DES TROIS ARMES.
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ries ont atteint la position qu’elles doivent oc-cuper et que les pièces et leurs accessoires sontplacées, l’artillerie devient dépendante de l’in-fanterie ou de la cavalerie, et doit se conformeraux mouvements des deux armes.
L’action de l’artillerie comme dépendantedes deux armes, et que nous devons faire dé-river des propriétés inhérentes à la nature decette arme, peut être envisagée sous les rapportssuivants :
1° Elle doit tâcher de rendre ses feux aussijustes que bien dirigés;
2° Elle doit défendre les approches du ter-rain où sont placées les troupes;
3° Elle doit secourir et renforcer les troupesassaillantes;
4° Elle doit protéger le déploiement des deuxautres armes;
5° Elle doit protéger les retraites ;
6° Poursuivre les troupes rétrogradanles avecun feu bien nourri ;
7° Savoir se retirer avec régularité et nepas embarrasser l’action et les mouvements del’arme qui la défend ou la seconde.
L’action de l’artillerie, en général, doit êtreaussi simple que ses mouvements doivent êtrerapides et ses feux être justes. Cette arme, n’o-sant avoir d’engagement avec son ennemi qu’àune certaine distance et ne pouvant que dé-poster, mais non s’emparer d’un point, sonaction doit nécessairement cesser au momentoh celle de l’infanterie ou de la cavalerie doitcommencer, sauf à la reprendre ou pour pro-téger les troupes rétrogradantes, ou pour pour-suivre avec ses projectiles celles qu’on auramises en fuite. Cette arme doit commencer lescombats et peut amener les moments opportunsdes engagements; mais comme elle ne peutpas rompre et mettre en fuite son ennemi, ilest impossible de lui décerner les honneurs desvictoires.
L’action de l’artillerie est donc soumise à desinterruptions qui sont désignées par les enga-gements ou plutôt par les chocs des deux autresarmes, et pour que cette action ne soit pas audétriment de toutes les trois, l’essentiel est desavoir faire prolonger celle de l’artillerie, jus-que au moment où celle des deux autres armesdoit commencer ; en un mot, savoir apprécierle moment jusque auquel ses feux sont avanta-geux et nécessaires, ainsi que celui où ses effets
ont été assez efficaces pour faire entrer les au-tres armes en lice. Il ne faut donc jamais s’en-gager dans de longues et vaines canonnades;mais au moment où les batteries ont remplileur devoir, faire agir les autres armes pourcompléter le succès.
Les manœuvres compliquées de l’artillerie,qui entraînent dans de grands mouvements etfont perdre beaucoup de temps, sont non-seu-lement inutiles, mais même nuisibles. Lesbouches à feu ne doivent passer de leur élatpassif à l’état d’action, qu’en se portant d’uneposition à une autre, en se dirigeant sur uneligne droite ou sur l’arc qui offre le moins decirconférence.
Si le terrain empêche l’artillerie de marcheren ligne, on la soumettra à la formation quiprotège le déploiementle plus rapide, comme,par exemple, en colonne sur quatre pièces defront.
Au moment où les colonnes manœuvres se-ront arrivées sur la position où elles doiventdéployer, l’artillerie des lignes de bataille,celle désignée pour en défendre les approches,se détache incontinent des colonnes dontelle faisait partie, et se dirige, au reste, sanstrop se fatiguer (car celte opération se faisantà une sorte de distance de l'ennemi, ne peutpas être dangereuse pour les autres troupes),vers les points qui protégeront son déploiementaussi, et qui la conduiront, autant que pos-sible , sur les positions qu’elle devra occuperdans l’ordre de bataille et au moment del’engagement.
Cependant, ce mouvement n’étant encoreque préparatoire, il est inutile d’être toujourstrop sévère sur le choix d’une position avan-tageuse pour ce premier déploiement des bat-teries, d’autant plus, que les troupes étant unefois rangées en bataille, sont encore obligéesd’aller occuper le champ de bataille désigné.C’est plutôt sur le terrain où l’on en vient auxmains avec son ennemi, que l’art de bien placerles batteries, dont j’ai déjà eu l’occasion dedévelopper les défauts et les avantages, doitattirer l’attention des chefs.
Le talent avec lequel on place les bouches àfeu est d’un avantage et d’un intérêt d’autantplus grands, qu’après les mouvements préli-minaires, dont je viens de parler, tout ce quise rapporte à l’action de l’artillerie, est en
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