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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DES TROIS ARMES.

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village, qui présentaient des modulations deterrain avantageuses pour l’emplacement del’artillerie, devaient aussitôt être garnis parune masse imposante de bouches à feu. Leterrain du flanc gauche étant trop coupé pourque la cavalerie pût y manœuvrer avec aisance,il fallait la rassembler en masse sur le flancdroit entre les villages de Frobclwilz et deIleyde. Sur son flanc gauche, le maréchal Daundevait faire occuper les buissons et le ruisseaude Rathen par l'infanterie légère, qu’il devaitsoutenir par l’infanterie de ligne.

C’est dans ce nouvel ordre de bataille, quele maréchal Daun aurait pu recevoir, avec uncertain avantagé, l’attaque renouvelée de sonadversaire. Son artillerie, placée sur les flancsde Leulhen, aurait foudroyé l’infanterie queFrédéric y dirigea pour s’en rendre maîtresse,tandis que l’infanterie de la réserve, attaquantpar les deux flancs du village, aurait pris lesassaillants en flanc. L’infanterie légère du flancgauche des Impériaux ayant les avantages dela position en sa faveur, soutenue par celle deligne, aurait pu retenir l’impulsion du flancdroit des Prussiens. La cavalerie de la droite,postée sur un terrain qui protégeait ses mou-vements offensifs, se serait opposée au débor-dement du flanc droit, et, supposant même quele maréchal Daun ne fût peut-être pas parvenuce jour à fixer la victoire, du moins sa défaiten’aurait jamais pu être aussi complète.

Bataille de Neerwindcn, livrée le 18 mars 1793.

Un siècle auparavant, ce même champ debataille avait retenti des chants de victoire del’armée française commandée par le duc deLuxembourg, et, cent années plus tard, celledu général Dumouriez y reçut un échec consi-dérable (î).

Les deux armées étaient à peu près égalesen force ( 2 ), mais les deux commandants enchef commirent la faute de prendre des posi-tions trop étendues en comparaison des forcesdont ils pouvaient disposer. Pour ce qui re-garde la perte de la bataille, le général Du-mouriez me paraît beaucoup moins coupable

( 1 ) Les positions des Français et des alliés en 1795,étaient inverses à cciles que les deux armées belligé-rantes ont occupées en 1695.

que les généraux qui commandaient sous sesordres.

D’après la disposition que le général en chefavait donnée, la colonne de l’extrême droite,du général Lamarche, devait se porter entreLandcn et Ohervvinden, et déborder la gauchede l’ennemi, tandis que la seconde, comman-dée parle général Leveneur, devait s’emparerdes hauteurs de la Tombe et attaquer ensuitele village d’Oberwinden. La troisième, sousles ordres du général Neuilly, devait attaquerle village de Ncerwinden par la gauche; laquatrième , commandée par le général Diet-mann, devait assaillir le même village en front;la cinquième, général Dampierre, devait sediriger sur la gauche de la quatrième; lasixième, général Miaszinsky, devait se portersur Necrlanden ; la septième, général Ruault,devait attaquer par la chaussée de Saint-Trond;enfin la huitième, généralChampmorin, devaitse diriger sur Léau.

La marche des colonnes, excepté la huitième,ainsi que les différentes directions que le gé-néral en chef leur donna, étaient parfaitementadaptées au terrain et aux vrais principes dela lactique. Le mouvement de la colonne dugénéral Champmorin, au contraire, en se diri-geant sur Léau, étendait trop le champ de ba-taille, et sa direction divergente devait obligerà sacrifier la profondeur de l’ordre de batailleà la contiguïté des lignes. Cette disposition pa-raît être une suite de l’idée que le général Du-mouriez avait conçue, de faire un mouvement deconversion à gauche, en pivotant sur le pointdeLéau. Comme ce n’était pas cependant le seulmoyen qu’il possédait pour parvenir à son but,il fallait choisir le moins dangereux.

En appuyant son flanc gauche à la petiteGeete , dans la direction d’Orsmael, ce posteserait devenu le pivot du mouvement de con-version , et le château fortifié de Léau auraitpu être occupé comme poste avancé. Pour nepas encombrer le passage du côté d’Orsmael,on devait jeter un pont à Gutzenhoven , quiaurait servi de point de passage à la septièmecolonne (général Ruault), tandis quela huitième(général Champmorin), aurait franchi la Geete

( 2 ) Les Autrichiens comptaient 59,000 hommes sousles armes, et tes Français en avaient 45,000.