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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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EXAMEN RAISONNÉ

les soulenir. Or, ce soulicn ne demande, enaucune manière, la carabine, mais le sabre;car le cavalier le manie beaucoup plus aisémentque la carabine ; et s'il parvient à se glisser àdos de son ennemi, le pistolet lui suffira pourle coucher à terre.

Je ne discute pas le cas de surprise; carplacer des avant-postes dans des endroits oùon peut les attaquer à l’improvisle est une im-péritie inexcusable. Nous savons, au contraire,que les avant-postes doivent être placés surdes points d’où l’homme puisse apercevoir sonennemi, de quelque côté qu’il vienne. Le de-voir des avant-postes, s’ils voient approcherl’ennemi, est de donner l’alarme ; et si c’est lecavalier qui l’a reconnu le premier, il lui fautune arme pour l’avertissement : soit ; mais lepistolet lui suffira, car à 40 ou 50 pas, il a unvoisin qui décharge aussi son arme, et dansle même moment toute la chaîne est instruitede l’approche de l’ennemi.

Les (langueurs. « Lorsque des tirailleurs» armés de pistolets, dit M. Decker, flanquent» contre d’autres armés de carabines, les pre-» miers font toujours volte-face (i). » Je suiscontre un avis pareil, et en voici la raison: uncavalier armé d’une carabine ne peut bientirer qu’en arrêtant son cheval, car il a besoinde l’usage de ses deux bras; et au moment oùil couche en joue, son ennemi, qui bat laplaine, change à chaque instant de place,oblige par conséquent son adversaire de lepoursuivre avec le canon de sa carabine dansdes directions différentes, et lui ravit tous lesmoyens de bien ajuster. Il n’y a qu’un pur ha-sard qui peut rendre juste un coup pareil, etle hasard n’est pas toujours favorable (a). Pen-dant ce temps, le flanqueur, armé du pistolet,a eu tout le temps nécessaire pour venir à dosde son ennemi ; et pendant que celui-ci aban-donne la carabine pour guider son cheval etfaire volte-face, un bon tireur de pistolet l’adéjà couché à terre.

Pour ce qui regarde le troisième cas, si nous

(î) « Des flanqueurs armés de pistolets, dit le comte» de Bismark ( Système de Cavalerie, pag. 145), ne» sont pas du tout dangereux ; je m’abstiens aussi d’en» parler davantage. «

( 2 ) Je fais même abstraction du désavantage qu’uncavalier, qui arrête son cheval, se donne envers un fan-assin adroit et bon tireur, et qui trouve devant lui

adoptons l’organisation des tirailleurs de ca-valerie, proposée par le comte de Bismark,chaque escadron n’aura donc qu’un pelotonarmé de carabines, et le reste n’en aura pasbesoin.

Un exemple cité par le général Thiébaultdans son Manuel général du service des états-majors, a porté M. Decker à ériger en prin-cipe ce troisième cas qui forme sa quatrièmesupposition. Le voici (page 410) : « A la ba-» taille de Friedland, dit le général Thiébault,» le général baron de la Ferrière, commandant» la cavalerie du 9 e corps, arriva sur le terrain» après avoir fait, au grand trot, une marche» de quatre lieues. Une masse de cavalerie» fraîche, et en nombre bien supérieur à las sienne, lui faisait face, et s’ébranla pour le» charger au moment où il se mit en bataille :s dans cet'état de choses, ne pouvant lutterî de choc, il forma sa ligneî derrière un faible» obstacle, lit prendre la carabine, et ayant le» sabre au poignet altendid l’ennemi de pied» ferme, et le reçut par ui n f eu flui le décida» à se retirer sans achever s sa charge. »

Je ne vois pas qu’en faveu lr d’un cas, il faillechanger l’armure d’une cav a lerie, et même les

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raisons qui l’ont nécessité rie sont pas exemp-tes d'observations : 1° Je ne crois pas que cesoit un bon principe que de faire trotter unrégiment de cavalerie, l’espace de quatrelieues; 2° si les circonstances l’ont nécessité,est-il prudent de mettre un régiment aussifatigué, tout de suite après son arrivée sur lechamp de bataille, à la merci d’une attaque del’ennemi? On le place, au contraire, en ré-serve , pour lui donner le temps de se remettreun peu de ses fatigues; car nous savons quel’action de la cavalerie de réserve n’a lieu or-dinairement qu’à la fin de la bataille. Il estdonc aussi inutile de l’armer de carabines,car, après avoir repris haleine, il peut avecsuccès se servir de l’arme blanche ( 3 ).

Le pistolet, au contraire, est une arme dedéfense et d’avertissement presqu’indispensable

un but immobile. Cette assertion cependant pourraitêtre encore en ma faveur,

( 5 ) Il serait curieux de prendre des notions exactessur le nombre des cartouches de carabines que la cava-lerie aura consommé dans une des dernières campagnes.Je ne crois pas que les parcs de réserve en aient beau-coup souffert.