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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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EXAMEN RAISONNÉ

de la cavalerto, les moyens de se mettre en dé-fense, double l'efficacité du choc. Lorsque lacavalerie se trouve postée dans une positionqui la cache aux regards de ses ennemis, etqu’au moment où elle s’engage, le hasard ladirige contre des troupes de la même arme,le succès est moins douteux encore que lors-qu’elle est assignée pour combattre de l’infan-terie , qui possède toujours plus de moyens dedéfense.

Les positions de la cavalerie, protégées parles accidents du terrain, peuvent être envisa-gées sous deux aspects différents, et sont:

1° Celles qu’on choisit pour y placer sestroupes, qu’on dérobe à la connaissance del’ennemi, et qu’on nomme embuscades ;

2° Celles dont on profite sur un terrain vaste,mais varié, que les circonstances ont désignéespour champ de bataille, et dont je vais éclaircirl’exécution par deux exemples.

Après la bataille de Bautzen, les alliés ayantdécidé d’occuper, avec leurs forces, la positionde Piilsen près de Schweidnitz, continuaientleur mouvement rétrograde en deux colonnes,dont l’une marchait par Naumbourg, Bunzlauet Haynau, et l’autre par Lauban, Lœwenberg,Goldberg et Sviegau. Les ennemis ne les pour-suivant que légèrement, la retraite ne s’o-pérait qu’avec lenteur. Enfin, les Françaisconçurent l’idée de harceler notre arrière-garde, et, pour les rendre plus circonspects, lemaréchal Bliicher décida de mettre un déta-chement de cavalerie en embuscade. Les envi-rons de Haynau parurent les plus propices pourcelle opération.

Entre Ilaynau et Liegnitz, à un quartd’heure de chemin de la première ville, setrouve le village de Michelsdorf ; de là jusqu’auvillage de Doberscliau, qui se trouve à unquart de mille, on découvre une plaine tout àfait propice aux mouvements olfensifs de lacavalerie. Les deux accidents qu’on rencontreplus loin sont les villages de Pantenau etSteudnitz qui bordent la grande roule. A droiteon aperçoit, à une certaine distance de laplaine, quelques coupures de terrain, des bou-quets et le village d’Ueberschar. Cette partiede la plaine se prolonge avec la même unifor-mité jusqu’au village de Baudmannsdorf.

L’idée principale était de laisser l’arrière-garde, composée de 5 bataillons d’infanterie

et de 3 régiments de cavalerie, devant Haynau,jusqu’à ce que l’ennemi vînt pour l’en déposter;de la faire rétrograder par la grande roule quimène à Liegnitz, et offrir par là à 1 a cavaleriede réserve les moyens de tomber en flanc et àdos de l’ennemi. Cette cavalerie de réserveétait composée de 21 escadrons et 2 batteriesd’artillerie à cheval, et se trouvait sous lesordres du colonel Dolfs.

Deux régiments de cuirassiers (10 escadrons)furent placés dans un bas-fond près de Brocks-dorf, et, un peu plus loin, entre Schellendorfet Baudmannsdorf, se trouvaient les 11 der-niers escadrons (5 escadrons de la division lé-gère de la garde, 4 escadrons des cuirassiersde Silésie et 2 escadrons de cuirassiers de laPrusse orientale). L’incendie d’un moulin àvent qui se trouvait près de Baudmannsdorfdevait servir de signal pour l’attaque générale.

Au moment où l’ennemi sortit de Haynaupour poursuivre l’arrière-garde des alliés,celle-ci, d’après la disposition qui lui avaitété donnée, commença son mouvement rétro-grade en deux colonnes, dont celle de droite,sous les ordres du général Tschaplitz, se diri-geait vers Doberscliau, et celle de gauche,sous le commandement du colonel Mutius, versGohlsdorf. Au moment où l’ennemi eût dépasséle village de Michelsdorf, le colonel Dolfs allaau-devant de lui à la tête de sa cavalerie, enlaissant 2 régiments de cuirassiers en réserve.Tschaplitz et Mutius aperçurent bientôt le feudu moulin; et comme c’était le moment con-venu pour l’attaque générale, ils s’avancèrentaussitôt vers l’ennemi pour l’attaquer en front,tandis que le colonel Dolfs le prenait en flanc.La première briga de de la division Maison, sevoyant attaquée par une nombreuse cavalerie,se forma aussitôt en quatre masses. Le colonelDolfs tombe à corps perdu sur l’infanterie en-nemie, et, malgré la résistance vigoureusequ’elle cherchait à lui opposer, rien ne put lasauver d’une déroute totale.

Cette victoire, toute complète qu’elle ait été,fut pour la cavalerie prussienne l’affaire d’unsi petit espace de temps, que les deux colonnesde l’arrière-garde de l’armée des alliés eurentà peine celui de venir joindre la cavalerie deréserve. Les pertes des Français montèrentde 4 à 3,000 hommes tués et blessés, 3 à 400prisonniers, et I8pièces de canon, mais dont on