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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DE LA CAMPAGNE DE 1800.

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Français se trouvaient maîtres, ainsi que deFeldkirch.

Que l’on juge maintenant combien une fortediversion du Tyrol eût été efficace contre lesFrançais, puisqu’une simple démonstration dece côté les détermina sur-le-champ à détacherun corps considérable. On a bien tort de con-sidérer les diversions comme des opérationssecondaires ; il faut y employer la plus grandepartie de ses forces, et leur succès est imman-quable.

Pourquoi le général Ivray, rassemblant sestroupes derrière Vlan, n’allait-il pas gagner leTyrol par Burkhausen, Ditmanning, Traunstein,Marquarstein et Kufstein?

Ce mouvement aurait été masqué par uneforte reconnaissance dans les environs deLandshut, où l’on aurait employé beaucoup decavalerie. Ce corps se repliait, après, derrièrel’Inn, sur deux colonnes ; l’une vers Braunau,l’autre vers Alt-Oeling.

Parvenue en Tyrol, je ne pense pas que l’ar-mée impériale dût déboucher par Kufstein. Ilsuffisait de garnir fortement ce défilé et celuide Scliarnitz, en continuant la marche. Alors,de Iteuti, ou du pas d’Ehrenberg, les Autri-chiens descendaient en force sur la rive droitedu Lech : en se tenant sur la rive gauche, ilscouraient le risque d’être séparés de leur basepar les Français, c’est-à-dire, des trois pas deReuti, Scharnitz et Kufstein. Il ne leur restaitplus d’autre parti, en pareil cas, que de seporter en toute hâte vers Ulm et lé Danube,pour obtenir une nouvelle base; mais celaétait-il praticable, ayant sans cesse à côtoyerl’armée française?

Pour couvrir la marche sur le Lech, il eûtété bien vu de faire déboucher un corps deKufstein, puis un autre deScharnilz. L’ennemiles aurait considérés comme l’avant-garde descolonnes qui allaient s’avancer par ces défilés;et, au moment où il se serait porté contre eux,l’année se montrait sur le Lech. Il fallait bienqu’alors les Français évacuassent la Bavière,suivis en flanc ou à dos par les corps que l’onaurait laissés à Braunau et Alt-Oeling.

Plus j’examine cette mauœuvre, plus l’effetm’en semble infaillible. Les Français se trou-vaient cernés dans un demi-cercle de corps,correspondant tous entre eux depuis Braunaujusqu’au pas d’Ehrenberg sur le Lech. Une

continuité de mouvements bien combinés lesforçait également à abandonner la Souabeorientale : Ulm se trouvait dégagé. Jedisplus,une autre opération rejetait les Français jus-qu’au Rhin même.

J’entends ici une diversion en Suisse. Unecolonne autrichienne se portait sur Bregenlz ,une autre sur Feldkirch, et de là sur Appenzel.Dès lors, les choses n’étaient plus égales desdeux côlés : les Autrichiens, eussent-ils étébattus, avaient toujours une retraite certaineen Tyrol; mais si la Suisse tombait en leur pou-voir, ils se trouvaient en mesure d’interdireaux Français le retour sur le Rhin.

La colonne de Bregentz couvrait celle d’Ap-penzel; chacune de celles qui descendaient dunord du Tyrol, couvrait sa voisine. C’élait undéveloppement simultané de tètes de colonnes,qui se portaient de plus en plus à l'ouest : onavouera qu’il n’est pas possible de voir uneplus belle manœuvre.

Examinons, en revanche, la position danslaquellel’armislice trouva l'armée autrichienne.Elle n’étaitpas entièrement mauvaise; ellel’eûtété, s’ils se fussent appuyés au Danube. Ils s’é-taient placés entre ce fleuveet le Tyrol, ce quidénotait des vues beaucoup plus saines.

D’après un rapport de Kray, du 8 juillet,son armée campait près d’Amtfing. Le corpsde réserve était à Haag, un détachement versLandshut, et un autre à Saal, devant Ratis-bonne. Wasserbourg et Muhldorf étaient éga-lement occupés.

L’armée impériale se trouvait trop diviséepar ces différentes positions. Celle de Ratis-bonne était inutile, puisqu’on ne pouvait défen-dre celle ville. Je crois que trois corps sur troispoints divers, pouvant tout couvrir, il suffisaitde ceux d’All-Oeling , Wasserbourg et Rosen-heim. Mais je suppose aussi que l’on eût tentéun coup hardi pour rentrer en possession deMunich; car, pour ne point faire la guerre dé-fensive avec trop de désavantage, il faut semontrer quelquefois sur l’offensive.

Dans le cas d’une attaque trop vigoureusede la part des Français, on gagnait le Tyrol,d’après le grand principe des retraites excen-triques, c’est-à-dire, obliques, et jamais per-pendiculaires (î).

(t) Esprit du système de guerre moderne, r* part.,

! sect. VIII.