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EXAMEN RAISONNÉ
les différents terrains, engage, prépare et gagneles batailles. Le soins des autres armes est dela suivre dans ces différentes modulations, dela soutenir dans ses engagements et de com-pléter les victoires. Des travaux aussi difficileset aussi dangereux rendent, il est vrai, le rôlede cette arme à la fois honorable et très-épi-neux , mais aussi les maîtres de l’art, ayant suproportionner ses moyens d’allaque et de dé-fense , aux obstacles qu’elle doit surmonter, laforce intrinsèque qui en est résulté, estenéqui-libre avec les dangers auxquels elle s’expose.
Ce n’est aussi qu’une juste compensation durôle qu’elle est appelée à jouer, et un moyenindispensable pour le lui faire soutenir avec di-gnité, avec aplomb et avec chance de succès.Celte compensation consiste dans son armement,les moyens de vaincre son ennemi à de grandesdistances, dans ses formations et les différentesmanœuvres auxquelles sa tactique peut êtreassujettie.
Mes réflexions antécédentes ayant assez ap-profondi les principes fondamentaux des diffé-rents genres de combats de l’infanterie, jecrois être arrivé au moment où je puis procé-der à l’examen de l’action même de cette arme.
D’après la nature et le genre de combattredes tirailleurs et de l’infanterie de ligne, nouspouvons hardiment partager leur action endeux genres distincts, qui sont : l’action pré-paratoire et l’action définitive. La première estle fruit de combinaisons topographiques etmilitaires, et la seconde est enfantée plutôtpar un courage aveugle et un dévoûment quiest au-dessus de tout calcul. Les éléments del’action des tirailleurs, qui n’est que défensive,sont donc : finesse, raisonnement, juste ap-préciation du terrain et coups bien ajustés;pour celle de l’infanterie de ligne, pour la dé-fensive, une persévérance courageuse et l’em-ploi efficace de ses formations et de ses feux ,et, pour l’offensive, un mouvement décisif quirenverse tout ce qui s’oppose à son passage.Une différence aussi grande dans les élémentsde leur action, mérite bien aussi qu’on consa-cre à chacune d’elles un article séparé.
SECTION VI.
ue l’action de l’infanterie de ligne.
L’action de l’infanterie de ligne repose surles combats en masse. La dénomination que
nous avons donnée à son action, et que nousavons appelée action définitive, nous prouveévidemment que le choc y joue un grand rôle,et nous avons vu plus haut qu’il ne peut pas yavoir de choc là où il n’y a pas de compacité.
La multiplication des masses d’infanterierend le choc moins douteux; la rapidité deschocs, les résultats plus grands. Les annalesdes guerres modernes nous offrent, pour l’ac-tion de l’infanterie de ligne, beaucoup d’exem-ples bien convainquants, et je ne puis m’em-pêcher de citer celui que nous a offert l’arméeprussienne à la journée des 4-46 octobre 484 3.Les dispositions et les mouvements de ce com-bat sont trop instructifs, pour l’infanterie deligne, pour nepasTolfrir à mon lecteur commeun exemple à suivre dans les mouvementsoffensifs de cette arme.
Nons avons vu, à l’article des propriétés del’infanterie légère, toutes les pertes inutilesdanslesquelles une fusillade inconséquente nousentraîne, et les résultats l’atals qui en provien-nent; je veux donc, par un exemple dont lesdispositions étaient diamétralement opposéesà celui que nous offre l’attaque des quatre vil-lages à la bataille de Lutzen, soutenir l’axiomesur lequel je viens de baser les grands avan-tages des mouvements de tactique, et qui con-sistent dans des opérations décisives, et dontla décision gît dans la multiplication et lacompacité des masses qu’on emploie pour lesexécuter.
Un corps français de 20,000 hommes étaitposté sur une élévation d’une douce déclivité,ayant une artillerie de 60 pièces de canondevant le front. Le village de Mœckern etl’Elster protégeaient le flanc gauche, et en ren-daient les approches très-difficiles. L’aile droiteétait soutenue par des masses imposantes detroupes de différentes armes.
L’attaque de cette position tomba en partageau général Yorck, dont le corps formait le flancdroit de l’armée de Silésie.
L’avant-garde du corps du général Yorckvenait de se rendre maîtresse du village deMœckern; mais l’ennemi ayant soutenu sestroupes rétrogradantes, parvint à reprendre ceposte et s’y maintint. Le chef du corps prussienenjoignit aussitôt à deux brigades d’infanteriede sou tenir son avant-garde, et ordonna au restede son infanterie de se prolonger vers la gau-