DES TROIS ARMES.
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La sixième, commandée par le prince Ghar-les, avait reçu la même direction que celle duprince de Kaunitz.
Les trois dernières, commandées par le gé-néral Beaulieu , devaient se diriger sur Lam-bussart.
Ces neuf colonnes, dirigées vers les quatrepoints indiqués, s’engagèrent dans des direc-tions tellement divergentes, qu’elles ne purentjamais se soutenir et furent obligées de livrerdes combats partiels. Si les troupes avaient oc-cupé une position plus concentrée, et avaientpossédé une forte réserve qui pût les soutenirdans les cas épineux, peut-être la victoire au-rait-elle couronné la valeur des troupes autri-chiennes, car nous avons vu que, sur tous lesquatre points, les premiers efforts des Impé-riaux ont été couronnés d’un succès complet,et s’ils n’ont pas pu se maintenir sur aucun,on ne doit en rechercher la cause que dans lemanque de résolution de la part des chefs, etdans celui d’une réserve qui put soutenir lestroupes engagées.
En un mot, le prince de Cobourg a mal ap-précié le terrain sur lequel il se proposait decombattre, n’a observé aucune contiguïté dansles lignes de bataille, a exposé les colonnes àêtre battues partiellement, et ne reçut, par ladéfaite qu’il a essuyée, que la juste punition deses fautes.
Si, sous le rapport de sonétendue, la positionde Jourdan n’était pas exempte de défauts nonplus, du moins, en présentant un ordre de ba-taille convexe, elle offrait aux réserves desmoyens faciles de se porter sur tous les pointsoù leur présence pouvait être nécessaire. Pource qui regarde les différents mouvements destroupes pendant l’action, ils sont, sans con-tredit, dignes des plus grands éloges.
Sur la gauche des Français, le bois de Mon-ceaux venait de tomber aux pouvoir des enne-mis, la division Montaigu se replie en désor-dre, et les vainqueurs s’avancent déjà versMarchiennes-au-Pont,lorsque Jourdan y dirigeKléber. Celui-ci place de fortes batteries surles hauteurs et porte la brigade du général Ber-nadote vers Baymont. Pendant qu’une partiede ses troupes attaque les ennemis de front,il les fait tourner par leur gauche et force lesImpériaux à la retraite.
Dans le centre, le prince de Kaunitz avait
remporté des succès marqués. La divisionChampionnet avait perdu une redoute et setrouvait en pleine retraite, lorsque Jourdan,s’apercevant que son centre fléchissait, s’y porteà la tète de 6 bataillons et 6 escadrons, s’a-vance entre Hépignies et Wagné , y rétablitle combat, et parvient à se maintenir avec pré-pondérance.
Sur le flanc droit aussi, la division françaisedu général Marceau avait été répoussée par lescolonnes de Beaulieu, et malgré le secours quele général Lefèbvre lui porta, ces troupes se se-raient difficilement retirées de l’échec qu’ellesvenaient de recevoir, si le général Jourdan,qui observait tous les mouvements de l’ennemi,n’y eût porté la réserve, commandée par le gé-néral Hardy. II parvint de cette manière à ar-rêter les progrès de ses adversaires qui, sur cepoint aussi, abandonnèrent le champ de ba-taille au pouvoir de leurs ennemis.
Bataille de Rivoli , livrée le 14 janvier 1797.
Le système de mouvements concentriquesde lactique, sur un terrain étendu, dans l’idéed’envelopper son ennemi, paraît, à l’époquedont nous parlons, avoir pris un ascendant siimpérieux sur les généraux autrichiens, que,sans égard aux difficultés du terrain dont lesnombreux accidents doivent être d’une grandeinfluence dans ces sortes de mouvements, lesImpériaux croyaient sans doute que c’étaientsur eux que reposaient le gain des batailles. Ladéfaite du prince de Cobourg à Fleuras, défaitequ’on ne peut attribuer, comme le lecteur vientde le voir, qu’à l’idée vicieuse que le princeconçut, en faisant occuper à son armée un ter-rain trop étendu en comparaison des forcesdont il disposait, parait n’avoir eu aucune in-fluence salutaire sur le général Alvinzy; car,à la bataille de Rivoli, la même idée paraîtavoir servi de base aux dispositions. Aussi re-marquons-nous les mêmes fautes et les mêmesrésultats funestes.
Alvinzy partagea son armée en six colonnes,dont la première, commandée par le généralLusignan, se dirigea par Lumini et Affi, sur lomont Popolo; la seconde, sous les ordres dugénéral Liptay, devait attaquer les hauteurs deZoana etTrombalora; la troisième, commandéepar le général Koblos, fut dirigée sur San-