DES TROIS ARMES.
299
pourra rarement ne pas être couronné par unsuccès complet.
Lorsque le terrain empêche de se servir dela cavalerie, ce seront des masses amalgaméesd’après ce principe dont on se servira pour at-taquer une infanterie qui se propose de rece-voir en ligne déployée. Les feux de l’artilleriequi précède les colonnes, et dont les coups deballes sont déjà meurtriers à 600 pas, produi-sent un ravage tellement grand, même avantque l’infanterie déployée ait pu se servir de sesfeux, et par conséquent avant qu’elle ait puenlever un seul artilleur, que le choc descolonnes ne peut manquer de réussir.
Gette disposition est d’autant plus avanta-geuse que, dans des occasions pareilles, l’artil-lerie qui accompagne l’infanterie assaillante,n’a rien à risquer. Les bataillons déployés n’o-sent pas aller au-devant d’elle, dans la craintede rompre leur ligne, et si la cavalerie qui setrouve derrière la seconde ligne s’avance pourattaquer et s’emparer des batteries, habituéescomme elles doivent l’être de manœuvrer avecles autres armes, il n’y aura rien de plus facilepour elles, que de se soustraire à ce mouve-ment offensif, en se rapprochant de leur pre-mière ligne de bataille principale, tandis quel’inlanterie qui marche en colonnes offensives,s’arrête pour former des colonnes contre la ca-valerie et possédera tous les moyens de résisteravec avantage.
Mais il ne suffit pas seulement de vaincre, ilfaut aussi savoir profiter de la victoire, et lesfeux de l’infanterie ne pouvant poursuivre qu’àde petites portées, c’est à l’artillerie qu’on enabandonnera le soin. La position des différentesparties étant justement la plus avantageusepour faire usage des feux croisés, elle pour-suivra avec ses projectiles l’ennemi rétrogra-dant, jusqu’au moment où son éloignementrendra leurs effets presque nuis.
Lorsqu’il s’agira de couvrir le mouvementdes troupes rétrogradantes, comme il y a deuxmoyens de l’effectuer, qui sont : la retraite enéchiquier et la retraite en échelons, on se con-formera aux avantages du terrain pour em-ployer l’une ou l’autre. Dans le premier cas,on cherchera à garnir les points les plus avan-
(f) J’avertis le lecteur que, si je n’ai pas fait mentionde l’action des tirailleurs, c’est parce que la combinai-
tageux et on renforcera les batteries de la pre-mière ligne qu’on placera, autant que le ter-rain le permettra, devant les intervalles de lapremière ligne de l’infanterie.De cette manière,les bataillons conservent la possibilité de pou-voir de temps en temps prononcer, sous laprotection de leurs tirailleurs, un mouvementoffensif, et coopérer aux résultats que les feuxde l’artillerie produisent dans les rangs ennemis.
L’artillerie des flancs, qui cherchera aussi àcombiner ses effets avec ceux de la premièreligne, devra préalablement choisir des posi-tions qui la mettent à même de prévenir lesmouvements de conversion des ennemis et sur-tout l’interception de la ligne de retraite destroupes défensives. L’artillerie cherchera doncà manœuvrer dans la direction la plus rappro-chée du point par lequel l’infanterie devras’écouler, afin de la soustraire tout à fait à lapoursuite des ennemis.
Les retraites en échelons s’exécuteront d’a-près les mêmes règles que les mouvementsoffensifs faits dans le même principe, ayantsoin de commencer le mouvement rétrogradepar le flanc qui aura la position la moins avan-tageuse, pour pouvoir le mettre, aussitôt quepossible, hors d’atteinte. Les positions et l’ac-tion de l’artillerie ne seront soumises à aucunchangement ; en un mot, les mouvements of-fensifs en échelons serviront de dispositionnormale pour les retraites, sauf à y apporterquelques modifications en se conformant auxmodulations du terrain ( 1 ).
Combinaison de la cavalerie avec l’artillerie.
L’action de la cavalerie, combinée avec cellede l’artillerie, repose sur le but de combattreuneforce amalgamée d’aprèsle même principe,ou d’en subjuguer une autre dont les proprié-tés défensives seraient supérieures à cellesoffensives de la cavalerie.
Le principal, pour cette combinaison, est dechoisir une plaine ouverte, d’où l’on puisse ob-server tous les mouvements de l’ennemi et pou-voir prévenir et paralyser son action. L’artillerieà cheval et la cavalerie légère, comme armespréparatoires sous la protection desquelles on
son de leur action avec celle de l’infanterie de ligne, adéjà été développée dans la vi e section du n* chapitre.