DES TROIS ARMES.
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pérer aussi sous la protection de la cavalerie,dans des positions acculées à des défilés, lerôle de cette arme est soumis à de trop grandsdangers, pour qu’elle ne le cède momentané-ment à l’infanterie, dont l’action sur des ter-rains pareils est plutôt avantageuse que défa-vorable. On ne conservera près des troupes lesplus avancées, qui devront traverser le défiléles dernières, qu’autant de pièces qu’on pourraen faire marcher de front sur les différentesvoies de communication ; leur devoir sera delier leurs feux avec ceux des tirailleurs, quiseront chargés de la défense du taillis même,en conservant sur chaque voie au moins unbataillon pour la défense des pièces, qu’on feramarcher sur un des côtés de la route.
Si l’artillerie qui coopère à la retraite destroupes, finit par ne plus pouvoir se maintenircontre un ennemi, ou trop puissant, ou queles localités protègent, et se voit à la veilled’ètre livrée, il faut chercher du moins à nelui abandonner qu’un trophée qui ne puissepas lui servir à l’avenir, en enclouant les ca-nons ou t;n brisant les affûts.
Lorsqu’il s’agira de mettre l’artillerie enaction pour défendre ou attaquer un village,dans le premier cas, les bouches à feu devrontdiriger leurs feux contre les masses ennemiesqui viendraient pour s’en emparer; car unefois que le mouvement des troupes assaillantesa été paralysé, tout ce que l’ennemi pourrafaire, c’est de l’incendier. Mais nous avons vudéjà plus haut, qu’après avoir incendié un vil-lage, si on ne prononçait pas un mouvementoffensif sur les deux flancs du poste et si on nele dépassait pas, les troupes qui le défendentviennent de nouveau se loger derrière les dé-combres. La prise d’un village ne peut doncjamais se décider par de l’artillerie seule, maispar l’infanterie qui parvient à s’y loger aussi.
L’essentiel, dans ces occasions, est donc dechercher à maintenir l’artillerie placée sur lesdeux flancs ; et tant que celle-ci pourra s’ysoutenir, la prise du village ne sera pas déci-dée. Le combat de Probstheïda nous en offreun exemple bien convainant (i).
Le maréchal Victor, à la tête du second
( 1 ) Pour donner plus de véracité à ma narration , j’aicru devoir consulter à ce sujet les meilleures relationsque nous possédions, et qui sont : ProTiro, (1er Kricgin Deulschland und Franckreich in dcnJahrcn , 1815
corps d’armée, avait été désigné pour défendrece village. Comme la possession de Probstheïdaétait pour le centre de la position ennemie,d’un intérêt majeur, Victor crut devoir s’ymaintenir avec résolution et opiniâtreté, et fitles dispositions suivantes : une partie de l’in-fanterie française occupa Probstheïda, le restefut placé derrière. A droite du village , sur lapente douce où se trouvait le moulin à vent,l’ennemi plaça une forte batterie d’artillerie,dont le flanc gauche s’appuyait aux cheminsqui conduisaient de Probstheïda à Leipzig, uneautre se trouvait sur la gauche de ce poste etdirigeait son feu contre Zuckelhausen. Stotte-ritz, qui faisait la continuité de la ligne debataille vers la gauche, était défendu par lestroupes du duc de Tarente, dont l’artillerie futplacée en avant; une divison de cuirassiersétait en réserve sur la gauche du village.
Le comte de Wittgenstein voulut prendreProbstheïda d’assaut; il désigna pour cet effetle second corps russe et les 10 e et 12 e brigadesprussiennes.
Les deux brigades prussiennes attaquent levillage, et leurs tirailleurs parviennent jus-qu’aux clayonnages les plus avancés ; mais for-cées de se replier, la 12 e brigade essuya un feumeurtrier de cartouches à balles, qui lui enlevabeaucoup de monde- L’assaut fut recommencéparla 10 e brigade, qui avança encolonnes sousla protection de ses tirailleurs. La 12 e la suivitde près, et ces valeureux soldats parvinrent às’emparer d’une partie du village; mais l’en-nemi leur opposant des forces toujours fraîchesqu’il puisait dans les réserves placées derrière,les força de renoncer à leur victoire, qu'ilsavaient achetée au prix de tant de sang; cartoutes les fois que ces deux brigades se voyaientforcées d’abandonner Probstheïda, elles étaientpoursuivies dans leur retraite par le feumeurtrier des bouches à feu.
Le comte de Wittgenstein fait enfin avancerle 2 e corps d’armée. L’attaque est renou-velée avec la même ardeur, mais d’après lesmêmes dispositions et par conséquent avecles mêmes résultats funestes. Enfin, on se voitobligé d’abandonner l’attaque de ce poste, et
und 1814; Odei.ebex, Relation circonstanciée de laCampagne de 1813 «w Sim; Faw, Manuscrit de 1815;et trrzow, Biclragezur Kriegsgeschichleder Fcldziigc1815 und 1814.