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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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EXAMEN RAISONNÉ

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Une description pareille nous prouve doncévidemment que c’est l’artillerie et la cavalerielégère qui entament ces sortes de combats, etque la position étant une fois choisie d’aprèsles principes déjà énoncés, on garnit les hau-teurs qu’on trouve parsemées sur le champ debataille de pièces d’artillerie; on cherche àdonner aux masses des lignes de bataille uneposition derrière ces accidents, où, cachés auxyeux de leurs ennemis, elles puissent n’entre-prendre de mouvements offensifs qu’au mo-ment où les troupes légères et les feux fou-droyants de l’artillerie aient apprêté sur undes points du champ de bataille le momentopportun et décisif. On en retire le quadrupleavantage :

1° De manœuvrer avec plus de sécurité ; carplus les mouvements sont secrets et mieuxils réussissent ;

2° De pouvoir faire des chocs inopinés; car,comme nous l’avons vu, ce sont les plus déci-sifs et les plus avantageux;

5° De n’entreprendre de mouvementsoffensifscontre son ennemi que dans des circonstancesavantageuses et lorsque l’artillerie a produitquelque flottement, ou bien lorsque les troupeslégères, par leurs combats partiels, ont su,en fatigant l’ennemi, amener le moment op-portun ;

4° Le plus grand de tous, de pouvoir, sousla protection de l’un de ces accidents', à l’instarde la disposition faite par le général comte deSacken à la bataille de la Ivalzbach, porter surun des flancs de son adversaire une masse detroupes suffisante pour décider de la victoire.

Au reste, tous ces cas ne peuvent se rap-porter qu’à des positions favorisées par la na-ture , qui présentent des accidents de la caté-gorie de ceux que je viens de désigner. Si lanature, avare de ses bienfaits, n’en offrait passur le champ de bataille, où le hasard ou lescirconstances nous obligent de nous mesureravec notre adversaire, c’est la cavalerie légèreet l’artillerie à cheval qui, par leur action pré-paratoire, devront, tant que la chose serapossible, nous donner des compensations.

Les troupes désignées pour faire le servicede la débandade, ainsi qu’une partie de l’ar-tillerie, seront donc postées en première ligne,le reste de la cavalerie légère cl mixte, avecleurs pièces, en seconde, et la cavalerie de

ligne et le reste de l’artillerie, en réserve (î).Dans tous les combats, la réserve décidant detout, nous devons, à plus forte raison, jeterun regard attentif sur sa position dans ceux oùon ne peut engager que des troupes qui ontpeu de moyens de résistance. Il faut placer lesréserves de manière à ce qu’elles puissent, endérobant leurs mouvements, venir à l’impro-viste se placer perpendiculairement sur une desailes des ennemis.

En général, le devoir de la première ligne,comme des réserves, sera de manœuvrer con-jointement avec la seconde ligne, qui possèdetous les éléments de la force, et de manière àpouvoir former avec elle l’ordre courbe, dontle simple mouvement offensif en front nousmène à envelopper notre ennemi et procéder àla décision de la victoire.

Les positions de la cavalerie sur des champsde bataille où elle se trouve amalgamée avecd’autres armes, et où, par conséquent, elle nejoue, durant la majeure partie de la journée,que le rôle d’arme de secours, et n'embrasse ,qu’au moment où le flottement des lignes estprononcé, celui d’arme décisive, sont soumisesà des principes autres que ceux qu’elle requiertlorsqu’elle est abandonnée à son unique forceimpulsive.

La différence de rôle qu’elle joue alors dansla même action, exige nécessairement une dif-férence dans la cavalerie et dans la position,par rapport aux lignes de bataille. La cavaleriequi est désignée à être arme de secours, secomposera donc de cavalerie mixte, tandis quela masse qui devra porter 1rs coups décisifs,sera composée de cavalerie de ligne.

La cavalerie légère et mute sera postée entroisième lime dans les intervalles derrièrel’infanterie, et le surplus de ces partis, der-rière les flancs d’une des deux lignes, selonque le terrain leur sera propice sur l’une oul’aulre aile.

La cavalerie de ligne sera postée en réserve,hors des atteintes de l’artillerie et sur un ter-rain d’où elle puisse se porter avec rapiditévers un champ vaste et découvert, où elle soiten étal de remplir son rôle, celui de compléter

(î) Bien entendu qu’on proportionnera le nombre delignes au nombre de troupes quon pourra mettre enI action.