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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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MÉMOIRE

Après ce premier succès, les maréchaux Ber-nadette et Soult gagnèrent du terrain dans ladirection de Blasovitz et Krzenovitz et forcè-rent la droite, qui avait trouvé dans les corpsde Lannes et de Murat des ennemis formida-bles, d’abandonner précipitamment sa positionentre Dvvoroschna et Krug.

Le flanc droit du prince Bagration étantassez rapproché des troupes qui combattaientà Blasovitz et Krzenovitz opéra, quoiqu’avecperte, sa retraite sur Krzenovitz; mais il enfut autrement de la gauche. S’étant engagéedu côté de Fellnitz, elle se trouva trop avancéepour suivre le mouvement rétrograde du cen-tre , fut coupée, et devint la victime principaledes efforts de l’armée française. Nous ne par-lerons pas de son sort déplorable, qui n’estque trop connu.

A la journée d’Aspern, l’archiduc Charlesavait resserré le champ de bataille de son en-nemi en se rapprochant de la Lobau. Napoléonvoulu 7 , à peu près, au début de l’engagement,se débarrasser d’un voisin aussi importun, enfaisant une brèche dans le centre des lignesautrichiennes.

Il fait avancer 12 régiments' de cuirassiers,qui déploient entre Àspern et Essling, et quise jettent à bride abattue sur les corps de IIo-henzollern et de Bellegarde. Deux régiments decavalerie (Klénau et Vincent), appartenant àces deux corps, sont mis en fuite; mais l’in-fan teiie fait bonne contenance. Formée en co-lonne de bataillon, elle résiste aux chocs réitérésde la cavalerie française, et, par des feux biendirigés, parvient à y faire naître du désordre.Le trouble se propage dans cette masse devenueinforme; l’infanterie autrichienne en profite,l’attaque à la baïonnette, et parvient à la faireplier. Les régiments Klénau et Vincent, quis’étaient réorganisés, se mettent à la poursuitedes cuirassiers rétrogradants, augmentent,par leur charge, le désordre qui s’y était ma-nifesté, et finissent par les rejeter sur leurpropre infanterie, qu’ils entraînent dans leurfuite.

(i) L’attaque a-t-elle été faite dans cet ordre? Na-poléon a-t-il pu se rendre coupable d’une faute aussigrave? Je suis prêt à en douter. Quoi! 8 bataillonsdéployés en première ligne, soutenus par 13 autressur les flancs ; et c’est avec ce front mince, incapablede franchir un espace de 200 toisses, sans flotte-

A la suite de ce succès, l’archiduc fit fairel’assaut d’Aspern, dont le général Vacquant serendit maître, et où il se maintint pendant toutela durée de l’action. Nous savons de quelle im-portance la possession de ce village a été pourl’heureuse issue de la journée.

A Wagram, Napoléon y fit précéder l’attaquesur le flanc gauche de l’armée autrichienne parune autre sur le centre. A cet effet, il renforçaMasséna par le corps de Macdonald, par la ca-valerie de Nansouty et les gardes à cheval, etleur adjoignit 100 pièces de canon.

Lauriston établit sa grande batterie contreles troupes qui défendaient Aderklaa. Le feudevenant très-meurtrier, le prince Lichtensteinfit reculer sa droite en pivotant sur sa gauche,tandis que les troupes françaises, destinéespour le choc décisif, se mirent en mouvement.

Quant à la formation de la masse offensive,je répéterai ici ce que le général Jomini nousen dit dans la Vie politique et militaire de Na-poléon (tome in, page 272).

« Le feu gagnait vivement au delà de Neu-» siedel ; c’était pour moi le gage de la victoire.» Je fais dire aussitôt à Masséna de reprendre» l’offensive, et je dispose tout pour frapper» le grand coup.

s A la faveur de ces attaques, et du dévoù-t ment de nos canonniers, Eugène a terminé> son mouvement. Je forme aussitôt une» masse redoutable, dont Macdonald prend las tète : 8 bataillons sont déployés, 13 autresi se forment en colonnes serrées sur les deux» ailes; derrière eux marcheront Wrède et» Serras; la cavalerie légère et les cuirassiers» de Nansouty viendront couvrir les flancs;» Durette les secondera à gauche , et Pachtods 5 droite, entre Aderklaa et Wagram; Mar-» mont et les Saxons soutiendront l’armée d’I-» talie un peu à droite de Wagram (i). *

Quant aux succès de cette tentative, ils ontété nuis, puisque l’attaque a été repoussée.

Je ferai parler ici le général Valentini, té-moin oculaire de ces faits ; il nous en a donnéla description dans son ouvrage sur la campa-

ment, sans désorganisation et tout à fait improprepour le choc, qu’il se proposait de frapper le grandcoup! Quelle illusion, ou plutôt quelle erreur! J’aimemieux ne pas y croire, que de couvrir du moindreblâme une disposition de haute lactique de ce grandhomme.