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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DES TROIS ARMES.

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les Autrichiens y essuyèrent, peut toujours êtreenvisagée comme le préliminaire de la réussitede celle, de Markt-Grafen-Neusiedel.

A la bataille de Waterloo, pendant que lesdeux partis se disputaient avec acharnementle château de Hougoumont, Napoléon enjoignitau maréchal Ney de diriger ses attaques contrela gauche des ennemis, de s’emparer du villagede la Haye, et d’intercepter toute communi-cation entre l’armée anglo-hollandaise et lecorps de Bulow. Quatre-vingts bouches à feudevançaient les troupes ; les boulets et les car-touches à balles firent perdre beaucoup demonde aux alliés; et, malgré les charges que lacavalerie anglaise dirigea contre celte massede troupes, les Français parvinrent à remporterdes succès assez décisifs. Mais tous les avan-tages que Napoléon pouvait remporter du côtéde la Haye, si même il était parvenu à pousserjusqu’à Mont-Saint-Jean, à quoi pouvaient-ilsle mener, tandis qu’il était tourné vers Fris-chermont et Planchenois, et que le corps deBulow le prenait à dos?

Au reste, c’est une disposition qui, employéeà propos et menée avec discernement, ne peutmanquer d’être très-favorable, en occasionnanttoujours du flottement dans les lignes atta-quées. La grande difficulté dans une dispositionpareille est, comme je l’ai déjà dit une fois, detrouver un terrain qui protège le mouvementd’une masse aussi grande de bouches à feu.Comme dans ces cas, l’artillerie n’est qu’armepréparatoire, il faut, qu’au moment où elle estparvenue à mettre du flottement dans les lignesennemies, elle se retire et fasse place à l’armequi doit opérer le choc.

Dans ces sortes d’attaques en masse, le rôlede l’artillerie, lorsque l’arme qui la secondeattaque l’ennemi, n’est ordinairement qu’inter-rompu et non fini. Si le choc n’a pas réussi, lefeu de l’artillerie doit arrêter la fougue desvainqueurs; et s’il a été exécuté avec succès,il doit le poursuivre pendant quelque tempsdans son mouvement rétrograde. Le chef quicommande l’artillerie devra donc placer lespièces dans le sens des deux cas, pour qu’ellespuissent être utilisées dans l’un comme dansl’autre,.

(0 Ce n’est jamais au commencement du combat,quelle que soit la force de l’artillerie, qu’on peut déci-der de la victoire; a-t-on une fois mis en action toutes

Cet emplacement de l’artillerie ne saurait sesoumettre à des règles stables, car le terrainet la position de l’ennemi y jouent un tropgrand rôle ; mais on doit prendre pour principenormal de placer ensuite les batteries de ma-nière à ce qu’elles puissent pour le moins seservir de feux obliques, et suivre l’ennemidans sa retraite, en lui lançant une infinité deprojectiles, ou arrêter les vainqueurs, si lesuccès trompait l'allen le.

Une attaque pareille en masse a-t-elle eu unsuccès décisif et forcé l’ennemi à rétrograder,l’artillerie doit s’avancer avec promptitudevers les troupes rétrogradantes, et chercher àrendre Ses feux plus vifs encore qu’ils ne l’ontété; car en poursuivant l’ennemi qui bat enretraite avec un grand nombre de projectiles,on lui fait faire des pertes sensibles.

Si, dans les premières périodes du combat, ilest plus prudent de n’engager qu’une partie del’artillerie, en laissant le reste en réserve pourpouvoir s’en servir dans des moments oppor-tuns, il est tout aussi nécessaire, au momentoù la victoire commence à se décider, d’utilisertoute son artillerie, en la partageant entre lesmasses désignées pour l’attaque décisive et leslignes de bataille (1). De celte manière, au mo-ment où l’ennemi prononce son mouvementrétrograde, on peut, sans perdre de temps,le poursuivre par les feux meurtriers des ca-nons, et non-seulement lui enlever beaucoupde monde, mais faciliter aussi l’action de lacavalerie légère.

A cette même bataille de Wagram, dont jeviens de parler, et où l’artillerie a moissonnéde si beaux lauriers, Napoléon avait, au mo-ment de la décision, indépendamment de l’ar-tillerie qu’on avait dirigée vers Aderklaa,utilisé le reste de cette arme, en l’employant àl’attaque du village de Baumersdorf et de celuide Markt-Grafen-Neusiedel ; de manière qu’aumoment où les Impériaux se virent obligés decommencer leur mouvement rétrograde, pres-que toute l’artillerie de l’armée se trouvait en-gagée. Napoléon fil poursuivre ses ennemisrétrogradants par un feu bien nourri, d’oùprovint une partie des perles des Autrichiensdans celte journée. Un grand nombre de blessés

ces pièces, on peut se trouver embarrassé lorsque l'en-nemi viendra fondre sur un point où, à cause d’un man-que d’artillerie, on 11e pourra plus se maintenir.