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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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EXAMEN RAISONNÉ

trains et les caissons dans des endroits sûrs,autant que possible, à l’abri des feux des en-nemis, et dans une proximité qui ne mette pasles pièces dans le danger de devoir ralentirleurs feux.

Dans les armées où les avant-trains ont descoffrets de munitions , comme en Russie et enAngleterre, on peut plutôt éloigner les caissonsde munitions; car ces coffrets obviennent auxpremières nécessités. Dans l’armée française, aucontraire, où les avant-trains ne portent pointde coffrets, il serait dangereux de placer lescaissons à une trop grande distance, car, decette manière , on sacrifierait la promptitudedes feux des pièces à la conservation des cais-sons, ce qui est un défaut.

Pour ce qui regarde l’artillerie qu’on emploiepour défendre des fortifications de campagne,sa position se trouve toujours désignée parl’assiette même des différents retranchements.Leur construction doit toujours être calculéesur les feux des pièces dont on les arme, qui,tout en défendant les points les plus impor-tants de nos lignes de bataille, doivent aussirassembler dans le même foyer autant de feuxque possible, pour battre en brèche les lignesennemies, ainsi que leurs masses assaillantes,tandis que nos réserves doivent être prêtespour fondre sur les troupes rétrogradantes. Lechoix de l’assiette des fortifications élevées surle champ de bataille de Bautzen * est digned’arrêter l’attention des militaires, et le lec-teur me pardonnera de l’y ramener pour quel-ques instants.

La flèche de la gauche, à Baschiitz, nettoyaittout le terrain depuis Gr. Jenkovilz jusqu’audelà de Nieder-Kayna, et réunissait une partiede ses projectiles en feux croisés avec la bat-terie de gauche de Litten, dans le foyer deNied. Kayna ( 1 ). Les autres batteries construitesprès de Litten nettoyaient le terrain entreNied. Kayna, par Kreckvitz jusqu’à Litten, ense flanquant l’une l’autre. Le reste des fortifi-cations de Baschülz avait été construit à peuprès dans une direction perpendiculaire à celledes batteries de Litten.

Les flèches de Litten et celles de la gauchede Baschiitz, tout en produisant des feux croisés

(1) Voyez le plan du champ de bataille de Bautzen,par le lieutenant- colonel Odeleben.

sur différents points, défendaient les approchesdu centre depuis Gr. Jenkovitz jusqu’à Litten,et dans le cas que les fortifications de Litteneussent été forcées, les flèches de Baschiitz pre-naient l’ennemi dans le flanc droit, et 2 divi-sions de cuirassiers étaient en position à gauchede Baschülz, pour tomber sur les ennemis queles feux des batteries de Baschiitz auraient misen désordre.

Nous voyons que le centre était bien couvertet bien défendu; si le flanc droit l’avait été demême, la journée aurait pu prendre une tour-nure tout à fait différente.

SECTION V.

ACTION DE L’ARTILLERIE.

En discutant sur l’action de l’infanterie,nous nous sommes convaincus, que c’est l’armeprimitive, qui gagne les batailles ; la cavalerieest celle qui complète les victoires et occasionneles déroutes. Voyons maintenant le rôle quenous assignerons à l’artillerie dans les batailles,et dans lesquelles son secours est toujours d’unegrande conséquence.

L’artillerie ne possédant pas la faculté depouvoir se défendre elle-même, quelle que soitson action, qu’elle avance pour attaquer sonennemi, ou qu’elle rétrograde pour se sous-traire à sa poursuite, elle ne peut jamais, sansrisquer d’être perdue, se soustraire à la sur-veillance des deux armes, et doit, dans tousles moments de son action, être accompagnéepar l’infanterie ou la cavalerie.

Nous avons vu que l’artillerie prépare et fa-cilite l’attaque des deux armes, par conséquentleurs actions doivent être relatives et récipro-ques; mais d’un côté l’artillerie ne pouvantpas se défendre seule, de l’autre le terrains’opposant par fois au mouvement des deuxarmes, son action doit donc porter une em-preinte de dépendance, qui la met dans lacatégorie des armes secondaires.

Les moments d’indépendance de l’artilleriesont seulement ceux qui précèdent l’action decelte arme, et qui sont :

1° Le mouvement par lequel elle se portevers le point désigné ;

2° Le temps qu’on emploie pour mettre enposition les canons, leurs avant-trains et leurscaissons de munitions. Une fois que les batte-