Buch 
Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
Entstehung
Seite
262
JPEG-Download
 

262

EXAMEN RAISONNÉ

double delà hauteur d’un cavalier assis à che-val ( 1 ), et que le général Durtubie nous a offertdans son Manuel de l'Artillerie (page 217).

Ci

►

NOMBRE 1)E BALLES

NOMBRE DE BALLES

»

53

W

composant

DISTANCE

frappant

LA CHARGE,

LE BUT.

en

V)

•9

- -

—1„

m-

TOISES.

Sa

grosses.

petites.

grosses.

petites.

. ii

f 400

7 à 8

» »

*

( 530

10 à 11

» »

12

( 300

» J)

20 à 25

112

l 250

9 B

35

( 200

B D

40

41

f 550

8 à 9

9 9

8

( 500

10 à 11

» ï

( 300

D 9

25

112

( 230

9 »

40

41

S

500

8 à 9

» ï

4

65

( 250

16 à 18

9 »

{ 200

9 9

21

Le major Decker, au contraire, dans sonTraité élémentaired'Artillerie, nousoffre, d’ex-périences faites avec soin , le résultat suivant:

NOMBRE DE

BALLES

frappant

LE BUT.

___

Ci

W

O

O

ta

3

s

O

O

O

s

CB

7

9

B

16

9

B

20-50

9

B

]>

S

B

»

14

B

6

»

U

8

9

»

»

9

*

»

16

12

NOMBRE DE BALLES

composant

LA CHARGE.

41

41

24

41

DISTANCE

en

TOISES.

1,000

900

800

9007 à 800

800

600

700

400

En comparant ces deux tableaux, on remar-que , par exemple pour le même calibre, pour lamême charge et à peu près pour la même dis-tance , une très-grande variété dans le nombrede balles qui frappent le but. Que maintenanton mette d’un côté toutes les chances positivesqu’on recueille de la mesure du terrain et dessinuosités sur lesquels on place les batteries etle temps qu’on prend pour viser avec régula-rité, précautions qu’ordinairement on ne né-glige pas dans les camps d’instruction, et del’autre l’impossibilité de le faire avec la mêmeexactitude sur le champ de bataille; difficultéà laquelle on ajoutera plusieurs défauts pro-venant de la fabrication des pièces, de la con-fection des charges et de l’opposition si variableproduite parla pesanteur et l’épaisseur de l’air,et on verra toute l’incertitude du tir des pro-jectiles en général, et surtout des cartouchesà balles, et le peu d’effet qu’elles font en com-paraison du nombre qu’on en lance. En unmot, on peut dire que le tir des projectiles, engénéral, est encore un mélange de calculs,d’erreurs et d’hypothèses problématiques. Lagrandeur et la justesse des trajectoires variantd’après les plus petits accidents du terrain oùon place l’artillerie, rendent les atteintes dubut tellement differentes, que de plusieurscoups lancé de la même pièce, sur le mêmeterrain et sous le même angle de projection,il n’y en aurait pas deux qui produiraient lemême résultat et mettraient par conséquenttous les calculs balistiques en défaut.

La cavalerie est l’arme qui peut toujours leplus souffrir des feux de l’artillerie, car lagrandeur de l’homme assis sur le cheval, donneplus de prise aubut des projectiles; mais,d’unautre côté, elle est aussi celle dont la positionéloignée, peut le moins être nuisible à l’heu-reuse issue des combats, car elle peut toujoursse transporter avec vitesse vers l’endroit me-nacé, aussi est-elle l’arme qu’on cherche tou-jours à soustraire aux feux de l’artillerie enne-mie. L’infanterie n’en souffre jamais autant,et la raison en est toute simple. Pourvu queles batteries soient placées sur une élévationqui paraîtrait même insensible, la plus grandepartie des projectiles passera par-dessus les

(î) Dont la hauteur s’estime ordinairement à 7 pieds6 pouces.