Buch 
Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
Entstehung
Seite
312
JPEG-Download
 

512

EXAMEN RAISONNÉ

ment détruite, et profitant de cet avantage enhomme habile et hardi, le duc de Marlhorouglirejeta les troupes du flanc droit et les pour-suivit jusque près Hochstett, où la gendarmeriefrançaise périt en partie dans le Danube et futen partie sabrée. Le maréchal Tallard lui-même,revenant pour faire retirer les 27 bataillons et12 escadrons qu’il avait enfermés dans Blind-heim, fut fait prisonnier.

Dès ce moment, la bataille pouvait être en-visagée comme perdue. L’aile droite de l’annéefrançaise ayant été battue et obligée d’aban-donner le champ de bataille, le maréchalMarsin ne pouvait se soutenir plus longtempssans risquer de faire partager à ses troupes lesort cruel de celles qui furent enfermées dansBlindheim et obligées de capituler. 11 ordonnala retraite, et le champ de bataille fut aussitôtoccupé par les troupes du prince Eugène et duduc de Marlborough.

Bataille de Malplaquet, livrée le 11 septembre1709.

Quoique la disposition des troupes du maré-chal de Villars n’ait pas été exempte de fautes,il est cependant très-probable que, sans la bles-sure qui le mit hors de combat et qui fil tom-ber le commandement en partage au maréchalde Boufllers, la victoire n’en aurait pas moinscouronné le courage exemplaire des troupesfrançaises.

Les bois dé Blangies et de Sars, ainsi que leterrain qui séparait ces deux taillis, formaientle champ de bataille. Les deux bois étaient aupouvoir des Français, mais le maréchal de Vil-lars ne les occupa que faiblement, et en les cé-dant à ses ennemis, leur livra deux soutiens sifaciles à défendre et dont il est souvent si dif-ficile de se rendre maître. L’assiette des forti-fications qu’il fit élever pour défendre la trouéeentre les deux bois était trop avancée, car, enperdant un des taillis, les fortifications étaientprises à revers.

Le combat s’étant concentré dans les deuxbois, que le maréchal aurait pu rendre inabor-dables , s’y soutenait avec des succès alternatifs.M. de Villars secourut les troupes qui les dé-fendaient par celles du centre, qu’il eut l’im-prudence de dégarnir. C’est dans ce momentcritique que le maréchal de Villars fut blessé et

obligé de quitter le champ de bataille. L’absencedu général en chef au plus fort du combat estsans doute une perte bien grande, mais n’ex-cuse pas la conduite du maréchal de Boufllers.

Quoique le bois de Sars fût emporté, la vic-toire dépendait-elle donc de ces deux saillantsavancés, et même, en les perdant, ne pouvait-on pas se maintenir dans une position plus enarrière? Supposant même qu’un mouvementrétrograde devînt indispensable, le maréchalde Boufllers ne pouvait-il pas, en prenant uneautre position, manœuvrer sous la protectionde sa cavalerie, qui serait tombée sur les trou-pes débouchant des taillis? Le maréchal pou-vait toujours attaquer ses ennemis avec avan-tage au moment où ils auraient débouché desbois, tandis que son artillerie , en abandonnantles fortifications de la trouée et prenant aussiune position rétrograde, auirait achevé d’ac-cabler les troupes qui la franchissaient et au-rait ainsi préparé l’action de la cavalerie, quidonna lant de preuves irrécusables de courage.

Au lieu de chercliier à réparer un accident,tout fâcheux qu’il pouvait èlre, mais que lafortune capricieuse rend si fréquenta la guerre,le maréchal de Boufllers aima mieux abandon-ner le champ de bataille à ses ennemis, ce quiétait au reste infiniment plus facile à exécuter.

Bataille de Fontenoy, livrée le 11 mai 1745.

Les Français ayant franchi l’Escaut à Ca-lonne, prirent position en appuyant leur droiteau village d’Antoing, ayant leur centre couvertparle village de Fontenoy, et prolongeant leurgauche jusqu’à la pointe du bois de Barry, ducôté de Ramecroix. Les alliés qui s’étaient ras-semblés sur les hauteurs de Maubray, commen-cèrent leur mouvement en quatre colonnes,dont celle de droite marcha entre le bois de' Barry et le village de Vézon, les deux colonnesdu centre se dirigèrent vers Fontenoy, celle degauche, vers Antoing.

En jetant les yeux sur la carte, on peut fa-cilement se convaincre des dangers que la po-sition des Français leur offrait, et des avantagesqu’un mouvement bien dirigé des colonnes ma-nœuvres du duc de Cumberland pouvait luirapporter.

Le bois de Barry ne pouvait jamais être lepoint stratégique du champ de bataille, carcon-