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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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SUR L’ARTILLERIE.

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gne de 1809 (page 200), et a eu la complai-sance de me raconter ce fait, lors démon séjourà Berlin en 1832.

« Le maréchal Macdonald s’avança sous la» protection d’un feu meurtrier, contre le flanc» droit des grenadiers et la gauche de Kollo-» wrath, avec une colonne d’attaque composée

> d’infanterie et de cavalerie. Nous avons vu» plus haut que les grenadiers étaient formés» en une seule ligne. Le prince Lichtenstein» vit bien qu’un front si mince ne résisterait» pas à la colonne profonde des ennemis, et re-» tira sa droite vers Süssenbrun. Il échappa» ainsi au choc de ses adversaires, et les exposaj au feu croisé de son artillerie et de celle du

> troisième corps d’armée.

j Les colonnes françaises s’avançèrent cepen-» dant jusqu’aux lignes autrichiennes, qu’elless espéraient rompre dans le point de jonction» des grenadiers avec les troupes de Kollowralh;» mais elles furent assaillies par un feu meur-

> trier que les Impériaux ménagèrent jusqu’à» la distance de cent pas, et échouèrent ainsi» dans leur tentative.

» La cavalerie française ne fut pas plus heu-» reuse dans ses mouvements offensifs ; car l’in-» fanterie autrichienne avait appris, à Àspcrn,» l’art de résister à ses attaques.

» Après ces échecs, les troupes françaises se» replièrent derrière leur artillerie, qui rédui-» sit son action à une simple canonnade. »

Un dernier exemple, que je présenterai aulecteur, sera celui de la bataille de Borodino.Il s’offre même dans un sens plus étendu, carl’attaque que Napoléon dirigea contre le centrede position des Russes, a été faite sur tout l’es-

(î) Le général Pelet, dans sa relation de la bataillede la Moskova (Spectateur militaire, torn.viu, p. 105),désigne, comme étant notre gauche, l’emplacementde la division Vorontzof, ce qui n’est pas juste. Il a ou-blié apparemment que, depuis le matin, Touczkof oc-cupait Outitsa avec les divisions Konovnitzin et Stro-gonof, et qu’au moment où Boggohufvvudt et Oster-mann furent appelés vers la gauche , la droite nes’étendit pas à plus de 100 toises au delà de Gorki.En prenant maintenant le compas, et en mesurant lesdistances sur le plan, il sera aisé de se convaincre qu’a-vant le déplacement des corps , le centre était là où setrouvait la division du général Paskévitch, et plustard, entre les redans et la grande redoute.

( 2 ) Actuellement maréchal et prince de Varsovie.

fs) Le prince de Varsovie a bien voulu me cornmu-

pace qu’occupait cette partie de l’ordre de ba-taille ( 1 ),c’est-à-dire, depuis les redan.s élevésau sud de Séménovskoïé , défendus par les di-visions Vorontzof et Névérofskoï, jusqu’à lagrande redoute au nord de ce village, oùse trouvait le général Paskévitch ( 2 ) avec la26 e division.

Compatis et Desaix attaquèrent les redans;Friant et Claparède Séménovskoïé; Morand,la grande redoute. Les premiers sont enlevéset repris par les Russes ; le village résiste auxefforts des adversaires; la grande redoute suc-combe sous l’attaque de Morand. Mais le géné-ral Paskévitch, ayant rallié ses troupes, lespartage en deux parties, prend, en personne, lecommandement de la droite, donne celui de lagauche au colonel Savoïny, se jette sur lesdeux flancs de la division Morand, qui avaitpris position des deux côtés de l’ouvrage, obligeson ennemi à rétrograder, et s’en rend de nou-veau maître.

En suivant avec attention les différents mou-vements de celle bataille, nous verrons quel’engagement le plus opiniâtre, de presque latotalité des forces agissantes des deux armées,a eu lieu sur un espace de 1,000 toises, c’est-à-dire, depuisle redan gauche jusqu’à la granderedoute ; les Russes venant à temps au secoursdes points pris ou menacés, parvenaient à lesreprendre ou à les conserver. Les Françaisfirent de vains efforts pour percer nos lignes,et si même vers la fin de la bataille, ils s’empa-rèrent de Séménovskoïé, des redans et de lagrande redoute, les Russes n’y perdirent quequelques pouces de terrain; mais le grand mal-heur, la rupture du centre, a été prévenu (- 1 ).

niquer son avis sur l’ensemble de l’attaque de Morand :Si les Français, m’a-t-il dit, avaient commencé pardiriger 40 à 50 pièces de canon contre mes régiments,qui ne pouvaient leur en opposer que 12 à 15, s’ilseussent cherché à nous entamer par leurs projectiles ,et que Morand eût fait son attaque à la suite de ce pre-mier succès, il est probable que ma division , qui n’é-tait soutenue par aucune autre troupe, eût succombésous le poids de ce double effort.

Une partie du centre étant rompu, le vice-roi, quiavait encore deux divisions (Girard et Broussier), auraitpoussé vers Knioskovo, et, soutenu par le corps deJunot, qu’on aurait pu employer dans cette direction ,il aurait fini par séparer les ailes. Aussi, y a-t-il du vraidans ce que nous dit le général Pelet dans la relationdéjà mentionnée: t Morand atteint le pied de la re-