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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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EXAMEN RAISONNÉ

Du moment où l’on perfectionna la fabrica-tion des bouches à feu, la construction des af-fûts et l’attelage de l’artillerie, qu’on put im-poser à cette arme des mouvements rapides,qu’on rendit le tir de celte arme plus régulier,et qu’on la rendit susceptible de suivre mêmeles manœuvres de la cavalerie, en mettant àcheval les artilleurs des batteries destinéespour manœuvrer avec elles, on fut en étataussi d’augmenter le nombre des bouches àfeu; car les prérogatives ci-dessus énoncéesleur offraient les moyens de soutenir les com-bats avec plus d'avantage.

La proportion ordinaire reçue dans les ar-mées européennes pour la composition des ar-mées est, pour l’artillerie à pied, de 2 piècespour 1,000 hommes (î), et pour l’artillerie àcheval, de 4 pièces pour 1,000 cavaliers. Ilserait même non-seulement inutile, mais aussidangereux, d’en augmenter le nombre au-dessusde celui-ci; car celui des troupes ne serait ja-mais suffisant pour les défendre, et, dans lescas malheureux d’une retraite précipitée etmêlée de désordre, un trop grand nombre debouches à feu, en augmentant la confusion,mettrait les troupes et le matériel à la mercide l’ennemi. Dans la continuation d’une guerre,on est même souvent obligé, à cause des per-tes réitérées auxquelles les armées sont jour-nellement en butte, de diminuer le matériel,en laissant des batteries dans les parcs de ré-serve , pour que le nombre des bouches à feune surpasse pas le nombre normal de la pro-portion dont je viens de parler.

Cependant, le nombre démesuré des bouchesà feu n’est pas l’unique inconvénient qui nousoblige quelquefois à nous séparer de notre ar-tillerie ; la perte du personnel, en temps deguerre, en devient souvent un bien plus grandencore. L’artillerie étant une arme qui exigedu personnel des notions préliminaires indis-pensables pour son service, peut aisément, àla suite de plusieurs combats qu’elle aurait à

changement des mousquets en place des lourdes arque-buses , et l’allégement de l’artillerie de campagne ; maisà qui devons-nous donc le premier changement de l’or-donnance de l’infanterie et de la cavalerie, qu’on ran-geait autrefois dans la profondeur; changement sansdoute très-important pour la première sous le rapportdes feux qui en résultèrent, et que pour l’infanterienous avons conservé jusqu’à présent. Le général Scharn-horst a été plus juste envers ce grand homme, et lelecteur peut trouver des détails très-intéressants à ce

soutenir, être paralysée dans plusieurs de seséléments. Ne possédant pas de personnel sur-numéraire pour remplacer les absents, les chefsse trouvent quelquefois dans la nécessité deréorganiser les batteries pour les compléter;et le résultat de celte réorganisation prouvequ’on est obligé de laisser plusieurs batteriesdans les parcs de réserve, faute de bras pourles servir.

On commence ordinairement à remplacer lescanonniers mis hors de combat par les artilleursqui conduisent les chevaux, tandis qu’on peutsuppléer à l’absence de ceux-ci, par un pareilnombre pris dans les escadrons de la cavalerie.On assignera à ces conducteurs de chevaux dé-signés pour servir les pièces, les rôles les moinsdifficiles, et on ne s’en servira ni pour pointer,car il faut une grande habitude pour le bienfaire, ni pour introduire la charge, ni pour l’en-foncer, car il faut beaucoup d’adresse et d’a-gilité ; mais on s’en servira pour mettre le feu,ou pour ôter la pièce de dessus son avant-train.

L’artillerie en général se partage :

1° En artillerie de siège;

2° En artillerie de campagne.

Mon dessein n’étant que de discuter des pro-priétés et de l’emploi de l'artillerie que nousvoyons figurer sur les champs de bataille, ilest tout naturel que ma dissertation ne s’étendeque sur l’artillerie de campagne. Celle-ci separtage aussi ;

1° En artillerie à pied;

2“ En artillerie à cheval.

Le but de l’action de l’artillerie est toujoursd’entamer son ennemi, de produire du flotte-ment dans ses lignes, ou de le déposter de saposition : pour atteindre un but pareil, il fautque les pièces possèdent une certaine force de-structive, et il devient alors indispensable desacrifier leur légèreté à la grandeur du ca-libre nécessaire pour ces sortes d’opérations.Les pièces de 3 ou de 4 peuvent avoir plus demobilité pour l’action ; mais la portée du tir

sujet dans son ouvrage intitulé : Militairischc Denk-würdigkeiten un serer Zeiten , tom, u, pag. 1.

(i) Le général Lespinasse, dans son ouvrage intitulé :Essai sur l'Organisation do l'arme de l'Artillerie,en donne trois, dont une pièce se trouve avec les trou-pes, une dans le parc de réserve, et la troisième dansles dépôts disposés sur les derrières de l’armée. Outreces 5 canons, il accorde encore une pièce de position (')pour chaque 12,000 hommes.

{*) Des pièces de 16.