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EXAMEN RAISONNÉ
persuader que le roi dirige ses forces contre leflanc droit, qui deviendra le but principal del’attaque, et y conduit sa réserve. Pendantce temps, Frédéric achevait son mouvementde flanc, et les quatre colonnes qui avaientexisté jusqu’à Borna, ayant dépassé ce posteet changé de direction à droite, n’en formèrentplus que deux, qui faisaient les deux lignes deson ordre de bataille, de manière qu’en arri-vant sur les hauteurs entre Lobetintz et Strie-wilz, les troupes n’eurent qu’à faire front ducôté de l’ennemi pour être rangées dans l’ordrede bataille prescrit.
Tous les détails de l’action des trois armes,ainsi que les mouvements de lactique, ont ététous aussi décisifs. L’armée se met en mouve-ment de Borna par sa droite, et prête le flancgauche de la première ligne de bataille à l’en-nemi , le roi se met à la tête de ses troupes lé-gères et côtoie la marche de son armée surune chaîne de tertres qui cachent à l’ennemiles mouvements qui se faisaient derrière. Setrouvant entre les deux armées, il observe celledes ennemis et dirige la marche de la sienne.L’avant-garde engage le combat, une grandebatterie d’artillerie la seconde; pour couvrirson flanc, l’ennemi établit, en arrière de Gohlau,une ligne en potence; cette batterie la prendaussitôt d’écharpe. L’infanterie autrichienneest repoussée, la cavalerie prussienne profitede son désordre, tombe dessus à bride abattue,en sabre une grande partie et fait 2,000 pri-sonniers.
Les Impériaux changent enfin de front, serassemblent sous la protection de Leulhen et yfont avancer leur réserve. Frédéric, loin deleur donner le temps de reprendre haleine,reconnaît Leulhen comme le pivot du mouve-ment, y conduit son infanterie et prend levillage d’assaut, tandis que la cavalerie de, sagauche déborde la droite des Impériaux. LesAutrichiens se reforment aussi bien qu’ils peu-vent le faire, entre Leuthen et Frobelwitz;mais le héros du jour poursuit ses succès avecla même vigueur et la même célérité. Par toutles coups sont redoublés, et les ennemis sontrejetés en dehors sur Lissa. En un mot, la tac-
(i ) Histoire de la guerre de sept ans, tome i,p. 256.
(a) « Le roi (Histoire de la guerre de sept, ans) fit
tique la plus pure, les manœuvres les mieuxcombinées, et une vigueur exemplaire, ontprésidé à chaque moment décisif de cette fa-meuse journée. La gloire semble avoir appeléFrédéric dans les plaines de Leulhen pour dé-cerner à son favori une couronne immortelle.
Mais, à côté d’une tactique aussi savante,combien de fautes graves ne reconnaissons-nouspas dans les dispositions du maréchal Daun.
Avant la bataille, l’armée autrichienne, quiavait pris position entre Nypern et Sagschütz,avait si mal profité de tous les avantages duterrain pour cacher ses troupes aux regards del’ennemi, qu’arrivé entre Borna et Heyde, leroi en fit une reconnaissance détaillée. « On» distinguait si bien de là l’armée impériale,» nous dit-il (î), qu’on aurait pu la compter» homme par homme; sa droite, ajoute-t-il,* qu’on savait à Nypern, était cachée par le» grand bois de Lissa; mais du centre jusqu’à» la gauche rien n’échappait à la vue. » Induiten erreur par son lieutenant sur le vrai pointde l’attaque, le maréchal Daun dirige sa réservesur son flanc droit, et prive son centre, et sur-tout sa gauche, d’un soutien aussi nécessaire.Les hauteurs de Sagschütz couvrent son flancgauche, il y place une forte masse d’artillerie,et, au lieu d’enjoindre à la divisionNadasly dela soutenir et de la défendre jusqu’à la dernièreextrémité, de se porter lui-même sur ce point,et d’y employer toutes les troupes de son flancgauche, il se laisse enlever un poste aussi im-portant. En abandonnant à son ennemi leshauteurs de Sagschütz, il lui fraya le cheminde la victoire. Celte batterie servait de rempartau flanc gauche des Impériaux, aussi nous nevoyons, le général prussien Wedel, prononcerson mouvement offensif qu’au moment où ils’en rendit maître.
L’armée autrichienne ayant changé de front,le village de Leulhen devint le pivot du mou-vement; c’était aussi son unique point d’appui,caria droite était en l’air, la gauche faible-ment appuyée. Pendant que ce mouvements’exécutait, l’infanterie de la réserve, qui de-venait inutile sur les flancs, devait être postéeen masse derrière Leuthen (a). Les flancs du
» avancer le centre de son infanterie sur Leuthen. Le» feu fut vif et court,parce que l’infanterie autrichienne[ » était éparpillée entre les maisons et les jardins. »