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EXAMEN RAISONNÉ
cavalerie du général Margaron, celui d’accou-rir encore à temps pour arrêter définitivementle mouvement offensif des ennemis.
Le déploiement des colonnes manœuvres a-t-il été retardé, et les circonst ances nous forcent-elles de l’opérer dans la proximité de l’ennemi,une forte batterie, par un feu bien nourri et sur-tout bien dirigé peut en faciliter l’exécution.A la bataille delaKalzbach,le maréchal Macdo-nald, ayant franchi la Katzbach, rencontra lescorps des généraux comte de Sacken et d’York,qui s’avançaient en colonnes manœuvres.Une heureuse inspiration avait engagé le gé-néral York, au moment de son départ de Belvvit-zhoff, à retirer de la réserve deux batteries de12, qu’il fit marcher en tête de sa colonne, dansl’intention de pouvoir les mettre plus tôt en ac-tion , s’il venait à rencontrer l’ennemi sur la rivegauche de la Kalzback. Au moment où il aper-çut les troupes ennemies, il fit occuper, par sonartillerie, les hauteurs du terrain où il devaitranger son corps de bataille, et son feu ayantsurpassé celui quel’ennemi pouvait lui opposer,facilita le déploiement de ses divisions, qui s’o-péra avec autant de promptitude que de succès.
S’agit-il de faciliter l’action des autres ar-mes , préparer du flottement dans des troupesavantageusement postées, et rendre par là l’ac-tion de l’infanterie plus aisée, on se serviraaussi d’artillerie. Pour que cette action préli-minaire ne devienne pas un succès isolé, etsoit l’avant-coureur d’une victoire, comme cen’est pas un point ou quelques bataillons qu’ils’agit de déposter, mais entamer un des flancsou le centre de bataille, il faudra employerune masse d’artillerie imposante. Les grandesbatteries, en battant en brèche de grands es-paces de terrain, parviennent à déposter unemasse assez majeure pour que son flottementou sa rétrogradation fassent un tort réel à l’or-dre de bataille, et deviennent le préliminairede la défaite complète des troupes désorgani-sées ou dépostées.
A la bataille de Lutzen, jusqu’à sept heuresdu soir, toutes les chances de la victoire étaienten faveur des alliés. La plus grande partie despoints d’appui que le champ de bataille offraitaux ennemis, étaient au pouvoir des Russo-Prussiens; ils s’étaient rendus maîtres et s’é-taient maintenus dans les villages de Rahna,Kaja, Gross et Klein-Gœrschen, et le second
corps d’armée russe, commandé par le princeEugène de Wurtemberg , s’avançait déjà versEisdorf pour tourner la gauche des Français.Le 11 e corps d’armée, sous les ordres du ducdeTarente, qu’on avait dirigé de Mark-Ran-slædt vers le champ de bataille, venait d’ar-river , et Napoléon l’opposa à celui du princeEugène de Wurtemberg. Ayant occupé le corpstournant des alliés, et l’ayant même engagésur ce point avec des troupes dont les forcesphysiques surpassaient celles du corps russe,il tourna de nouveau ses regards vers le centredes lignes ennemies.
Les alliés y occupaient les quatre villagesci-dessus désignés, et Napoléon s’était con-vaincu qu’il fallait un mobile plus grand quela force impulsive de l’infanterie pour les leurenlever. Il fait donc avancer 80 pièces decanon, sa vieille garde et sa cavalerie de ré-serve. Accablés par un nombre inouï de pro-jectiles qui rompaient les rangs et portaientdes atteintes cruelles à la compacité des mas-ses, les alliés se virent obligés d’abandonner lapremière ligne des villages ( Kaja et Klein-Gœrschen). Les Français y prononcent leurmouvement offensif, et s’en rendent maîtres.Plus lard, les villages de Rahna et de Gross-Gœrscben subissent le même sort ; mais lesalliés ne se virent forcés d’abandonner entière-ment le champ de bataille que sur la nouvellequ’on vint leur annoncer de l’occupation deLeipzig par les ennemis.
C’est du moment où on amalgama l’artillerieavec l’infanterie et avec la cavalerie, qu’onimprima à son action une force positive ; c’esten étendant la sphère de son activité, en la fai-sant suivre et partager les dangers et en géné-ral tous les mouvements et les engagementsqui précèdent ordinairement les chocs des deuxarmes, qu’on parvint à développer les vraiespropriétés de cette arme, et en concevant l’artde l’employer d’après les vertus inhérentes àsa nature, on apprit aussi à connaître tous leseffets dont elle est susceptible.
L’habitude qu’on avait autrefois de parsemerles bouches à feu devant les premières lignesde bataille, en ravissant par là à l’artillerie leseffets des feux collectifs, les seuls efficaces, lapriva aussi des vertus inhérentes à sa nature,et la fit ordinairement paraître sous un aspectdésavantageux pour elle. Ce n’est pas l’effet in-