SUR L’ARTILLERIE.
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tières. Pour éviter cet inconvénient, nous ap-prêterons une niasse de troupes fraîches sur lepoint où le mouvement offensif devra se pro-noncer. C’est la réserve qui nous la fournira,et le commandant en chef fera relever d’avancela portion des troupes des lignes de bataillepar celles qu’il aura désignées pour porter legrand coup.
Quant à leur action, nous l’envisageronssous deux rapports essentiels :
1° Sous le rapport du choix de l'arme qu’onemploiera pour le choc ;
2° Sous celui de l’ordre de bataille danslequel la troupe sera formée.
Pour le premier cas, il s’agit de savoir sic’est avec de l’infanterie, avec de la cavalerie,bien avec les deux armes combinées qu’on devrapoursuivre son succès.
En se représentant l’étal de désorganisationdes troupes qui ont été victimes de l’effet des-tructeur de notre artillerie, la réponse laplus simple serait de dire : Jetez une grandemasse de cavalerie dans la trouée, et achevezde mettre tout en déroute.
Rien de plus naturel que de le supposer;voyons cependant si l’exécution est aussi fa-cile que le principe parait vrai. Recherchonssi, par un moyen pareil, on ne s’expose pas àquelque autre danger; si on remplit complè-tement toutes les conditions du problème, eten mettant les différentes chances en balance,décidons à quoi un général en chef doit serésoudre dans une occurrence pareille.
Ne perdons pas de vue que, pour tirer profitde l’avantage obtenu par l’artillerie, il fautemployer une grande masse de troupes; cars’engager avec quelques bataillons et quelquesescadrons dans un mouvement offensif qui doitdécider d’une grande bataille, ce serait remet-tre volontairement en question une chose àdemi décidée. J’ai dit plus haut que la massedésignée pour porter ce qu’on appelle le coupde collier, devra être préparée d’avance; sinous employons de l’infanterie, il n’y auraqu’à rechanger les bataillons fatigués par d’au-tres tirés de la réserve, les ranger dans l’ordrele plus propre pour le mouvement et pour lechoc, cl les faire avancer au moment où l’ar-tillerie aura fini son rôle.
Le grand avantage de celte mutation , c'estqu’elle ne porte aucune atteinte à l’ordre de
bataille, mais au contraire le renforce enrelevant l’infanterie fatiguée par une autreplus fraîche. On reste fidèle aux règles de lagrande tactique , qui ne permettent pas d’in-tercaler dans les lignes de grandes masses decavalerie, et on acquiert non-seulement lafaculté de porter un grand coup, mais aussicelle de s’opposer aux tentatives de désespoirque l’ennemi voudrait faire pour échapper aumalheur qui menace son armée.
Si, au contraire, nous nous décidions en fa-veur de la cavalerie, il y aurait plusieurs pré-liminaires à observer dont nous allons nousoccuper, et qui nous indiqueraient jusqu’àquel point le choix de celte arme est accep-table pour la formation de notre masse offen-sive.
Dans cette hypothèse, il sera indispensablede faire rétrograder l’infanterie qui occupe leterrain, vis-à-vis du point où la brèche sefait, d’y placer une grande masse de cava-lerie et de faire à l'ordre de bataille une mu-tation condamnée par les lois de la sciencemilitaire.
Les raisons qui ont porté les grands tacti-ciens à prononcer l’anathème sur l’intercala-tion de la cavalerie dans le centre des lignesde bataille, sont assez péremptoires pour qu’onsoit d’un avis contraire. Premièrement, c’estune arme qui ne livre pas de feux et qui inter-rompt la contiguïté de ceux de la premièreligne ; secondement, elle est purement offen-sive ; elle va chercher au loin ses lauriers etn’est pas susceptible de défendre une position,à moins que ce ne soit contre la même arme,de manière que, engagée dans quelque grandmouvement, elle abandonne son poste, oubien en succombant sous l’attaque de son en-nemi, elle laisse dans les deux cas un videpernicieux, qui peut devenir le préliminaired’une défaite.
Prenons l’histoire pour guide , et nous nousconvaincrons facilement que, depuis que latactique a été perfectionnée, les annales mili-taires ne nous livrent pas un seul exempled’une grande masse de cavalerie formant lecentre des lignes de bataille.
Si le lecteur m’objecte que dans un momentpareil à celui que nous discutons, il ne s’agitplus de feux, mais d’un simple mouvementoffensif, prononcé avec vigueur, je lui répon-