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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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HISTOIRE

che de Kray, et le contraignit conséquemmentà la retraite. Moreau, en personne, resta enarrière avec la réserve, pour mieux diriger cegrand mouvement : c’était sa vraie place.

Sur ces entrefaites, l’on vit sortir de Mayenceun corps commandé par le général Sainte-Su-zanne. 11 s’engagea aussitôt une escarmoucheavec les avant-postes mayençaiset autrichiens,sans aucun résultat.

Les Allemands avaient une ligne retranchéesur la Nidda. Les Français l’attaquèrent le len-demain, et ayant pénétré par Bockenheim etRoedelsheim, la ligne se trouva coupée, etles Allemands se retirèrent vers Francfort. LesFrançais investirent cette ville après le combat,et lui imposèrent une contribution, pour avoirdonné passage aux troupes mayençaises.

Il y eut encore quelques actions dans cellepartie, mais l'arrivée d’un courrier qui apporta,le 17 juillet, la nouvelle d’un armistice, mil finaux hostilités.

Le but de celte expédition de Mayence pa-raissait être de s’emparer de la Franconie, quipromettait une riche moisson de contributions.Sous ce rapport, elle était fort bien calculée,mais, sous ceux de la stratégie, il se présentaitde grandes difficultés. D’ailleurs, ce corps étaitbeaucoup trop faible ; il ne passait point 8 à9,000 hommes.

Il est très-facile de couper un ennemi qui seporte de Mayence à Francfort; mais il faudrait,pour cela, que la ligne de démarcation établiedans la guerre de la révolution, ne gênât pointles mouvements vers le nord.

Vers le sud, ou du côté du Mein, se présen-tent de plus grands obstacles. Il faut passercette rivière pour se mettre au dos de l’en-nemi; opération très-hasardeuse, quand on n’apoint la faculté de se retirer au nord dans lesmontagnes, et sur Koenigstein, en cas d’échec.Cette retraite était libre, lorsque Cuslines, en1792, était sur la Nidda; il aurait dù êtrecoupé, et n’a pu échapper que par une grandefaute de son adversaire.

La diliculté de pénétrer de Mayence enAllemagne, provient de ce qu’il faut agir ex-centriquement ; et, pour peu que l’ennemi en-tende son métier, il se montre bientôt sur lesflancs et à dos.

Le détour que fait le Rhin à Mayence, en sejetant tout à coup à l’ouest, en est la cause.

En raison de cette courbe, l’ennemi se trouvemaître de la circonférence.

Mais nous avons encore à rendre compte dequelques événements entre les deux grandesarmées, avant la conclusion de l’armistice.

Le 9 juillet, les Impériaux furent délogésde Landshut. L’archiduc Ferdinand plaça quel-ques bataillons en avant du pont, mais ilsfurent battus, en abandonnant des canons etdes prisonniers.

La surprise de Donawerth par le comte deMicr, qui y prit la boulangerie de campagnedes Français, et fit aussitôt détruire les retran-chements qu’ils avaient élevés au Scliellenberg,est encore une nouvelle preuve de l’utilité despartis volants.

Au lieu de se retirer de l’Iser sur Passau etle Danube, ce qui aurait ouvert l’Autricheaux Français, le général Ivray se dirigea versles environs de Braunau, dans la Bavièreméridionale : c’est ce que lui conseillait laprudence.

Le prince de Reuss, au commencement dejuillet, fit quelques démonstrations du Tyrol,à dos de l’armée de Moreau, et les Françaisrenvoyèrent aussitôt un corps sur le Lech. Legénéral Lecourhe marcha, avec trois divisions,contre le prince de Reuss, qui, outre le corpsde Condé, avait reçu des renforts considé-rables.

Le pas d’Ehrenberg près de Reuti, Scliar-nitz, et le passage de Kufstein, sont les seulspoints par lesquels on puisse pénétrer au norddans le Tyrol. Ces défilés étaient garnis detroupes et de chasseurs tyroliens, mais onn’était point sans inquiétude sur le passagede Feldkirch.

Le général Leeourbe, qui se dirigeait parMemmingcn sur le Tyrol et le Vorarlberg, sereplia tout à coup vers Schoengau, sur le Lech.11 attaqua les Autrichiens à Reuti et Innnen-stadt, et les repoussa; il prit la résolutionhardie de faire marcher un corps de troupespar la forêt de Bregenlz, ce que nul généraln’avait osé tenter jusqu’alors. Par là, il cou-pait aux Impériaux la retraite sur les mon-tagnes de Montasun, et se donnait la facultéde les attaquer en même temps par la Suisse.Cette manœuvre, admirable dans tous sesmouvements, força les Autrichiens à évacuerprécipitamment le pays des Grisons, dont les