318
EXAMEN RAISONNÉ
à Orsmael, et en se mettant à cheval sur lachaussée de Saint-ïrond , devait chercher àoccuper le village de Dormael.
Le poste de la Tombe qui, dominant sur lesvillages de Neervvinden et Oberwinden, prenaitle premier à revers, était d’une importancemajeure. Le général Dumouriez y dirige la se-conde colonne ; le général Leveneur s’en em-pare; mais le général commandant l’aile droite,au lieu de chercher à le soutenir dans cetteposition,l’abandonne à la merci des Impériaux.Le général Leveneur est repoussé, et le posteest repris.
En ne soutenant pas les troupes qui s’étaientemparées des hauteurs de la Tombe, le généralValence, qui commandait le flanc droit, com-mit une faute assez grave. Maître de tout leterrain compris dans l'angle formé par les vil-lages de Neerwinden, Oberwinden et Racour,qui formait une partie du centre et tout leflanc gauche des Impériaux, ces. derniers y di-rigèrent aussitôt une grande partie de leur artil-lerie , et rendirent tout cet espace de terraininabordable. Le feu croisé des bouches à feu,postées à Neervvinden, la Tombe, Oberwindenet Racour, foudroya touL ce qui hasarda des’approcher de l’un de ces quatre postes.
La troisième colonne (général Neuilly), quiavait été dirigée sur Neerwinden, s’en rendmaîtresse, mais, par une inadvertance impar-donnable, le général Neuilly n’y ayant pastrouvé d’ennemis, abandonne ce poste et serabat vers la droile, pour se rapprocher de laseconde colonne. Les Autrichiens réoccupentaussitôt le village. On se battit ensuite pendanttoute la journée, pour reprendre ce que lesgénéraux Valence et Neuilly cédèrent volontai-rement, et on n’en vint cependant pas à bout.La position du flanc gauche et du centre des Im-périaux devint tellement forte, que le généralDumouriez ne parvint plus à les en déposter.
Sur leur flanc gauche, les Français essuyè-rent une déroute complète, et les Impériauxdoivent ce succès à la prévoyance du princede Wurtemberg et à l’inadvertance du généralDumouriez, qui avait trop étendu son aile gau-che. L’infanterie n’y était pas assez rassembléeet ne pouvait, par conséquent, offrir aucunerésistance vigoureuse. Le général Mirandaayant porté son infanterie vers Dormael, y futassailli par celle du général Benjowsky qui
parvint à causer du flottement. Le prince deWurtemberg, s’en étant aperçu, la fit chargerpar sa cavalerie, qui parvint à mettre les deuxcolonnes de Miaszinsky et Ruault dans une dé-route complète, et les força de repasser la pe-tite Geele, ce qui acheva de décider la victoireen faveur des Impériaux.
On remarque dans le courant de celte ba-taille, autant de fidélité aux lois de la lactiqueet de prévoyance de la part du prince de Co-bourg , que de négligence de la part des chefsdu flanc droit et du centre des Français, ainsiqu’une absence totale d’ensemble dans tousleurs mouvements. Des vices pareils ne pou-vaient les conduire qu’à une défaite aussicomplète qu’ils l’ont essuyée.
Bataille de Fleurus, livrée le 26 juin 1794.
Un champ de bataille demi-circulaire deprès de trois myriamèlres d’étendue, occupépar 70,000 hommes; neuf colonnes se bat-tant toutes dans des directions divergenteset sans aucune liaison entre elles, attaquantsans but, rétrogradant sans raison, tels sontles problèmes que le prince de Cobourgoffre à l’analyse du militaire attentif. La ques-tion est épineuse et difficile à résoudre.
Ordinairement, on ne trouve sur un champ debataille qu’un point dont la possession doitdécider de la victoire en faveur de l’un ou del’autre parti; on agit alors en conséquence, oufait de fausses attaques sur tous les points,excepté le point décisif, et on ménage la ma-jeure partie de ses forces pour les employer àpropos sur le vrai point stratégique. Le princede Cobourg, au contraire, trouva sur le champde bataille qu’il avait choisi, quatre points dela même importance, les attaqua tous avec lamême vigueur, et y déploya le même manquede persévérance.
Les trois premières colonnes, commandéespar le prince d’Orange et le général Latour, fu-rent dirigées sur Fontaine-l’Évêque et les boisde Monceaux.
La quatrième, composée de 14 bataillonset 16 escadrons, commandée par le généralQuasdanowich, marclia contre Gosselies.
La cinquième, consistant en 10 bataillaiset 18 escadrons, sous les ordres du prince deKaunitz, se dirigea sur Fleurus.