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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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SUR L'ARTILLERIE.

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trois lignes, en les plaçant à distance de dé-ploiement l’un de l’autre, c’est-à-dire, à 230pas. La cavalerie composée de cuirassiers,parce qu’il ne s’agit pas d’escarmoucher, maisde rompre et désorganiser, sera en colonned’escadron par petite masse de trois escadrons,que nous placerons derrière les intervalles dela seconde ligne. La réserve d’infanterie seplacera sur les flancs derrière la cavalerie.L’artillerie restera dans la position qu’elle oc-cupera pendant le combat.

Le dessin qui suit exposera mieux cette for-mation (î) et mon idée.

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J’ai voulu donner à ces troupes une forma-tion conforme à leur rôle, c’est pourquoi jeles ai rangées dans un ordre de bataille quipossède tous les éléments de l’indépendance,afin qu’il réponde à tous les cas et obvie àtous les inconvénients. Je veux avoir, en unmot, une masse à l’instar de celle des maré-chaux Bernadolte et Lannes à Austerlitz, maisrangée différemment et pour cause ( 2 ).

Mes troisièmes lignes d’infanterie et de ca-valerie formeront ma réserve, qui compléterale succès ou réparera un désastre.

J’ai préféré placer mes 16 bataillons deréserve derrière les flancs de la masse atta-quante , pour pouvoir en protéger les ailesdans le cas où l’ennemi voudrait paralyser son

(U 1 1 -1 Infanterie, œaa»cavalerie.

(i) Le général Mathieu Dumas, dans son Précisdes événements militaires, nous dit que Napoléonporta la plus forte masse de sa cavalerie entre Pralzenet lîlasovitz, qu’il la fit soutenir par 4 divisionsd’infanterie des maréchaux BernadoUe et Lannes,le tout rangé dans l’ordre suivant : l’infanterie surdeux lignes, dont la première en bataille, la secondeen colonne par bataillon ; la cavalerie légère en avantdu front, protégée par l'artillerie ; la grosse cavalerie

mouvement offensif, en manœuvrant contre ladroite ou contre la gauche. De cette manière,je me réserve la faculté de porter une masserespectable d’infanterie sur le point menacé etd’avoir dans les deux directions assez d’élé-ments offensifs pour m’opposer à toutes lestentatives de mon ennemi.

Cette réserve de 16bataillons, placée der-rière les flancs, m’offre aussi la possibilité dela faire avancer simultanément avec les esca-drons de la cavalerie, si la nécessité l’exige,pour couvrir son mouvement offensif, en meservant de celte réserve comme d’un échelonavancé qui sera un soutien ou un secours.

Quant au nombre des troupes qui formerontla masse attaquante, il pourra augmenter oudiminuer d’après la grandeur de la brèche. Les32 bataillons et les 27 escadrons ne sont iciqu’un exemple et non une règle sans excep-tion. Un général en chef a-t-il une plus grandemasse de cuirassiers à sa disposition, rien nelui ravit la faculté de les utiliser, en augmen-tant la profondeur des colonnes de la cavalerie.

Dès que les troupes destinées pour le chocse mellront en mouvement pour occuper laposition désignée, je proposerai de faire avan-cer la cavalerie en tête des bataillons qui relè-veront ceux des lignes de bataille : attaquantla première, il est juste que la cavalerie prennesa position d’avance. L’engagement des batail-lons n’étant qu’une conséquence de celui descuirassiers, il est juste que ceux-ci soientdéjà sur place, pour ne pas laisser échapper lemouvement opportun.

A l’instant du choc, celle cavalerie s’avan-cera à travers les intervalles des bataillons, etpendant que les escadrons de la première lignechargeront, les suivantes formeront la réserveet se placeront derrière la première ligne d’in-fanterie. La seconde ligne de la cavalerie semettra en mouvement dès que la première en

formée sur plusieurs lignes en arrière de l’infanterie.

Le grand défaut de la formation de la première ligneen bataille est le même qu’à Wagram, sur quoi j’aidéjà exprimé mon sentiment. Je ne trouve même au-cune nécessité d’assujétir celte infanterie à un désavan-tage aussi palpable, car si le cas se présentait qu’ilfallût avoir en première ligne des bataillons rangés enbataille, je les fais déployer par les deux lianes, et uneminute suffit pour le faire.