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EXAMEN RAISONNÉ
s’étaient réfugiés dans les villages d’Aderklaa,Sussenbrunn et Gerasdorff, et périrent danslesflammes; car les Français les avaient tousincendiés.
Le prince de Reuss, qui avait pris positionsur le Bisamberg, eut beaucoup de peine àarrêter la fougue impétueuse des vainqueurs,et la cavalerie autrichienne parvint ensuite àmettre fin à la poursuite des ennemis.
La bataille de Wagram, en général, et surlaquelle j’aurai encore l’occasion de revenirplus lard, offre un exemple bien instructif,tant pour les différentes époques de l’utilisa-tion de l’artillerie que pour son action engénéral.
Dansles colonnes manœuvres, il est toujoursutile d’avoir au moins deux batteries, dontl’une à cheval, en tète de la colonne et placéederrière la cavalerie légère, qui ouvre lamarche; car une disposition pareille ne peutjamais avoir que de bons résultats. Supposantque le déploiement ne soit soumis à aucun in-convénient, les deux batteries pourront tou-jours être utilisées dans la première ligne debataille; et si, par quelque cas imprévu , l’en-nemi tombe à l’improvisle pendant le déploie-ment de la colonne, ces deux batteries serontencore plus utiles; car en les plaçant sur uneposition avantageuse, on peut facilement ar-rêter celte première fougue de l’ennemi, etdonner aux troupes de la colonne le temps dedéployer. L’essentiel, dans un cas pareil, c’estd’utiliser de prime-abord quelques bataillonsd’infanterie pour servir de sauve-garde auxbatteries, et de placer cette cavalerie légère,qui ouvre ordinairement la marche, dans uneposition avantageuse, et se procurer parla unnoyau de troupes qui protégeront le déploie-ment du reste de la colonne.
Si, après un échec ou une bataille perdue,on se trouvait forcé à une retraite qui ne pûts’effectuer que sous les yeux des ennemis,comme il est difficile, pendant ces mouvementsrétrogrades, de reprendre l’offensive, et quele seul but est de les exécuter avec ordre, enrétrogradant continuellement, il faudra faireavancer les batteries de gros calibre, qu’onfera manœuvrer à la prolonge, pour ne pasperdre de temps en mettant les pièces sur lesavant-trains. On choisira pour la retraite desbatteries, des terrains qui n’embarrassent pas
trop leur mouvement, en cherchant en mêmetemps à les diriger vers les points qui offrirontles positions les plus avantageuses.
On désignera l’artillerie de gros calibre pourdéfendre les approches des lignes de batailleet pour paralyser les mouvements offensifs desennemis, tandis que l’artillerie à cheval sera,à cause de la vélocité de ses mouvements, dé-signée pour coopérer aux mouvements de con-version. Soutenue parla cavalerie légère, elledevra chercher des positions qui la mettentdans la possibilité de menacer les flancs desmasses offensives, et distraire parla leur atten-tion des objets primitifs de leur poursuite eten paralyser la fougue.
On cherchera surtout à défendre avec opi-niâtreté les voies qui offrent les communica-tions les plus faciles, et qui doivent par con-séquent servir de lignes de retraite aux troupes.On placera sur chacune d’elles une batterie degros calibre, tandis que les batteries intermé-diaires chercheront à croiser leurs feux avecceux des principales.
Arrive-t-on à l’entrée d’un bois, que les trou-pes doivent franchir, l’artillerie étant l’armequi embarrasse le plus dans ces sortes d’occa-sions, lorsqu’on la fait défiler en masse, onne mettra en batterie que le nombre de piè-ces nécessaires pour pouvoir paralyser les mou-vements offensifs des ennemis, et qu’on pla-cera sur les points les plus importants.
Comme le mouvement de l’artillerie à piedest beaucoup plus lent que celui de l’artillerieà cheval, et que, dans des occasions pareilles,les troupes qui devront défiler les dernières se-ront obligées d’accélérer leur mouvement, ilest toujours plus avantageux de faire rétrogra-der l’artillerie à pied la première, en laissantplutôt à l’artillerie à cheval le soin de couvrirla retraite.
Le moment de la retraite de l’artillerie àcheval, elle-même, est-il arrivé, on lui fait tra-verser le défilé le plus promptement possible,et pendant ce temps l’artillerie à pied, qui auraachevé son mouvement de rétrogradation, de-vra garnir les points les plus importants de lanouvelle position, de manière à pouvoir diri-ger ses feux contre les débouchés du défilé.
Dans ces circonstances, l’infanterie doit êtretoujours le soutien le plus ferme de l’artillerie;car quoique les retraites puissent très-bien s’o-