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EXAMEN RAISONNÉ
bonne partie basé sur la position avantageusedes bouches à feu.
Une fois que les batteries qui doivent dé-fendre les approches des lignes de bataille sontplacées, les chefs doivent s’astreindre à bienremarquer l'effet que leurs feux produisent surles masses ennemies; car le moindre mouve-ment que l’on fait faire aux pièces, pour lequelmême les bras des artilleurs suffisent, peutchanger la direction des feux et rassemblerune masse collective plus grande, tantôt versun point, tantôt vers un autre.
11 est souvent possible que le terrain qu’oc-cupe l’ennemi, et qui se trouve vis-à-vis d’unebatterie, soit une position qui non-seulementle dérobe tout à fait à nos regards, mais pro-tège aussi son emplacement, de manière à lemettre tout à fait à l’abri de nos projectiles.Tirer contre un ennemi qu’on ne peut ni voirni atteindre, est ce qu’on appelle tirer sa pou-dre aux moineaux. Dans un cas pareil, il vautmieux, ou faire changer de direction aux piècesen leur faisant, par exemple, avancer un desflancs, diriger leurs feux contre un autre objetet augmenter ainsi les feux collectifs d’uneautre batterie, ou bien leur faire tout à faitchanger de position. Le premier changementse faisant cependant avec une moindre pertede temps, est toujours préférable au second.
C’est ordinairement l’artillerie des lignes debataille qui commence les combats, mais cesengagements préliminaires ne sont ordinaire-ment d’aucun résultat décisif. Ces sortes decanonnades se prolongent souvent des heuresentières, sans en retirer d’autre résultat quede perdre et de tuer une certaine quantitéd’hommes. Ce n’est qu’au moment où l’un despartis commence à trahir ses projets, qu’arrivela seconde époque de l’action de l’artillerie.L’ennemi renforce-t-il son feu pour paralyserle nôtre, ou cherche-t-il, par l’intensité de sesfeux, à déposler nos troupes ou les battre enbrèche, on lui oppose un feu aussi terrible etaussi bien nourri que le sien, et on égalise parlà toutes les chances défavorables. Prononce-t-il un mouvement offensif, on lui oppose aussides troupes qu’on soutient, si la circonstancel’exige et le terrain le permet, par une massed’artillerie.
Si le terrain que la masse désignée pour l’at-taque doit parcourir est tel qu’on puisse dé-
rober aux ennemis le mouvement des troupes,on lui accordera la formation qu’elle devraavoir au moment de l’engagement ; c’est-à-dire,on fera précéder l’infanterie ou la cavaleriepar l’artillerie. Si, au contraire, le terrain qu’ilfaut franchir, est une plaine ouverte qui trahitle mouvement, il vaut mieux ménager à l’ar-tillerie un engagement subit qui étonne l’en-nemi et agit avec plus d’effet sur lui.
Tant que l’arme qui accompagne l’artillerie,et qui doit exécuter ensuite le choc, se portevers le point où elle doit l’opérer, les bouchesà feu qui l’accompagnent resteront cachéessous sa protection, et, par conséquent dans lesintervalles de la seconde ligne. A-t-elle atteintle point où la position de l’artillerie et laproximité de l’ennemi rendent ses feux néces-saires, les batteries passent à travers les in-tervalles de la première ligne, et s’avancent àune certaine distance de l’ennemi ; distanceque doivent déterminer les avantages du ter-rain qu’on pourra leur faire occuper, ainsi quela justesse et l’efficacité des tirs.
Toutes les fois que nous serons maîtres denos actions et du terrain que nous voudronsparcourir pour atteindre notre ennemi, il vau-dra toujours mieux choisir un terrain plutôtvaste que rétréci, et dont les sinuosités n’em-barrassent pas le mouvement des troupes; car,dans des cas pareils, il faut prononcer sonmouvement plutôt avec une masse imposantede troupes et d’artillerie, qui soit en état deproduire un grand résultat, qu’avec un partiqui ne serait en état de recueillir qu’un succèsisolé.
A la bataille de Wagram, au moment où lescorps de Davoust et d’Oudinot préparaientleurs attaques contre Markt-Grafen-Neusiedel,ainsi que leur mouvement de conversion, pourréussir plus tôt à détruire les forces ennemies,Nopoléon attaqua leur centre posté à Aderklaa.Il renforça le corps de Masséna par celui deMacdonald, par la cavalerie de Nansouly,ainsi que celle de la garde, et par 100 piècesde canon. Lauriston, à la tète de l’artillerie,s’avance à une demi-portée du canon, et sèmebientôt la mort et la terreur dans les rangs desImpériaux. Le prince de Lichtenstein parvintà paralyser, en quelque sorte, les projets desennemis, et prévint la déroute du centre, cetteattaque sur Aderklaa et les pertes énormes que