SUR L’ARTILLERIE.
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mouvement offensif qui se prononcerait avectrop d’impétuosité ;
2° Elle protège le déploiement des troupes ;
3° Leur mouvement rétrograde;
4° Elle fait naître du flottement dans les lignesennemies, et facilite l’action des autres armes;
5° Enfin, elle augmente la force impulsivedes troupes assaillantes.
Fort de mon expérience, acquise pendant lacampagne de Pologne, et nommément à l’assautde Varsovie, j’ajouterai une sixième propriété,qui est la base de mon travail actuel, et quiconsistera à
6° Mutiler les bataillons et préparer l’actiondes autres armes, de manière à leur faciliterla rupture du centre des lignes de bataille quiinterrompra leur liaison tactique, et sera lepréliminaire d’une défaite complète.
Le rôle de l’artillerie se réduisait, jusqu’àprésent, à fait naître du flottement dans les li-gnes ennemies, dont on profilait pour gagnerquelques pouces de terrain. Ici le problèmes’offre sous un aspect plus compliqué, car il nes’agit pas moins que de faire sur un des pointsde la ligne ennemie, non une de ces brèchesdont on prévient le fâcheux inconvénient enfaisant avancer dans la trouée un oudeuxbatail-lons tirés de la réserve, et vers laquelle aucunmouvement offensif décisif ne peut se pronon-cer ou reste sans effets ; mais une de ces brè-ches qui dégarnissent assez la partie compro-mise pour pouvoir l’attaquer avec succès, pourinterrompre la contiguïté des lignes, désunirles masses qui les forment, et leur ravir cet ac-cord tactique sans lequel une armée ne sauraitse maintenir longtemps en position.
Le rôle que j’impose à l’artillerie est sansdoute aussi glorieux que difficile, et repose surplusieurs éléments qui forment la base de sessuccès, et qui sont : ses propriétés, son éduca-tion et son emploi dans les batailles.
Pour ne pas me mettre dans la nécessité de
(Ô Ayant donné mes idées sur l’éducation de l’artil-lerie ( Examen raisonné), j’avertis le lecteur que, pour
répéter des choses sur lesquelles j’ai donné degrands développementsdans mon Coursde Tac-tique, je ne dirai que quelques mots sur lesdeux premières thèses, en me réservant dem’arrêter plus longtemps sur la troisième.
En méditant sur l’éducation de l’artillerie,je mettrai en première ligne de sa perfectionle tir et la vélocité des mouvements. La célé-rité avec laquelle les canonniers chargeront etdéchargeront leurs pièces, la justesse avec la-quelle ils sauront pointer, et la vivacité quiprésidera à tous les mouvements, formeront leséléments les plus importants de cette partiede leur exerice (î).
Que les chefs ne négligent pas d’accorder autir toute l’attention qu’il mérite, et n’oublientpas que le sort d’une bataille et celui d’unenation peuvent souvent en dépendre. Ce sontdes circonstances trop graves pour les jugerlégèrement, et on commettrait un crime delèse-patriotisme en les sacrifiant à quelque autreconsidération moins majeure.
Quant à l’emploi de l’artillerie, celui-ciexige des développements plus étendus, quidevront être en proportion avec le rôle impor-tant que j’impose à cette arme.
Je le considérerai sous plusieurs rapports,qui seront :
1° Le partage de l’artillerie dans les lignesde bataille ;
2° Les positions qu’on lui fera prendre ;
3° Le rassemblement des pièces en grandesmasses.
4° Le but tactique qu’on leur assignera.
C’est du talent avec lequel on remplira cesconditions que dépendront les succès de l’ar-tillerie , et que nous pourrons exiger d’elle lechangement qu’elle est appelée à produire.
La gravité des conséquences ajoute ordinai-rement à l’importance du principe, et m’im-pose le devoir de consacrer à chacun de cesquatre sujets un article séparé.
le cas qui fait le sujet de ma discussion , je l’envisagecomme portée au plus haut point de perfection.