DES TROIS ARMES.
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pas pu présenter de si nombreuses difficultés;
2° Du moment opportun où on la fait agir ;, 3° De la décision avec laquelle chaque atta-
que doit être faite.
La cavalerie la mieux aguerrie et la plusinstruite ne pourra rien exécuter si elle n’estpas bien dirigée, tout comme le chef le plusinstruit, et le plus riche en expédients, nepourra rien offrir de brillant, si sa cavaleriene répond pas justement aux éléments de savraie nature.
Les dernières guerres surtout ne nous ontoffert que rarement le spectacle imposant d’unecavalerie bien dirigée ; quoique ne possédantqu’un noyau peu nombreux de vieux cavaliers,elle n’était pas cependant sans talent ni sansvertu, c’est ce qui a porté les censeurs sévèresà rejeter tout le blâme de cette inaction sur leschefs qui la commandaient. Murat même, dontl’existence militaire nous a olfert plus d’unebelle action, comme à Eckmülh, à Dresde, etc.,n’a cependant pas été non plus exempt de re-proches. Les militaires allemands l’ont accuséde n’avoir été qu’un sabreur, et de n'avoir paspossédé les qualités nécessaires pour comman-der une masse de cavalerie dans une bataillerangée (î). Mais dans une armée commandéepar Napoléon, fallait-il plus qu’un sabreur quisût profiter des vertus intrinsèques de l’armequ’il menait au combat ? Et chaque chef de ca-valerie, dans l’armée de Bonaparte, pouvait-il aussi paraître autre chose, puisque Napoléonsavait se trouver partout où sa présence étaitnécessaire, et ne quittait le poste qu’aprèsavoir tout ordonné? C’est ainsi qu’à la bataillede Dresde, il sort à six heures du matin de laporte de Freyberg, et aperçoit la lacune quele mouvement des divisions autrichiennes deBianchi et Giulay, en se prolongeant vers leurgauche sur la rive gauche de la Weissritz, pourdonner place au corps de Klénau, qui étaitencore en marche, avait occasionnée. Il chargeMurat de tirer partie de cette imprudence del’ennemi ; et après avoir indiqué l’endroit oùles coups devaient se frapper, il revient surses pas, traverse la ville, et sort par la portede Dippoldisvalde, et, sûr que ses ordres serontexécutés avec justesse et avantage, il ne s’oc-
(i) Le comte de Bismark, Tactique de la Cavalerie ,et plusieurs autres apres lui.
cupe plus que des mouvements des corps desmaréchaux Saint-Cyr, Mortier et Marmont. Uneconfiance pareille, delà part d’un homme telque Bonaparte, qui savait certainement taxerau juste les talents de ses subordonnés, et qui,surtout à la bataille de Dresde, où le sort deson armée pouvait être décidé par quelquemauvaise disposition et devenir déplorable,n’était pas dans le cas d’abandonner aucunechance au hasard, ne prouve-t-elle pas en fa-veur du chef qui commandait la cavaleriefrançaise?
Si peut-être Murat, comme veulent le sou-tenir plusieurs auteurs allemands, ne possédaitpas aussi ce coup d’œil militaire décisif, quinous fait reconnaître de prime-abord, sur desterrains variés et d’une vaste étendue, l’endroitoù il faut frapper le coup décisif, il est difficilede lui disputer le talent d’avoir su manier avecvigueur et discernement, vertus indispensablesd’un chef de cavalerie, des masses imposantes.Pourquoi compterions-nous donc toujours cescoups heureux qu’il a souvent faits, plutôt aunombre des coups de hasard qu’au nombre descoups de génie !
La vigueur du choc étant la vertu primitivede la cavalerie, et ce choc ne pouvant êtreeffectif si les lignes attaquantes ne conserventpas leur alignement et les escadrons leur con-tiguïté, on ne saurait jeter un regard assezattentif sur cet alignement et cette contiguïtédes lignes et des escadrons pendant leurs mou-vements offensifs. C’est cette vertu qui a rendula cavalerie française, pendant la guerre d’É-gypte, si redoutable aux mamelouks, qui,corps à corps, ne le céderont certainement àaucune cavalerie de l’Europe; mais n’étant pasdisciplinés, et ne possédant pas l’habitude debien charger en ligne contiguë et alignée,leurs charges ne possédaient pas ces elforlsmultipliés et ce choc collectif d’où résultentles effets souvent extraordinaires d’une chargede cavalerie. De là vient l’équilibre que le gé-néral Bonaparte a établi entre la cavalerie fran-çaise et les mamelouks égyptiens, et qui adéduit des principes sur lesquels reposent leseffets du choc. On ne le conçoit que trop bienlorsqu’il dit ( 2 ) « que 2 mamelouks tenaient tête
(2) Mémoires publiés par le général Gourgaud.
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