DES TROIS ARMES.
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Les succès que les Français remportèrent aucentre et sur la droite, leur firent gagner leterrain nécessaire pour déployer leurs masses,et pour faciliter le mouvement du reste destroupes. Le prince de Hohenlohe, spectateurinactif de tous ces préliminaires de la bataille,s’était malheureusement abandonné à une sé-curité pernicieuse, et fil enjoindre aux troupes,qu’elles devaient rester tranquillement dansleur camp jusqu’à ce que le brouillard se fûtdissipé, et que, lorsque les circonstances l’exi-geraient, il ferait marcher le général Gravert.Au lieu de s’avancer vers le Landgrafenberg,et prendre possession avec des forces majeuresdes bois de Cospoda, de Closwitz et de Zwet-zen, resserrer par là le champ de bataille desennemis, et les empêcher de se rendre maîtresdes débouchés, il aima mieux rester tranquil-lement dans son quartier-général de Capel-lendorf.
Lorsqu’on veut mettre en position de l’artil-lerie désignée pour protéger ou pour arrêterla construction d’un pont et le passage d’unerivière , on lâchera de concentrer sur le pointd’où l’ennemi peut venir, autant de feux qu’ilsera possible, et de défendre le rentrant, surlequel les troupes qui franchissent le fleuve,doivent toujours se former après avoir dépasséle pont. Mais comme l’ennemi tâchera de pa-ralyser l’action de notre artillerie, en cher-chant à démonter nos pièces ou à leur imposersilence, on placera les batteries sur des pointsqui dominent la position ennemie, où les piè-ces puissent, autant que possible, se soustraireà la vue des adversaires : comme le derrière desmamelons d'une petite élévation, des brous-sailles peu épaisses, etc., etc. En masquantainsi l’artillerie, on ravira à l’ennemi les moyensde démonter les pièces ; et en leur donnant uneposition qui domine celle des ennemis, on ra-vit à ces derniers les moyens de dérober leursbouches à feu aux regards de leurs adversaires.
Après avoir reconnu le terrain à droite et àgauche du rentrant où le passage doit s’etfec-tuer, on profitera surtout aussi des saillants dufleuve qui se trouveront dans la proximité dupoint principal, pour y faire avancer à l’im-proviste une batterie d’artillerie de position,et au moment où les colonnes ennemies prête-ront, en avançant, le flanc à nos pièces, oncherchera à les battre par des feux redoublés.
C’est le seul moyen, dans des cas pareils, defaire usage des feux d’enfilades, qui sont,comme nous l’avons vu, les plus efficaces. Aureste, la nature est ordinairement avare de cessortes d’avantages : si même on trouve de cessaillants, il arrive quelquefois qu’on ne peutpas en profiter, à cause de leur éloignement durentrant.; et en y plaçant une batterie, les pro-jectiles, en franchissant des espaces trop éloi-gnés, n’atteignent plus les colonnes avec laforce nécessaire pour paralyser le mouvementdes troupes offensives.
Le passage d’une rivière, lorsqu’on est obligéde l’opérer sous le feu des ennemis, est tou-jours une opération très-épineuse, dont oncherche à dérober la connaissance à l’ennemi.En faisant de fausses attaques sur des pointsdivergents au point principal, l’artillerie, dansla défense comme dans l’attaque, sera toujoursl’arme la plus nécessaire. Pour ne pas mettrela réussite d’une opération pareille à la mercidu hasard, il vaut mieux ne pas la diriger versun des points du fleuve, avant de s’être assuréque c’est le principal. Parvenu dans la proxi-mité de la rivière, on placera donc l’artilleriedans une position centrale, d’où on pourra,après avoir découvert les vraies intentions del’ennemi, la diriger avec facilité vers le pointde passage. De cette manière, dans les occa-sions où on ne vient pas à temps pour empêchertout à fait la construction des ponts, on arrivedu moins assez tôt pour paralyser le mouve-ment des troupes, et les empêcher de débou-cher, ou pour les attaquer tout de suite aprèsle passage, ce qui est toujours un avantagemarquant.
Une règle générale , qui se rapporte aussi àl’artillerie employée pour protéger, ou s’op-poser à la construction des ponts et aux pas-sages, c’est d’employer plutôt des pièces degros calibres.
Après avoir énuméré les'positions les plusavantageuses qu’on puisse donner aux bouchesà feu, n’oublions pas de jeter quelques lignessur celle des avant-trains et des caissons decartouches, dont la conservation est d’un in-térêt très-majeur; car la vélocité des piècesdépend des premiers, tandis que les seconds enfont toute la force.
Pour ne pas paralyser ni la vélocité, ni laforce de l’artillerie, il faut placer les avant-