DES TROIS ARMES.
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lobre 1796, et celle de Caldiero, livrée , en1805, entre les armées française et autrichiienneen Allemagne et en Italie.
A la bataille de Biberach , à l’exception dumouvement que la cavalerie autrichienne fitpour couvrir la retraite de la division Baillet,cette arme ne nous a offert pendant touite lajourne'e aucun choc éclatant. À celle de Cal-diero, à l’exception de l’altaque que le comtede Bellegarde, à la tête de 8 bataillons , sou-tenus d’un régiment de cavalerie légère filcontre Stra; de celle que plusieurs petits déta-chements de cavalerie autrichienne dirigèrentcontre la division Dartounaux, et enfin de celleoù le régiment des hussards de Kienmayer semontra avec tant d’éclat, et qui eut lieu prèsde Colognola-Bassa , mais qui toutes les troisne peuvent être envisagées que comme des at-taques partielles , insignifiantes et qui n’au-raient pas même mérité d’être relevées, si ellesn’eussent été les seules où cette arme pritpart au combat, l’honneur de celte journéedoit incontestablement être déféré à l’infante-rie, qui s’y montra comme arme primitive.
Les pertes essuyées par les deux armées bel-ligérantes, dans ces deux affaires , sont unepreuve évidente du courage avec lequel ceschamps de bataille furent disputés, et les re-lations détaillées (î) de ces affaires qui prou-vent évidemment que les généraux en chefn’ont pas perdu un seul moment de vue tousles moyens que la tactique la mieux ordonnéeleur offrait, pour remporter l’un sur l’autre lavictoire, seconderont l’évidence de mon asser-tion, et prouveront d’une manière non douteusequ’une infanterie bien aguerrie, bien discipli-née et surtout bien dirigée, soutenue par l’ar-tillerie, peut gagner des batailles.
SECTION II.
PROPRIÉTÉS DE L’iNFANTERIE DE LIGNE.
C’est en grand partie dans les différents en-gagements qu’une arme soutient contre l’en-nemi , que nous pouvons rechercher ces pro-
(i) Pour lesquelles je prends la liberté de renvoyer lelecteur au Journal militaire autrichien, année 1823,ehap. iv, page 1, et aux Principes stratégiques de l'ar-chiduc Charles, tome ni, page 213.
priétés; et ces engagements étant en partiesubordonnés à ses différentes formations, il estjuste que ce soit dans ces dernières que nouspuisions aussi le principe des propriétés del’infanterie.
La différence des formations de chaque armeest subordonnée à l’emploi qu’on se proposed’en faire, et du résultat qu’on doit en atten-dre. Plus une arme est suceplible de formationsutiles et produisant de bons effets, plus sonefficacité est grande. Telles sont les vertus del’infanterie de ligne. Ses formations lui accor-dant les moyens de se soutenir avec avantagedans l’état défensif, ainsi que de produire degrands effets dans l’offensive, la première placeparmi les trois armes lui appartient avec jus-tice.
Les feux foudroyants et multipliés d’une li-gne déployée en bataille, le choc d’une colonneconduite avec prévoyance et intrépidité, ainsique la formation avantageuse de la colonnecontre la cavalerie ( 2 ), sont autant de moyensefficaces que les inventions de la tactique ontaccordées à l’infanterie de ligne, pour pouvoirse soutenir avec un certain avantage contretous les dangers auxquels celte arme pourraitêtre en butte.
Chaque formation émanant d’un principe etétant employée dans des cas différents, il n’estque trop juste d’en approfondir séparément lespropriétés et les différents résultats.
De l’Infanterie de ligne déployée en bataille.
Le déploiement en bal aille a deux grandespropriétés, qui rendent toujours formidablecette formation, toutes les fois que les chefssavent bien l’adapter au terrain et à la circon-stance : ce sont ses feux multipliés, et le peude prise qu’elle offre aux boulets et aux obusde ses ennemis. Mais comme chaque formationpossède ses prérogatives ainsi que ses défauts,le déploiement en ligne n’en est pas exemptnon plus. Ses vices, au contraire, seront mêmeplus nombreux que ses vertus. Scs feux sontavantageux, il est vrai, mais elle est incapable
( 2 ) Formation que j’ai adoptée comme défensive con-tre la cavalerie, et dont j’aurai plus tard l’occasiond’expliquer les avantages.