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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DES TROIS ARMES.

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sons qui l’engageaient à lui faire changer decheval, l’assura que celui que Frédéric-Guil-laume montait, ne lui paraissait pas tout à faitbien portant, et l’engagea àprendre celui qu’ilavait sous lui. L’électeur s’y prêta, et le fidèleécuyer n’a que le temps de changer de cheval,qu’il tombe noyé dans son sang (î). La veilledelà bataille de Polotsk, 5-27 août, nos artilleursavaient remarqué un groupe assez nombreux,et un cheval blanc qui précédait les autres.On dirige aussitôt un obus contre ce groupe,et préalablement contre le cheval blanc. Lecoup part, le projectile frappe, le groupe sedisperse, et nous apprenons le lendemain quele maréchal Oudinot avait été blessé par unéclat d’obus et obligé de quitter son corps.

Mais tous ces cas peuvent être admissibles,lorsqu’on se trouve dans des plaines ouvertes,et dans lesquelles les mouvements de l’ennemipeuvent être observés. Il peut cependant arriverque l’ennemi se trouve abrité par des villages,derrière des broussailles ou dans des ravins etdes enfoncements. Les boulets et les cartouchesà balles, n’étant pas assez puissants pour endéposter un adversaire, qui serait résolu des’y maintenir avec fermeté, on songea à les endéposler en jetant des projectiles, qui en cre-vant possédaient la faculté d’incendier les par-ties où ils tombaient, et en chassaient ceuxqui s’y trouvaient par la flamme qui se propa-geait ou par les éclats des projectiles qu’onlançait et qui crevaient dans un certain temps.Nous vîmes alors paraître l’obusier, inventionplutôt moderne qu’ancienne, et que nous de-vons aux Hollandais et aux Anglais. Les pre-miers obusiers qu’on vit en France furent prissur les alliés à la bataille de Neerwinde, que lemaréchal de Luxembourg livra en 1693. Cen’est que 56 ans après, que les premiers obusiersfurent fondus en France, à Douai.

Les formes des bouches à feu ne furent pascependant les seules qui subirent des varia-tions, le vol des boulets n’en fut pas exemptnon plus, et on le rendit à volonté, à toutevolée, de plein fouet, de but en blanc et à ri-cochet. C’est à un bourgeois de Venloo qu’onrapporte l’invention du tir à ricochet. Ce tirqu’on obtient avec une charge faible, et lors-

(î) Les historiens assurent que tes Suédois avaientappris que l’électeur montait un cheval blanc.

que l’angle de chute n’excède pas 7°, doit daterde 1558. Le maréchal de Vauban s’en servitavec un succès décidé en 1697, au siège d’Ath.

Dansles batailles aussi, le tir à ricochet est tou-jours d’un grand elfe!, surtout lorsque le terrainle protège. 11 possède plusieurs propriétés quisont certainement d’une importance majeure.

Le tir à boulet, en général, ayant la facultéde faire le plus d’effet dans la profondeur, onle dirige ordinairement contre des troupes for-mées en colonnes. Mais lorsqu’on se trouvedans une distance peu éloignée de son ennemi,et que ces troupes présentent des fronts éten-dus, comme un bataillon déployé en bataille,ou un escadron, l’effet des cartouches à ballesest toujours plus avantageux que celui desboulets, quelle que soit la variation qu’on ac-corde à leur tir. La charge de la cartouche àballes ayant la propriété de se répandre sur unassez grand développement de front, blesseratoujours plus d’individus qu’un boulet, qui nefait de grands ravages que dans la profondeur.

Quoique les cartouches à balles portent à desdistances assez éloignées, et que celles desballes de six onces aillent jusqu’à 400 toisespour les pièces de 12; à 350 pour celles de 8 ;à 320, 530 pour celles de 6, et à 300 pourcelles de 4; que les cartouches à petites ballesportent à 350 toises pour les pièces de 12;à 300 toises pour celles de 8 ; à 270 pour cellesde 6 et à 250 pour celles de 4; comme cesdistances sont trop grandes pour que les ballespuissent faire un effet vraiment meurtrier, ona fixé pour le tir des cartouches à balles encampagne, 180 à 200 toises pour la pièce de 12;150 toises pour celle de 8; 130 pour le ca-libre de 6 et 120 pour celui de 4. L’obusierne possède qu’une très-petite portée pour lescartouches à balles.

Les effets des cartouches à balles cependantne sauraient se déterminer d’une manière posi-tive; carie nombre des grosses ou petites ballesqui vont frapper le but, est trop variable pourpouvoir les désigner irrévocablement. L’expé-rience dans des cas pareils, étant toujours lameilleure indication pour la détermination del’hypothèse, je vais offrir le résultat d’une ex-périence d’un feu de cartouches à balles contreun but de planche de 18 toises de longueur, sur18 pieds de hauteur, ainsi un peu plus que lamoitié de la longueur d’un escadron, et plus du