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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DES TROIS ARMES.

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flanqueurs dont le devoir serait, au momentoù les masses se choquent, de se détacher despartis auxquels ils appartiennent, pour pren-dre leurs ennemis en flanc et à dos.

Il est presque certain que celui qui possèdeune ligne plus étendue, battra son ennemi, et jl’expérience même nous l’a démontré. Lespertes souvent réitérées que la cavalerie russea faites en 1812 et les campagnes suivantes,avaient rendu les escadrons de beaucoup derégiments si peu nombreux, que plusieurs deschefs se virent forcés de les réorganiser deuxà deux, ce qui rendit leur ligne par escadrontoujours plus étendue, que celle des ennemis.Leur longueur n’étant pas d’une mesure exces-sive , ce qui aurait rendu leur mouvement dif-ficile, et en y produisant du flottement, auraitfini par les désorganiser; mais comme elleexcédait cependant celle des escadrons enne-mis, ce surplus a toujours été employé pourprendre les ennemis en flanc. De cette manière,tous les chocs de la cavalerie russe contre lamême arme ont été couronnés d’un succèscomplet.

Nous pouvons donc en conclure que, si lesintervalles entre les escadrons sont indispen-sables, pour ne pas rendre les lignes contiguëstrop longues, lorsqu’un régiment de cavaleries’apprête pour le choc, les intervalles entreses escadrons doivent être différents. Dans plu-sieurs armées européennes, les escadrons seforment deux à deux, ce qu’on nomme ordi-nairement division ; ainsi, pour accorder auxlignes qui chargent, cette étendue qui leur estsi favorable, je crois que les intervalles unpeu spacieux, dont la grandeur sera subor-donnée aux avantages du terrain, ne doiventêtre conservés qu’entre les divisions. On n’enaccordera que d’assez petits, comme huit àdix pas, entre les escadrons qui forment lesdivisions, intervalles à peu près indispensa-bles , car, ordinairement pendant leur mouve-ment, les escadrons se serrent toujours. Cesintervalles obvieront à l’inconvénient d’unedésorganisation et d’une mêlée, produites parce serrement, toutes les fois que la cavaleries’engagera dans des mouvements offensifs.

Des intervalles un peu larges entre les divi-sions et d’autres de huit à dix pas entre les es-cadrons, dont une partie s’évanouira pendantle mouvement, ce qui rendra les escadrons

deux à deux presque contigus, est donc la règlenormale pour la formation des régiments decavalerie rangés en ligne sur un champ de ba-taille. Ceci est pour les mouvements offensifs.

Pour ce qui regarde ceux de retraite, toutj doit se décider d’après le terrain qu’on par-court. Si les accidents qu’on rencontre sont telsqu’on puisse, sous leur protection, cacher sesmouvements à l’ennemi, rien de plus avanta-geux que de se mouvoir à grands intervalles.On trompe son adversaire par la longueur deslignes qui en provient, et on lui en impose enoccupant un terrain dont l’étendue ne peutêtre ordinairement occupée que par des massesrespectables.

Passons maintenant au terrain. Comme iln’y a rien de plus difficile que de réorganiserune cavalerie qui a été mise en déroute, et quepour cette opération épineuse il faut non-seu-lement du temps, mais aussi un terrain propicepour le rassemblement des cavaliers dispersés,on se gardera bien d'augmenter toutes ces dif-ficultés en plaçant la cavalerie devant des ac-cidents de terrain qui pourraient entraver en-core plus sa réorganisation. Rien de plusdangereux lorsque la cavalerie, après avoiressuyéun échec qui lui occasionne déjà assez demal, par la mêlée qui s’ensuit, sc trouve en-core culbutée ou sur un village, dans un ma-rais, sur des bouquets, ou sur d’autres acci-dents pareils. Emportée par la terreur qui suitsouvent une défaite et qui s’agrandit par lesdifficultés qu’elle rencontre et qui s’opposentà son rassemblement, une troupe de cavaleriequ’on place dans une position vicieuse, peutaisément, après un échec, se trouver paralyséepour toute une journée, et surtout pendant lesmoments où son action devient indispensableet dans lesquels ses forces physiques décidentde tout.

Dans tous les genres de combats de la cava-lerie, les attaques les plus décisives et les plusavantageuses étant celles qui s’opèrent d’unemanière inopinée, on ne saurait mieux placerla cavalerie, que sous la protection de quelquesaccidents, au reste faciles à surmonter, maisd’où elle puisse opérer une attaque vigoureuse,dont le résultat sera d’autant plus efficace, sielle est subite et inattendue.

Une attaque inopinée, en ravissant même àl’infanterie, certes la rivale la plus dangereuse

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