaient dans un éloignementd’environ 30 myriamètres les unes des autres.Séparées par la vallée du Niémen, elles l’étaientencore par un espace qui était hors de mesure.On interposa, entre les deux masses principa-les, deux Corps qui devaient servir d’échelonsde jonctions, dont l’un était à Lida et l’autreà Grodno. Ce déploiement était vicieux, car cesmasses, trop faibles par elles-mêmes, étaientencore disséminées sur une grande étendue ethors d’état de se concentrer sur le point dé-cisif. Il arriva, ce à quoi on devait s’attendre:Napoléon, en jetant une force respectableentre les deux flancs, parvint à les séparerpendant un certain temps, et ce n’est qu’en sa-crifiant une grande section de terrain, que les