DES TROIS ARMES.
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ne put, faute de chevaux, emmener que onze.
Nous puiserons maintenant l’exemple, pourle second cas, dans la bataille de la Kalzbach.
Au moment où le général comte de Sackenaperçut que le flanc gauche des ennemis n’étaitpresque pas appuyé et pouvait être facilementtourné, il enjoignit aux généraux Wassilts-chikof, Lanskoy et Karpof de quitter leur po-sition entre Christianshœhe et Eichholz, etd’aller se placer dans le flanc de l’ennemi. Lessinuosités du terrain où se trouve le villaged’Eichholz servirent à cacher le mouvementde la cavalerie russe, qui l’opéra avec cetteprécision qu’on ne voit ordinairement que surles champs d’exercice. Elle laissa le villaged’Eichholz à gauche, et se trouva en peu d’in-stants arrivée en position près de Klein-Tintzet tout à fait dans le flanc ennemi. La chargese fait sans la moindre hésitation, avec cetteimpétuosité qui ne laisse jamais de doutepour une victoire complète; et, malgré les ef-forts réitérés de la cavalerie des générauxSouhametSébastiani, qui essayèrent plusieursfois d’arrêter les mouvements ofl'ensifs de leursennemis, la journée fut couronnée d’un succèscomplet. Le maréchal Blücher l’a dû en grandepartie à la belle résolution du général comtede Sacken, de tourner le flanc gauche des en-nemis, et aux charges impétueuses et décisivesde la cavalerie des généraux Wassiltchikof,Lanskoy et Karpof.
En général, il faut toujours chercher à placerla cavalerie, ou la faire manœuvrer de manièreà ce qu’elle puisse, par des mouvements aussisimples que possible, gagner une des ailes deson ennemi. Elle acquiert toujours une supé-riorité marquée lorsqu’elle peut charger sonadversaire en flanc. A la bataille de Talaveyra,les Anglais avaient sur leur gauche une hauteurqui était le point le plus important de la posi-tion : les Français l’attaquent à double reprise,et sont deux fois repoussés ; enfin, pour pré-venir de semblables tentatives, lord Welling-ton, après avoir enjoint à une division d’infan-terie de s’emparer des collines qui se trouvaientdevant cette position, plaça un corps consi-dérable de cavalerie espagnole et anglaise dansla vallée, et le posta de manière à ce qu’il pûtprendre en flanc l’ennemi qui se résoudraitencore une fois à vouloir s’emparer des hau-teurs de la gauche.
Au moment où l’engagement de vint général,Joseph Bonaparte, qui commandait en chefl’armée française, ne perdant pas de vue l’élé-vation où était postée la gauche des Anglais,dirigea encore une fois contre elle plusieurscolonnes d’infanterie avec de la cavalerie. Legénéral anglais Anson se met aussitôt à la têtedu 23 e de dragons-légers et du régiment deshussards du roi George, et charge les assail-lants avec tant d’impétuosité et de succès, qu’ilparvint à percer entre les colonnes françaises,et culbuta un régiment de chasseurs à cheval.Quoiqu’il finit par être maltraité aussi, néan-moins le but fut rempli ; il paralysa le mouve-ment offensif des adversaires, et donna à ladivision espagnole de Bassecourt le temps devenir arrêter tout à fait la fougue des ennemis.
Pour ce qui regarde les positions de la ca-valerie par rapport à l’ordre de bataille, ilfaut les envisager sous deux rapports différents:
1° Lorsque la cavalerie n’est pas soutenuepar l’infanterie, et se trouve par conséquentobligée de jouer le rôle d’arme indépendante;
2° Lorsque la cavalerie ne forme qu’unepartie des masses agissantes, et ne doit êtreenvisagée que comme partie intégrante del’ordre de bataille.
Les positions de la cavalerie, pour le pre-mier cas, sont soumises à des règles tout à faitdifférentes de celles où elle se trouverait amal-gamée avec de l’infanterie, qui joue toujoursle rôle principal. Assujettie au rôle d’arme in-dépendante , l’essentiel est de choisir des plainesouvertes, dont les sinuosités peu sensibles nes’opposent pas à sa libre circulation, et n’en-travent pas ses manœuvres ni ses mouvementsofl’ensifs, mais dont les élévations cependantsoient telles, qu’elles puissent dérober dumoins une partie des troupes aux regards desennemis.
Lorsque la cavalerie, par quelque cas ex-traordinaire , se trouve abandonnée par l’in-fanterie et obligée de soutenir un combat, alorsl’artillerie à cheval attachée aux divisions , etla cavalerie légère, doivent y jouer un grandrôle. La première doit imposer à l’ennemipar des feux bien nourris ; la seconde, le fati-guer par des combats partiels, lui faire craindrepour ses. flancs et son dos, et apprêter le mo-ment opportun où la cavalerie des lignes debataille puisse choquer avec avantage.