DES TROIS ARMES.
lui prescrivent, au moment où elle se trouvedans la sphère active des projectiles ennemis,de charger sans hésitation, plutôt que de s’ex-poser inutilement au feu meurtrier des canons.
Plus lard, au moment où celte charge futexécutée, et que les Prussiens culbutèrent lesescadrons de l’arrière-garde autrichienne, em-portés par leur ardeur, ils poursuivirent lesvaincus avec trop de vivacité, et furent mas-sacrés à leur tour par le feu d’une batteriede 60 pièces, que le maréchal Brown leuropposa, et furent rejetés au pied de la mon-tagne , où ils parvinrent cependant à se refor-mer, car les Autrichiens ne les poursuivirentpas. Dans ce cas aussi, le maréchal enfreignitle principe stable et judicieux qui nous pre-scrit de profiter de chaque moment opportun,et de poursuivre un succès. Le maréchal Brownavait encore toute son armée à sa disposition,et une charge d’une douzaine d’escadrons enordre, et attaquant avec vigueur, suivie parun mouvement décidé de l’infanterie, soutenuepar son artillerie, aurait pu donner une tour-nure différente au combat.
Les dispositions du grand Frédéric dénon-çaient , au contraire, son génie militaire. Toutesses dispositions et tous ses mouvements sontconformes aux règles de la pure tactique. Ilarrive sur un terrain trop étendu en proportiondes forces dont il disposait; il se soustrait doncau danger d’être débordé, en faisant entrer20 bataillons de la seconde ligne dans lapremière. Les hauteurs qui dominent sur lesplaines étant toujours les points les plus inté-ressants des champs de bataille, il trouve cellesde Lobosch et de Homolka non occupées, et yfait avancer son infanterie. La gauche des Im-périaux , en s’avançant pour attaquer ce mêmemont de Homolka, qu’on avait volontairementabandonné, est obligée de franchir le défilé deSulavitz: Frédéric fait garnir les hauteurs d’ar-tillerie, et foudroie les colonnes. La tentativedes Impériaux, de s’emparer du Loboschbergayant échoué, les troupes prussiennes se pré-cipitèrent sur un ennemi rétrogradant, et en-trèrent avec lui dans Lovosilz, qui resta en leurpouvoir.
Enfin, toutes les dispositions et les manœu-vres du roi portent le cachet de la tactique laplus pure et la mieux combinée, et devaientnécessairement servir de gage à la victoire.
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Bataille de Leuthen, livrée le 5 décembre 175.7.
Pour ce qui regarde les dispositions et lesmouvements de l’armée prussienne, la batailllede Leuthen peut être considérée comme unchef-d’œuvre de tactique. On y remarque lescombinaisons les plus profondes, les mouve-ments les moins compliqués,'et l’exécution laplus exacte. Cette fameuse bataille nous prouveles avantages incalculables que possèdent lesdispositions bien adaptées aux avantages deslocalités, et lorsque leur exécution répond aubut principal. Avec une force de 30,000 hom-mes, le roi remporta une victoire complète surune armée qui comptait 80,000 hommes sousles armes, et cette victoire étonnante n’eut pasmême un seul instant d’indécision.
La marche savante du roi, de Borna versLobetinlz et Schriegvilz, dans le flanc de l’ar-mée ennemie, égalisa la chance la plus désavan-tageuse à laquelle une armée, qui se propose delivrer bataille, peut être exposée : une inéga-lité aussi marquante dans les forces physiques.
Aucune des précautions qui peuvent assurerle succès d’un mouvement préparatoire, n’aété négligée par le roi, et depuis le momentde l’engagement de l’avant-garde, près deBorna, jusqu’à la fin de la bataille, chaqueépoque de la journée ne présente au militaireattentif, qu’une série de mouvements et demanœuvres, faits dans le sens de la tactiquela plus savante et la mieux combinée.
L’armée prussienne s’ébranle de Kammendorfen quatre colonnes, marchant par ailes et parladroite. Au moment où ces colonnes dépassentBorna, le roi, qui avait déjà reconnu la positionde son ennemi, et s’était convaincu que l’ailegauche des Impériaux était le point tactique duchamp de bataille, leur fait changer de direc-tion adroite et poursuit sa marche par Lobetinlzet Kœrtschülz. Pour dérober ce mouvement sidangereux pour son adversaire, il couvre samarche par les ondulations du terrain qu’ilparcourt, et pour tromper plus complètementencore son ennemi, son avant-garde continuele combat qu’elle avait engagé contre le corpsde Nostitz, le force de rétrograder, et le pour-suit dans la direction de Frobelwitz. Lecomtede Luchesi donne dans le piège, e taprès plu-sieurs sollicitations, entraîne même le maréchalDaun dans la même faute. Celui-c se laisse