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EXAMEN RAISONNÉ
de mouvement, elle ne peut pas résister à lacavalerie, ni même au choc d’une colonne, etles cartouches à balles la soumettent à de très-grandes perles.
Les combats que l’infanterie, formée dansl’ordre mince, soutient à certaine distancecontre la même arme, en opposant à ses enne-mis la défense la plus meurtrière qu’elle pos-sède; ses feux, en leur faisant faire des pertesdont la grandeur souvent n’est compensée paraucun avantage équivalent, lui donnent sanscontredit des avantages exclusifs sur les atta-quants : tandis que, manquant tout à fait deprofondeur, elle est perdue si le choc devientson unique ressource. Une masse d’infanterie,formée en colonnes sans être soutenue ni parl’artillerie, ni par la cavalerie, hasarde-t-ellede parcourir une plaine ouverte, dont le terrainne cache pas aux bataillons défensifs la marchedes colonnes offensives, qui servent de but àleurs feux, il est certain que la ligne leur ferasouvent essuyer des pertes tellement grandes,qu’elles finiraient par dégoûter les chefs d’en-treprendre des mouvements aussi dangereux,et les porteraient à choisir des moyens moinsdestructeurs.
Les succès éclatants que l’infanterie anglo-espagnole a remportés si souvent sur celle desFrançais, qui tout aussi bien aguerrie,tout aussibrave et peut-être même plus expérimentée,succomba cependant dans plus d’un mouvementoffensif qu elle fit contre ses ennemis en l’atta-quant dans l’ordre profond, proviennent : 1° deces pertes qu’une ligne déployée par des feuxmutipliés et bien nourris, fait essuyer à uneinfanterie qui, abandonnée à son unique force,s’avance contre elle en ordre profond; forma-tion qui paralyse tout à fait ses feux au mo-ment où ils deviennent un moyen très-avanta-geux pour s’opposer au ravage que ceux desennemis occasionnent; 2° de cette opiniâtretéque les assaillants eurent toujours d’engagerl’infanterie sans la soutenir par les autres armes,et sans faire précéder leurs attaques, ou parlefeu de leur propre artillerie, dont les coups sou-vent répétés occasionnent, sinon une brèchequi ravisse sans retour à la ligne sa contiguïté,mais du moins produit un certain flottementtoujours dangereux ; ou par un choc de cava-lerie , le fléau le plus dangereux pour une infan-terie déployée en bataille ; 5" du manque de
rapidité et de décision dans le mouvement of- il’ensif, car sans produire le choc intrépide quidoit être le dénoùment et le seul moyen de ,réussir dans ces sortes d’attaques, l’infanterie Jfrançaise cédait à ses ennemis le terrain dont jjelle devait se rendre maîtresse. j
En approfondissant cependant lesvraiescau- jses de la non-réussite de plusieurs attaques jfaites parles Français contre les troupesanglo- jespagnoles, pendant les campagnes dont la 5Péninsule a été le théâtre, je suis loin de vou-loir recevoir pour loi fondamentale qu’une jallaque en colonnes, contre une infanterie dé- Jployée en bataille, qui fait usage de ses feux,soit toujours une vaine témérité, dont uneperte inutile d’hommes soit la suite. Tout dé-pend de la résolution avec laquelle l’attaqueen colonnes est conduite, ainsi que des sacri-fices qu’on est en droit de porter au but qu’onse propose d’atteindre, et qui doivent être enrapport direct avec l’importance qu’on peutaccorder au point qu’on attaque. Un exempled’une attaque en colonnes dont la marche setrouvait encore entravée par le désavantage duterrain, contre une infanterie déployée en ba-taille et avantageusement postée, qui a réussicomplètement, suffira, sinon pour diminuerles avantages d’une ligne contre une attaqueen colonnes, du moins pour venger l'honneurde celle dernière formation, et à laquelle beau-coup de militaires, éblouis par les nombreuxlauriers que sa rivale a moisonnés dans l’infan-terie anglaise pendant les campagnes d’Espa- >gne, ravissent une grande partie de ses avan- ••tages. Je vais en citer un dont j’ai été témoin ‘oculaire et actif.
A la première bataille de Polotsk, livrée le 'C—18 août 1812, au moment où le général |Saint-Cyr attaqua le corps du comte de Wilt- |gcnslein, rangé en bataille sous les murs de la -,ville, le régimentdu prince Guillaume de Prusse *se trouvait posté devant la maison de cam-pagne que le chef du corps avait occupée avec <son quartier général, formant le centre du flanc ■gauche, et posté entre deux batteries, dontcelle de droiteétail Je 30 pièces et celle de gau-che de 6 canons. Une grange en pierre, bâtieprès du pont jeté sur la rivière de laPolola,était devant le front du régiment à une distancede 2,000 pas, et dérobait à ses régardsl’ave- fnue du pont, et, par conséquent, Ions les /