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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DES TROIS ARMES.

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escadrons français d’écharpe, fit un terribleravage dans leurs rangs. Ils furent obligés dese retirer, et abandonnèrent tout le terrainqu’ils avaient gagné.

A la bataille de Leuthen, les Impériaux ayantété débordés sur leur flanc gauche, voulurentétablir, en arrière de Gohlau, une ligne enpotence, afin de couvrir leur aile attaquée. Leroi fît avancer une batterie de gros calibre, quiprit cette ligne d’écharpe et parvint bientôt ày semer le désordre.

Ala bataille de Wagram aussi, c’est à l’effetdes batteries qui avaient dirigé un feu d’enfi-lade très-nourri contre les troupes du princede Rosenberg, que Davoust dut en grande par-tie les pertes qu’il fit essuyer aux ennemis, etles succès qu’il remporta.

Les leux croisés sont les feux les plus effi-caces et ceux qui produisent le plus d’effet; ilss’obtiennent de deux manières différentes : enplaçant les batteries de manière à ce qu’ellesforment un angle rentrant ou un arc concave,dans la concavité soit tournée du côté de l’en-nemi. La première disposition ne pouvant sefaire qu’en liant deux lignes obliques, présen-tera par conséquent deux flancs et deux lignesdroites à l’ennemi, qui se servira de feux d’en-filades pour les prendre d’écharpe. Mais pourque les beaux résultats qu’on obtient des feuxcroisés ne soient pas diminués par les désavan-tages de la position à laquelle on assujettitles batteries, il vaut toujours mieux placer lesbouches à feu en arc concave. Quoique les piè-ces des deux extrémités d’une batterie forméeen arc soient aussi en butte aux feux d’enfila-des , le danger est toujours beaucoup moindreque lorsque les bouches sont placées en angle;car, dans le premier cas, il n’y a que les piècesextrêmes qui y sont exposées, tandis que, dansle second, ce sont des lignes entières.

Pour ce qui regarde la position de l’artillerie,par rapport à l’ordre de bataille, comme sousce rapport, l’artillerie se partage en deuxmasses différentes, qui sont :

1° L’artillerie des lignes;

2° L’artillerie de réserve; leurs rôles étant

(i) l.e général Lespinassc,dansle même ouvrage quej’ai eu l’occasion de citer (page 25), fait un songe fas-tueux d'une armée qui s’avance contre son adversaire,n’avant pas une seule pièce devant son front, mais deuxbatteries, l'une de 12, l’autre de 20pièces de canon

différents, leur position exige par conséquentdes règles différentes aussi.

Abstraction des cas extraordinaires, qui nepeuvent être soumis à aucune règle stable,nous pouvons poser comme principes générauxque l’artillerie des lignes est celle désignéepour défendre les approches des lignes de ba-taille et battre en brèche celles des ennemis;celle de réserve est désignée pour secourir lespoints des lignes de bataille que l’ennemi auraitmis en danger, ainsi qu’à suivre l’infanterie etla cavalerie de réserve dans les mouvementsoffensifs que ces deux armes entreprennent, etles renforcer dans leurs chocs. Ceci prouve quel’artillerie des lignes est active depuis le pre-mier moment et pendant tout l’engagement,tandis que la seconde ne l’est que temporaire-ment. L’action continue de l’une et interrompuede l’autre doivent naturellement nécessiteraussi une différence dans leur position.

Nous avons vu, dans la section qui traite despropriétés de l’artillerie en général, qu’en dis-séminant les pièces sur toute l’étendue de lapremière ligne de bataille, c’était ravir à cettearme toutes les propriétés des feux collectifs,défaut d’autantplus grave qu’on n’obtient alorsque des coups isolés et des résultats d’une effi-cacité négative. Les règles principales pour laposition de l’artillerie des lignes sont donc :

1° I)e choisir les points les plus avantageuxdu terrain qui se trouve devant ces lignes, dontnous venons de discuter les défauts et les avan-tages, pour en obtenir les coups les plus justeset les plus meurtriers ;

2° De choisir les points qui peuvent défendreefficacement les points les plus faibles de l’or-dre de bataille (t) ;

3° De partager les pièces tellement qu’onpuisse en retirer des feux collectifs qui soientassez puissants pour arrêter les mouvementsoffensifs des ennemis et battre leurs massesen brèche;

4° De placer les batteries dans l’éloignementque demande la portée du calibre, la justessedu tir et la force positive des projectiles;

5° De chercher toujours à placer les balte-

sur les flancs. « L’armée, dit-il, soutenue par ces deux» batteries lattéralcs, s’avance en silence, sans rompre» sa ligne, sans tirer un seul coup de fusil et faisant» tout fuir devant elle. » Ce spectacle peut être très-beau, mais malheureusement ce n’esl qu’un songe.