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MÉMOIRE
drai : qu’en fait de science surtout, il ne fautjamais interpréter les choses autrement qu’el-les ne le sont ; parce- que cette interprétationpourrait être avantageuse.
Une considération très-importante sur la-quelle j’attirerai l’attention du censeur, c’estque la question, dans sa nature, n’est pas sim-ple, mais compliquée. Elle doit se partager endeux parties, dont l’une comprendra la désor-ganisation définitive de l’ennemi qui défendcette portion de terrain où la brèche aura étéfaite; tandis que la seconde traitera de l’occu-pation de la position abandonnée et des mou-vements offensifs ultérieurs.
Celle seconde partie de problème ne se ré-soudra probablement que par les feux de l’ar-tillerie, et peut-être même par ceux de l’infan-terie; et, pour être conséquent, il ne faut pasabandonner à l’oubli aucun des incidents quipeuvent influer sur l’heureuse issue de l’entre-prise. Une attaque de cavalerie ne décideraitqu’une fraction du but, et, pour l’atteindrecomplètement, il faudra que l’infanterie soitaussi mise en action , car c’est l’arme qui oc-cupe et défend le mieux les positions.
D’un autre côté, gardons-nous bien de tom-ber dans l’exagération , et n’oublions pas que,si nous sommes parvenus , par l’intention denos feux, à préparer une brèche, ce n’estqu’une trouée faite sur un point des lignes debataille , et non une armée désorganisée et enfuite.
Celte désorganisation , cette fuite, buts denos désirs, peuvent avoir lieu une fois quenous séparerons les deux ailes et que nous lesrejetterons dans des directions excentriques;mais il faut, pour cela, commencer par se ren-dre maître du terrain neutralisé et s’y mainte-nir , et plus tard, marcher en avant, pourrompre tout à fait le contact entre les flancs,comme Soult l’a fait à Austerlitz.
La simple occupation des hauteurs de Prat-zen a-t-elle été le principe des grands résultatsque nous offre celle bataille? Je ne balancepas un instant pour répondre négativement.Les désastres ont été amenés par les mouve-ments des maréchaux Bernadotte et Soult versBlasovitzetVirzenovitz. Si, au contraire, leurstroupes étaient restées stationnées à Girziko-vilz et Pratzen , quoique les alliés eussent étéobligés d’abandonner le champ de bataille,
leur retraite n’aurait jamais pu être aussi dés-ordonnée ; il est même à présumer qu’ils au-raient été encore assez en force pour livrerun autre combat à outrance quelques joursaprès, dont l’issue restera un problème sanssolution.
Ce serait aussi tomber dans une grave er-reur, que de croire que l'ennemi restera spec-tateur inactif de la défaite de son armée et nefera rien pour remédier au mal. Je suis loinde le taxer d’une indifférence pareille, et, per-suadé du contraire, voici ce que je suppose: :
À l’approche du moment où les troupes deslignes de bataille, foudroyées par nos projec-tiles , deviendront vacillantes, l’ennemi feraavancer sa réserve pour soutenir le point me-nacé. Il s’agira donc : 1° De combattre lestroupes qui viendront au secours de la positionattaquée, et 2° une fois qu’elles seront vain-cues, de prendre possession du terrain battupar notre artillerie.
interrogeons les préceptes de la grande tac-tique, et voyons quelle est dans un momentpareil la chance la plus avantageuse? C’est,sans contredit, celle de tomber à corps perdusur les troupes déjà mutilées pour les rejetersur celles qui arrivent de la réserve, et depropager la confusion dans les unes commedans les autres. La désorganisation des pre-mières ne peut mieux s’effectuer que par unecharge vigoureuse de cavalerie, et je m’y dé-cide. Tout dépendra (le l’ulilisation du mo-ment, et c’est ici que l’œil du chef ne sauraitêtre assez rapide pour le reconnaître; qu’ilfasse avancer aussitôt une masse de cavaleriequi tombera sur les bataillons désorganisés etles rejettera sur ceux qui viendront les se-courir.
Quant à la tâche tout aussi importante d’oc-cuper la position abandonnée et de,séparer lesailes, en poursuivant ce mouvement offensif,nous l’imposerons à l’infanterie soutenue parl’artillerie.
Dès que la brèche sera préparée, la massedestinée pour le choc sera donc composéede trois armes, d’infanterie, de cavalerie etd’artillerie; et nous allons nous occuper del’ordre de bataille dans lequel elles serontrangées.
Je proposerai de former l’infanterie encolonnes par bataillon, sur le centre et en