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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DE LA CAMPAGNE DE 1800.

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La baïonnette est l’arme favorite des trou-pes modernes; on lui attribue des effets éton-nants, c’est à elle que l’on a recours danstoutes les occasions périlleuses : combien doncne sera-t-on pas surpris de m'entendre déclarerque je la regarde à peu près comme inutile ,plutôt comme un ornement que comme unedéfense? Comparez attentivement la pique àla baïonnette, et vous serez bientôt convaincude l’énorme supériorité de la première. L’inven-teur de la baïonnette n’était sûrement pointmécanicien; il n’entendait rien à la théorie del’impulsion et à l’anatomie du corps humain:ce sont cependant deux connaissances indis-pensables à tout militaire, qui prétend intro-duire une nouvelle arme, soit offensive, soitdéfensive.

Relisez ce qu’on dit sur la baïonnette Folardet Lloyd, que je regarde comme les deux écri-vains qui ont le plus approfondi l’art militairedans tous ses détails. Tous deux redemandentla pique, pour rendre à l’infanterie sa force etsa dignité.

Toutes les fois donc que je lis dans unerelation que la cavalerie a été repoussée par labaïonnette, je me dis que cetle cavalerie n’apoiiîl fait une charge réelle, et qu’elle s’estcontentée d’une simple démonstration. On partau galop à une certaine distance, on modèrel’inipéluosité de la course, en approchant dela ligne d’infanterie; celle-ci fait sa décharge,presque toujours d’un effet médiocre, et aussi-tôt la cavalerie, croyant avoir assez fait enessuyant ce feu, tourne bride, et va se refor-mer hors de la portée du mousquet.

Mais il arrive quelquefois que la charge sefait avec une ferme résolution de vaincre, etconséquemment avec un déploiement total deforces; loin de ralentir l’ardeur des chevaux,on les lance avec toute la rapidité dont ils sontsusceptibles, et je ne crois pas qu’il y aitalors d’infanterie qui puisse tenir, armée, dumoins, comme elle l’est de nos jours.

La cavalerie aurait beaucoup plus à redou-ter du feu de chasseurs exercés au tir de lacarabine, sans baïonnette. Si chacun d’euxabattait son homme, et cela est possible, lepremier rang serait détruit avant de joindreles fantassins; mais ceux-ci, à la vérité, pour-raient se trouver enveloppés et sabrés par lesecond.

Que faire donc, pour sauver l’infanterie?11 se présente deux moyens : le premier est dela former sur deux rangs; l’un d’arquebusiersexercés, l’autre de soldats armés de piques, lesecond rang en échiquier derrière le premier.Je ne demande pas que l’on se louche du coude;au contraire, je veux que chaque homme aitles mouvements aussi libres que possible,comme l’avait le légionnaire romain. Il fauts’attacher bien plus à la portée de la carabineou arquebuse, qu’à la grosseur du calibre. Jeproposerais même de se servir de chevrotines,si les blessures qu’elles font n’étaient troplégères, et ne laissaient encore au cavalier etau cheval la faculté d’agir. C’est aussi le défautde la baïonnette, peu redoutable, particuliè-rement pour le cheval. L’homme le plus vigou-reux ne peut la faire pénétrer que de troispouces environ, et dans une charge de cava-lerie , le coup de la baïonnette est sans impul-sion; le fantassin ne faitque présenter la pointe,et c’est l’ennemi qui s’enferre.

Le second moyen que j’ai annoncé pour lesalut de l’infanterie, serait de ne la laisserjamais marcher sans un corps à cheval qui lasoutînt: alors, la pique devient moins néces-saire, on peut nourrir davantage son feu, cequi rentre absolument dans l’esprit de laguerremoderne.

Dans cette hypothèse, on rend illusoire celtevieille maxime : qu’avec de la cavalerie on abientôt dissipé des tirailleurs.

Vous avez l’avantage extrême de réunir l’ar-me à feu et l’arme blanche; voilà leur vérita-ble alliance, celle qu’ont voulue tous les grandsthéoriciens. C’est à tort qu’on l’a cherchéedans une seule et même espèce de troupes :le feu est le propre de l’infanterie, comme lesabre est celui de la cavalerie; combinez cesdeux moyens, vous obtenez mi ensemble for-midable.

Je trouverais même une économie dans cetteréunion constante des deux armes; j’ôleraisau fantassin sa baïonnette, et au cavalier sonmousqueton.

Que l’on daigne, en effet, faire réflexion quelà où la cavalerie ne peut agir, l’arme blanchedevient inutile, et qu’il faut se borner au feude la mousqueterie.

D’après ces considérations, il doit paraîtreétonnant de voir l’avant-garde, commandée

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