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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DES TROIS ARMES.

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pour le cavalier, mais dont je ne pense pasqu’on puisse se servir dans la mêlée, commele suppose le général Bismark ( Système de ca-valerie , page 54. ) Des coups de feu pareils neseraient-ils passouvenl au détriment de latroupequi s’ensert?carpeut-onrépondreque dans unemêlée, où les amis ainsi que les ennemis ontchangé de place, la balle perfide en manquantson vrai but, n’aille renverser un des siens,sans toucher celui pour lequel on la destine ?Après le choc, la désorganisation des escadronsest beaucoup trop grande et la mêlée trop com-pliquée pour qu’on soit sûr de ses coups.

Pour ce qui regarde les feux de la cavalerie,on devrait, par exemple, bannir tout à faitl’usage impropre que les chasseurs à cheval ontconservé de nos jours, celui de se servir ache-vai des feux collectifs, lorsqu’ils sont attaquéspar la même arme ; tandis que l’expérience aparlé tant de fois contre cette institution.

1° Un feu un peu vif ne manque jamais d’ef-faroucher les chevaux et de faire perdre auxescadrons leur contiguïté et leur alignement ;

2° Le manque de temps, si la troupe défen-sive laisse venir les assaillants à portée de lacarabine elsurtout à une distance d’où les coupspuissent être justes, lui ravit les allures pro-gressives, qui précèdent le choc et le rendentmoins efficace;

3° L’embarras qui résulte dans l’emplace-ment de la carabine pour mettre le sabre à lamain, soumet quelquefois la troupe au dés-avantage d’attendre l’attaque de pied ferme,au lieu d’aller à la rencontre des assaillants, cequi est contre toutes les règles de la tactiquede la cavalerie ;

4» Les coups sont si peu sûrs, qu’il n’en ré-sulte que des pertes insignifiantes pour les atta-quants, qui sont loin de compenser les désavan-tages des pertes de la contiguïté des escadronset des allures progressives, qui précèdent etrendent le choc plus ou moins efficace; ainsique l’embarras qui résulte du changement desarmes.

Je déduis mon princiqe et mes raisons d’un

(î) Actuellement Iletmann.

( 2 ) Le général lui-même se trouvait à la grandearmée.

(5) Le lieutenant-colonel Plotho, en faisant paraîtreson ouvrage sur les Campagnes de 1815 et 1814, doitavoir travaillé sur de faux matériaux , ou n’a pu s’em-

fait dont j’ai été témoin oculaire, et qui m’aprouvé jusqu’à l’évidence qu’une cavaleriequi se sert à cheval des feux collectifs, est endésavantage marqué contre une autre quil’attaque avec un peu de décision et à l’armeblanche.

Après la fameuse bataille de Dennevitz, lecomte de Tauentzien, à la tête du 4 e corpsprussien, ayant abandonné l’armée du Nord,s’était porté de Herzberg où il avait été en-voyé pour poursuivre les débris de l’armée dumaréchal Ney, par Ubigau vers Liebenwerda,pour se joindre à l’armée de Silésie et coopéreraux attaques que le maréchal Blücher se propo-sait de diriger contre Murat, qui stationnait àGrossenhayn. En s’approchant de Liebenwerda,le comte Tauentzien détacha quatre régiments decosaques sous les ordres du général Ilowaisky3 e (i), pour éclairer sa droite et pousser ses re-connaissances vers Muhlberg. Le chef du corpsm’enjoignit l’ordre de suivre ce détachementpour lui faire parvenir les nouvelles que le gé-néral Ilowaiskay pourrait recueillir. Arrivés prèsdu village de Borac, nos éclaireurs y décou-vrirent un détachement de cavalerie composéde trois régiments de chasseurs à cheval. Quoi-que le nôtre ne fût composé que de quatre ré-giments de cosaques, et que nous manquassionstout à fait d’artillerie, le général Ilowaisky, sûrdu dévouement exemplaire et si souvent éprou-vé de ses régiments, ne balança pas un seulmoment pour attaquer l’ennemi, et fit les dis-positions suivantes; la régiment du colonelBicliarof reçut l’ordre d’attaqueren fourrageurs;ceux du général Ilowaisky 3 e et Kouteinikof 6 esuivaient en ligne contiguë, n’ayant que peude distance entre les escadrons, et celui du gé-néral Ilowaisky 5 e ( 2 ), fut envoyé pour tourneret prendre l’ennemi en flanc et à dos ( 3 ).

Les Français s’étaient mis en mesure de nousrecevoir, et le combat s’engagea bientôt. Lechef de la cavalerie crut apparemment, quen’ayant que de la cavalerie irrégulière à com-battre, qui n’était pas même soutenue par del’artillerie, il ne pouvait faire rien de mieux,

pêcher de céder à l'influence delà prévention nationale,en décernant l’honneur de ce combat ( page 505 ) augénéral de Dobschutz. Je puis attester que le généralIlowaisky n'a partagé les lauriers de cette brillanteaffaire, qu’avec les quatre régiments qu'il commandaitalors.