DES TROIS ARMES.
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une victoire que l’infanlerie aura remportée.
La cavalerie assignée aux lignes de bataille,toujours attentive aux succès ainsi qu’auxéchecs auxquels ces lignes peuvent être enbutte, doit, ou les soutenir, si elles commen-çaient à plier sous l’impulsion de forces supé-rieures, ou achever de désorganiser un ennemiqu’on serait parvenu à repousser. C’est ainsiqu’à la bataille de Waterloo, au moment oùNapoléon, à la suite du triple assaut qu’il avaitfait faire sur Mont-Saint-Jean, s’était rendumaître de plusieurs hauteurs et avait fait replierla division Picton, le duc de Wellington fitavancer les brigades de cavalerie de Ponsonby,Vandcloer et de Gliigny, à travers l’infanteriedes lignes de bataille, et parvint, non seule-ment à arrêter le mouvement rétrograde destroupes anglaises, mais réussit aussi à déposterle premier corps ennemi qui s’était déjà rendumaître des hauteurs, désorganisa deux batail-lons de la vieille garde, fit plus de 1,000 pri-sonniers, et s’empara d’une aigle (43 e régi-ment d’infanterie de ligne).
La position d’une partie de la cavalerie lé-gère et mixte derrière les intervalles de laseconde ligne, est donc d’une conséquence tel-lement majeure, qu’on ne doit jamais négligerde jeter un œil attentif sur cette partie del’ordre de bataille, car le but principal dechaque disposition doit être de bien utiliserles troupes.
La position de la cavalerie derrière les ailesdes lignes, assure quelquefois l’intégrité desflancs, en soutenant l’infanterie, prévient lesdébordements, et offre au delà des extrémitésdes deux ailes, de vastes sphères pour son ac-tion, dont l’étendue facilite toujours beaucouples manœuvres de cette arme.
La cavalerie de ligne, rassemblée en réserve,doit être postée derrière les lignes de batailleet hors des atteintes des projectiles» Il est ce-pendant difficile de désigner si sa place estdans le centre ou derrière un des flancs, carle terrain doit décider de son emplacement. Leprincipal est de la poster en niasse derrièrequelques accidents de terrain qui la dérobentà la vue des ennemis, et sur un point d’où ellepuisse se porter en masse aussi, avec rapiditéet sans être obligée de faire des mouvementsd’une grande circonférence, vers le point oùdoit se compléter la victoire. C’est au discer-
nement judicieux du général en chef qu’ap-partient la tâche de décider où se trouve lepoint stratégique du champ de bataille de sonadversaire. C’est le général en chef aussi quidoit se réserver le soin, après avoir jeté uncoup d’œil attentif sur sa position et celle deson ennemi, de placer sa réserve, qui ne doitjamais entrer en action sans un ordre immédiatde sa part.
Mais la cavalerie qu’on place derrière lesflancs d’une des deux lignes et celle qui formela réserve, étant couvertes par les lignes debataille, ne peuvent, par conséquent, pas semettre en action sur les positions mêmes qu’ellesoccupent. Les chefs, auxquels elles sont subor-données, sont donc obligés de choisir des ter-rains où leurs mouvements soient moins gênés,et les mener, par conséquent, dans des plainesun peu vastes, unies, et où elles ne risquentpas de se choquer avec d’autres armes. Pourfranchir plus rapidement les espaces qu’onaura à parcourir, et pour que les chefs puissenttransporter ces masses avec plus de facilitésur un terrain propice, on formera toujours lacavalerie en colonnes; car son mouvement,quelle que soit la direction qu’on lui donne,droit devant soi, ou obliquement, est toujoursmoins difficile que celui d’une ligne. Arrivéesur les lieux où l’engagement doit avoir lieu,les chefs font la disposition et procèdent en-suite au combat, ce dont j’aurai l’occasion deparler dans la section suivante.
Nous pouvons maintenant poser en dernierrésumé, que les principes pour les positionsde la cavalerie se réduisent aux suivants :
1° Établir des intervalles assez larges entreles divisions, mais dont la grandeur sera su-bordonnée aux avantages du terrain ;
2° N’en conserver que de huit à dix pas entreles escadrons, à l’instant du choc, sauf aiesaugmenter au moment de la rétrogradation,en subordonnant aussi la grandeur de ces in-tervalles aux difficultés du terrain qu’on devraparcourir ;
5° Lui assigner une position derrière quel-ques sinuosités de terrain, qui la dérobent auxregards des ennemis, d’où elle puisse tomberà l’improviste sur ses adversaires ;
4° Partager la cavalerie légère et mixte dansles intervalles derrière la seconde ligne de l’in-fanterie, ainsi que derrière les flancs d’une