DES TROIS ARMES.
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d’Henri II, par le maréchal Rrissac ( 1 ), lequel,dans la guerre du Piémont, imagina de monterdes compagnies d’arquebusiers. Les autres na-tions les imitèrent, et cette formation se con-serva jusqu’à nos jours, mais comme nouspouvons nous en convaincre, avec des varia-tions bien sensibles.
Convaincus, par la difficulté de l’éducationdes dragons comme cavaliers et comme fantas-sins, et des services si rares que cette troupea été dans le cas de rendre en combattant àpied, plusieurs nations, en conservant cetteformation dans leurs armées, paraissent cepen-dant ne plus l'envisager, et ne s’en servir quecomme cavalerie. Nous avons vu, dans les cam-pagnes d’Espagne, tous les services signalésque cette troupe a rendus aux Français. Commetroupe combattant à pied, les dragons n’ontparu que rarement sur la scène. Il est vrai qu’àla bataille de Parme, en 1734, nous avons vules dragons du duc de Wurtemberg mettrepied à terre, combattre avec beaucoup d’avan-tage, et parvenir à faire replier la brigade duroi. En 1793, à la bataille de Kaiserslautern,les carabiniers d’élite prussiens mirent aussipied à terre, et expulsèrent du village d’Erle-bac deuxbataillons français qui occupaient uneenceinte isolée et des jardins. Plus tard, enEspagne, le 14 e de dragons de la division deLatour-Maubourg nous offrit le même exempleau combat d’Usagre, et avec le même succès.Mais quelques exemples, tout convainquantsqu’ils soient, peuvent- ils servir de preuve enfaveur d’une institution que beaucoup d’autresdéfauts évidents réprouvent?
L’organisation des dragons combattant à piedet à cheval, pourrait être sans doute très-avan-tageuse , si leur éducation et les moyens de par-venir à un bon résultat, n’étaient pas aussi com-pliqués et aussi difficiles. Dans les mouvementsoffensifs, il peut arriver souvent qu’en recon-naissant le terrain dans différents sens, lespartis de cavalerie, quelque nombreux qu’ilspuissent être, soient arrêtés par quelques fantas-sins postés à l’entrée d’un défilé, ou désignéspour défendre un pont, ou tout autre accident de
(i) «Ces dragons du maréchal deürissac,ditGuibert» dans son Essai général de Tactique , étaient pro-» prement de l’infanterie à cheval; ils conservèrent» pendant quelque temps le mousquet et la pique. On» leur donnait de mauvais chevaux, afin que la perte
lanature ou de l'art. Si la cavalerie ne possèdepas quelques tirailleurs auxquels elle puissefaire mettre pied à terre, elle rencontrera tantd’entraves dans ses expéditions, que les plusgrands sacrifices seront inutiles, et elle serasouvent obligée d’y renoncer.
Sans entrer cependant dans des discussionsapprofondies sur la possibilité ou la difficultéde l’organisation des dragons, discussion quiest étrangère au but de mon ouvrage, je mecontenterai d’en dire mon avis. La cavalerieétant rarement dans le cas de faire mettre piedà terre à un régiment entier, tandis que ceuxoù quelques hommes qui doivent embrasser lerôle de voltigeurs, peuvent être très-fréquents,on ne saurait mieux faire que d’incorporer danschaque escadron un peloton de tirailleurs quisoient aguerris à faire les deux services, surquoi j’aurai encore l’occasion de revenir plustard. Peut-être n’est-ce pas tant l’impossibilitéde former par régiment une centaine de cesamphibies militaires, mais la grande difficultéà surmonter, et d’en organiser des régimentsentiers, qui ne peuvent pourtant pas être re-crutés en entier par des gens d’une conceptionfacile, d’une aptitude exemplaire, qui se plientavec facilité aux deux services.
Si, cédant à l’opinion du général comte deBismark, exprimée dans son ouvrage intitulé ;le Système des tirailleurs de cavalerie, article ii,on trouve une possibilité d’organiser et d’at-tacher à chaque escadron des régiments de ca-valerie un peloton de tirailleurs, qu’on choisiraparmi les hommes dont la conception sera laplus saine et le discernement le plus juste, enun mot, capables de surmonter toutes les diffi-cultés de deux rôles aussi différents ; la cava-lerie acquerra certainement une force motriceassez ramifié pour pouvoir, je ne dirai pasvaincre dans toutes les occasions, mais ne pasvoir paralyser ses opérations par quelque acci-dent fortuit, qui souvent n’est que de peu deconséquence dans son principe; mais qui enacquiert une grande par le manque d’élémentsnécessaires pour le surmonter. Le général Rüblede Lilienstern, dans son Manuel pour l’Officier,
» fût moins grande quand ils seraient obligés de les» abandonner. Il ne portaient ni bottes, ni éperons, et» lorsqu’ils mettaient pied à terre pour combattre,b ils attachaient leurs chevaux deux à deux. »