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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DES TROIS ARMES.

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quières, et décida ainsi en faveur des Françaisle succès de cette fameuse journée. Sa cava-lerie pénétra entre les villages de Neerwindeet de Laer et se forma devant celle de Hanovre,qui, au lieu de tomber sur son ennemi pendantle moment de sa formation en ordre de bataille,resta, sur ce point aussi, spectatrice inactivedu désordre que celle des ennemis y occa-sionna, et qui se changea sur cette aile enune sorte de fuite désordonnée.

Bataille de Ilochstett, livrée le 13 août 1704.

En lisant la relation de la bataille de Hoch-stett, le lecteur reste involontairement indécis,s’il doit plus s’étonner de la courageuse rési-gnation du prince Eugène et du duc de Marl-borough, de vouloir forcer une position commecelle qu’occupait l’armée française, ou desmoyens si peu analogues qu’employèrent lesgénéraux Tallard et Marsin pour la défendre.D’un côté, nous remarquons hardiesse, dispo-sitions judicieuses; de l’autre, une fausse ap-préciation du terrain, un ordre de bataillevicieux et aucune décision dans les mou-vements.

Les généraux Tallard et Marsin ayant résolude prendre position entre les villages de Blind-beinr et Lulzingen, et de couvrir le front deleurs ligues de bataille par un ruisseau quicoule parallèlement à la position, négligèrententièrement les dispositions nécessaires pouren défendre le passage. Les moulins de Brei-sach et de Séner, les villages d’Ober et deNieder-Glaucheim et celui de Lutzingen, quibordaient le ruisseau, étaient cinq postes quipouvaient favoriser les Français dans la dé-fense du passage. Les généraux français, aucontraire, restèrent spectateurs inactifs de laconstruction d’un pont, que le prince Eugènefit construire, ainsi que de la prise des deuxmoulins, auxquelles l’infanterie et l’artilleriepouvaient s’opposer si facilement.

Le moment où les alliés commencèrent àfranchir le ruisseau, ne présentant que lestètes des colonnes et ne possédant, par consé-quent, que peu de moyens de défense , étaitjustement celui où les généraux Tallard etMarsin devaient utiliser leur nombreuse cava-lerie. Au contraire, de 150 escadrons qu’ilsavaient sur le champ de bataille, ils n’en en-

voyèrent que trois au-devant des ennemis.L’engagement de ces trois escadrons démontre,d’une manière évidente, jusqu’à quel pointles généraux français poussèrent l’opiniâtretéà commettre des fautes. Malgré sa faiblesse,cette troupe parvint à repousser jusqu’à deuxfois les troupes alliées qui essayaient de passerle ruisseau; mais les généraux commandantss’opiniâtrèrent à ne pas la secourir, et elle finitpar succomber aux forces supérieures des en-nemis, qui franchirent le ruisseau sans obstacle.

Si les généraux français avaient su mieuxapprécier les deux positions respectives, ilsauraient fait acheter cher au prince Eugène,la témérité de venir franchir un ruisseau pa-reil, sous le canon de ses adversaires. Mais, soitignorance ou insouciance de la part des géné-raux Tallard et Marsin, ils ne profilèrent pasde tous les avantages que la nature leur avaitofferts et aplanirent eux-mêmes à leurs en-nemis toutes les difficultés que ceux-ci ne de-vaient surmonter qu’au prix de beaucoup desang. Les points de passage ne pouvant plusêtre cachés aux yeux des Français, ces der-niers devaient y disposer leur artillerie, et ar-rêter les mouvements des alliés.

Lorsque le prince Eugène s’avança vers levillage de Lutzingen et que sa cavalerie fitvolte-face et abandonna l’infanterie, celle-cifut assez maltraitée et forcée de plier. C’étaitjustement le moment de prononcer de ce côtéun mouvement offensif et de rejeter cette in-fanterie au delà du ruisseau; mais le maréchalde Marsin se contenta de poursuivre le combatde loin, et ayant donné aux troupes du princeEugène le temps de se reformer, il fut repoussépar ces mêmes troupes qu’il pouvait si facile-ment anéantir. Quelle occasion propice pourune masse imposante de cavalerie etd’arlillerie,dont les feux meurtriers auraient pu poursuivreson ennemi jusqu’au delà du ruisseau ; et il lalaissa échapper!

Sur le flanc droit, le maréchal Tallard, enfaisant avancer sa cavalerie, crut devoir lasoutenir par l’infanterie. Mais au lieu de fairemanœuvrer celle-ci dans la direction des mou-vements offensifs de la cavalerie, pour qu’aumoment d’un échec, la dernière pût se reformersous la protection de la première, il entremêlales deux armes, et qu’en arriva-t-il? La cava-lerie fut battue, l’infanterie presqu’enlière-