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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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EXAMEN RAISONNÉ

Martin et les hauteurs de San-Marco ; la qua-trième , commandée parle général Ocskay, de-vait gravir le Monlebaldo et se réunir à latroisième colonne ; la cinquième, sous les or-dres du général Quasdanowich, devait longerla rive droite de l’Adige, déboucher par Osle-ria et attaquer le flanc droit des ennemis; en-fin la sixième, commandée par le généralWukassowich, en longeant la rive gauche del’Adige, devait se porter sur la Chuisa.

Les differentes colonnes, comme à Fleurus,s’avançaient en demi-cercle, et la distance despoints d’attaque des colonnes de l’extrêmedroite à l’extrême gauche, était de quatorzekilomètres d’étendue. A l’espace démesuré quiétait entre les colonnes, la nature ajouta plu-sieurs difficultés qui rendirent la corrélationentre les colonnes presque impossible, et enassujettit une grande partie à des combats par-tiels et désavantageux, en les mettant en butteà des efforts d’une masse concentrée.

11 paraît que tout le plan d’attaque du gé-néral Alvinzy et l’heureuse issue de la journée,reposaient sur le mouvement de conversion dela colonne du général Lusignan. Il faut donccroire que le général Alvinzy ne prit pas dutout en considération qu’en partant de Lumini,se dirigeant par Pezzena et AfH sur le montPipola, cette colonne devait franchir un espacede plus d’un myriamètrc d’étendue, que lemouvement se faisait à une distance de près detrois kilomètres de l’extrême droite, n’étaitpas en corrélation avec celle-ci, et, dans unmoment épineux, ne pouvait pas être soutenupar les troupes du général Liptay.

Pendant qus les cinq dernières colonnes desImpériaux se battaient sur le plateau de Ri-voli, la colonne isolée du général Lusignanétait déjà paralysée dans sa marche par les18 e et 73 e demi-brigades, que Bonaparte en-voya successivement à la rencontre des enne-mis , et qui leur vendirent cher les postes deCalcina et des hauteurs de Tiffaro. S’étant em-paré du mont Brunisi, Lusignan s’avance parla crête du mont Pipolo; mais Bonaparte dé-joue bieutôt tous ses projets. Il envoie de nou-veau les 18 e et 75 e , qu’il soutint par unebatterie de 12, s’oppose au mouvement desImpériaux, qui furent écrasés par cette artil-lerie. Pour comble de malheurs, pendant queLusignan était tenu en front par les généraux

Brune et Monnier, le général Rey débouched’Orza et se porte à dos de celte eolonne isolée.Elle fut bientôt désorganisée et obligée demettre bas les armes.

Si, au lieu d’entreprendre un mouvement deconversion d’une aussi grande circonférence,en débouchant de Pezzena, le général Lusignans’était porté sur Ceredolo, en s’étendant par sadroite vers Gasuoli, il serait parvenu à me-nacer, non les derrières, mais le flanc gauchedes ennemis. Son mouvement en front l’auraitmené alors dans le flanc des hauteurs de Zoanaet Trombalora, qu’il pouvait si aisément prendreà revers. Ce mouvement, combir.é avec celuides troupes du général Liptay, qui furent di-rigées vers les hauteurs de Zoana, aurait rap-porté un double avantage : 1° en poussantdevant eux les troupes du général Lebley, lesgénéraux Lusignan et Liptay les acculaient àl’Adige; 2° en se dirigeant sur Ceredolo, legénéral Lusignan resserrait le champ de ba-taille des Impériaux de plus de huit kilomètres ,ce qui aurait rendu les attaques de l’extrêmedroite plus concentriques et plus décisives.

Arrivé sur le champ de bataille, le généralBonaparte enjoint au général Lebley de re-prendre les hauteurs de Trombalora, porteaussitôt son flanc droit vers San-Marco, soncentre vers les hauteurs de Ravina, et placesa gauche sur celles de Trombalora et de Zoana.

Les Impériaux s’ébranlent sur tous les points;la droite vers les hauteurs de Zoana , le centredans la direction de Mulole, la gauche danscelle d’Incanale ; mais comme l’action de toutesles colonnes qui formaient l’ordre de batailleétait une action isolée, car il n’existait ni sou-tien, ni réciprocité entre les troupes, les Im-périaux n’essuyèrent que des revers sur tousles points. Le général Liptay attaqua les hau-teurs de Trombalora ; il parvint même à faireplier les 29 e et 83 e , lorsque Bonaparte, aper-cevant le danger, y dirigea la 32 e qui redressabientôt l’échec, et ces troupes combinées par-vinrent à rétablir l’équilibre. Au centre, lestroupes de Koblos se portèrent vers Mu tôle;mais la 14 e , qui avait occupé les hauteurs de-vant ce poste, s’y maintint avec une fermeté di-gne de servir d’exemple. Sur le flanc gauche,Quasdanowich se rendit maître des retranche-ments d’Osleria, et ayant rejeté la 39 e qui lesdéfendait, s’apprêtait à déboucher parlncanale,