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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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EXAMEN RAISONNÉ

ries de manière à pouvoir en obtenir des feuxcroisés, ou des feux d’enfilades, ou pour lemoins des feux obliques, et de ne se servir desfeux perpendiculaires qu’au moment où la po-sition de l’ennemi, ou l’assiette des points oùl’on sera dans le cas de placer les bouches àfeu, raviront les moyens d’en avoir d’autres.

Un point très-essentiel encore, mais sur le-quel il est difficile de dire quelque chose depositif, c’est la composition des batteries deslignes de bataille et la grandeur du calibrequ’on devra employer ; ces deux points dépen-dent trop de la configuration du terrain et dela circonstance dans laquelle on se trouve;mais on se servira en général de batteries de 12pour défendre les points les plus faibles, et decelles de 8 et de 6 comme batteries intermé-diaires.

Une erreur bien nuisible pour la position del’artillerie des lignes de bataille qu’on contrac-tait dans les temps anciens, erreur dans laquelleGustave-Adolphe tomba lui-même, était cellede mettre des batteries sur les extrémités desflancs. A la bataille de Lutzen, Gustave-Adolpheavait placé 20 pièces sur chaque aile. Plustard, Santa-Cruz, dans ses Réflexions militaireset politiques (tom. v, chap. xxu), nous donneaussi les mêmes préceptes; mais ayant fait peude prosélytes dans le temps, il en fera encoremoins maintenant.

L’artillerie de réserve, qui n’est soumise,comme nous venons de le voir, qu’à un enga-gement temporaire, doit nécessairement, pen-dant ses moments d’inaction, rester hors dela sphère active des feux des ennemis ; mais lechef qui la commande doit préalablement s’as-surer des communications les plus faciles parlesquelles il faudra la diriger, lorsqu’il s’agirade soutenir quelque point menacé, ou de ma-nœuvrer avec les masses offensives.

Des deux cas que je viens de désigner, quelque soit celui pour lequel on voudra employerl’artillerie de réserve, comme le moment estpresque toujours urgent, il est indispensableque le remède suive de près le mal ; il est donctoujours plus avantageux de se servir d’artille-rie à cheval ; voilà pourquoi il est nécessaireque la majeure partie de l’artillerie de réservesoit composée d’artillerie à cheval.

Supposant qu’on soit dans le cas de soutenirun point contre lequel l’ennemi dirige ses

masses, ou qu’il bat en brèche, l’artillerie àcheval employant beaucoup moins de tempspour arriver sur ce point désigné, préviendraplus tôt le mal. Si c’est pour accompagner unemasse d’infanterie ou de cavalerie qui se pro-pose de produire un choc, comme dans ce casaussi l’artillerie doit, par la vivacité de sesfeux, préparer le moment opportun de la charge,tout dépendra de la vélocité avec laquelle elles’approchera des masses ennemies, les battraen brèche et préparera la victoire; propriétésqui tombent aussi plutôt dans le domaine del’artillerie à cheval que dans celui de l’artille-rie à pied.

Mais quel que soit le cas pour lequel on em-ploiera le secours de l’artillerie de réserve, lepremier soin du chef se dirigera sur l’empla-cement des batteries détachées de celte réserve,et sur les moyens d’en obtenir des feux obli-ques, d’enfilades ou croisés, selon que le terrainle permettra et que la circonstance l’exigera.

Gomme il est toujours désavantageux d’in-terrompre les feux de l’artillerie, et encore pluslorsqu’elle défend un point intéressant, il fauttoujours rendre la position des batteries tiréesde la réserve dépendante de celle des lignes,c’est-à-dire, sans faire faire de mouvement auxpièces qui jouent déjà, placer l’artillerie de ré-serve sur un des flancs de la batterie primitive,ou, si le terrain y oblige ou le favorise,la dis-tribuer sur les deux, sans perdre cependant devue que les différentes propriétés des feux dé-pendent de l’emplacement des pièces, et quele principal est toujours de faire usage des plusavantageux. Lorsqu’on est dans l’offensive, parconséquent maître de ses actions, on pourraaussi faire avancer de la réserve des batteriesà pied de gros calibre.

Le meilleur partage, je crois, qu’on puissefaire de l’artillerie dont on peut disposer lejour d’une bataille serait de la diviser en troisparts ; une part sera employée pour maintenirles troupes sur la position qu’elles occupent,et en défendre les approches; la seconde partsera celle dont on renfoncera la première pourpouvoir prendre l’offensive ; et la troisième seradésignée pour coopérer à la décision de lavictoire.

La première partie de l’artillerie sera placéeen avant de la première ligne de bataille; laseconde sera intercalée dans les intervalles de