EXAMEN RAISONNE
DES
PROPRIÉTÉS DES TROIS ARMES DIFFÉRENTES,
DE LEUR EMPLOI DANS LES BATAILLES , ET DE LEUR RAPFORT ENTRE ELLES.
CHAPITRE PREMIER.
APERÇU GÉNÉRAL DES TROIS ARMES.
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Le perfectionnement des sciences et des artsest presque toujours en rapport réciproqueavec la civilisation des siècles et des pays, et ilest parfois le résultat de l’intérêt immédiat queles nations recueillent de leur emploi. Voilàaussi pourquoi nous les voyons souvent che-miner d’une allure tardive, et se développeraussi lentement que cette même civilisationd’où ils dérivent.
Chaque branche du code scientifique possèdesa vertu spécifique ; mais son apogée d’éléva-tion et de gloire provient souvent de l'impor-tance que les circonstances accordent à l’uned’elle, et des conséquences qui s’y rattachent.De là vient aussi le perfectionnement de l’artmilitaire. Si autrefois les guerres étaient aussifréquentes que dans le dix-neuvième siècle,leurs résultats n’étaient ni aussi grands, niaussi dangereux pour la prospérité des peuples.Ces grands bouleversements, des couronnesperdues ou acquises, ayant été plus d’une foisla conséquence d’une défaite ou d’une victoire,il était juste que l’art qui nous fait gagner lesbatailles acquît une importance qu’il ne possé-dait pas jusqu’alors.
Le temps et les méditations des guerriersont augmenté le nombre des découvertes, tan-dis que l’application des principes innovés ar-rêta le choix de ceux qui devaient servir debase à l’art militaire.
Dans aucune branche de cet art, les décou-vertes n’ont été aussi fréquentes et aussi nom-breuses quedans la tactique. L’infinitéd’articlcsdifferents qui la compose en est l’unique cause.La formation des troupes , leur ordonnance,leurs évolutions et leur action adaptée auxavantages du terrain, sont autant de vastessphères dans lesquelles l’imagination humaines’estplue à travailler, etqui devinrent autant demines inépuisables pour l’exploi teur attentif etassidu.
Le choc des assertions différentes, d’où jaillitl’étincelle, rectifia les erreurs et agrandit lasphère des innovations, tandis que l’expériencefixa l’emploi des principes dont futilité devintincontestable.
C’est ainsi que se formèrent ces traités scien-tifiques qui nous servirent de lisière dans lavoie toujours épineuse qu’on parcourt encoreen écolier, et qui ne cessèrent d’être nos guides
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