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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DE LA CAMPAGNE DE 1800.

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ment diminué le nombre des transports et deséquipages, qui sont le plus grand fléau desprincipales armées de l’Europe. C’est dans uneretraite, que l’on sent l’extrême importance desmotifs qui ont déterminé les Français à sim-plifier cette partie.

Mais les Autrichiens , dira-t-on, n’auraient-ils pu faire le plus grand tort à leurs ennemis,en les poursuivant et les harcelant dans leurretraite?

J’observerai, à ce sujet, que les Autrichiens,et, en général, les peuples modernes, enten-dent médiocrement l’art des poursuites; ils ymettent aussi peu de vigueur que dans les sor-ties de places assiégées. On se contente de dé-tacher sur les pas de l’ennemi quelques hus-sards, quelques chasseurs; on le canonne deloin et sans effet; il n’abandonne que ce qu’ilne peut emmener, et ne fai t qu’une perte légère,lorsque tout présageait sa ruine totale.

Les Français et les Prussiens, qui ont faitla campagne de Champagne, en 1792, et quise rappellent parfaitement de quelle manières’opéra la retraite de ces derniers, ne peuventaujourd’hui trop révéler l’extrême impéritieavec laquelle fut dirigée la poursuite, par cegénéral Dûmouiuez, qui osa se proclamer inso-lemment vainqueur à la face de l’Europe, etvoulut placer ses Mémoires à côté des Commen-taires de César.

Je viens de tracer, dans plusieurs hypo-thèses, les divers plans qui, selon moi, auraientété les plus propres à rendre vaine l’invasiondes Français en Italie. Mais pour considérerles choses datfs leur réalité, il faut se reporterà l’époque où l’armée autrichienne marcha surTurin, et nous examinerons ce qu’il y avait àfaire en partant de ce point.

Il est nécessaire, pour plus de clarté, dereprendre les événements dont j’ai interrompule récit.

Pendant que l’avant-garde française était àChivasso, le général Murat jeta un pont sur laSessia, passa celte rivière, s’avança vers No-vare, et poussa jusqu’à îa rive droite du Tésin.

Le pont sur la Sessia était près de Verceil;le 30 mai, Bonaparte entra dans cette ville :des transports de joie éclatèrent à sa vue.

La nuit précédente, legénéral Lannes avaitpassé laDoria-Baltea, et marchait sur Verceil,par Crescenlino et Trino.

Cette marche de l’avant-garde prouvait, que, l'on était suffisamment avancé vers le Milanais,pour se dispenser de masquer davantage lemouvement que l’on faisait pour y pénétrer.Dès lors, on peut se demander ce qui retenaitl’armée autrichienne sous Turin, puisqu’ellen’avait plus de corps à observer.

Le 3 juin, le général Lannes entra dans Pavieavec l’avant-garde : il y trouva des magasinsconsidérables de munitions de bouche et deguerre, et de plus, 500 pièces de canon avecleurs affûts et leurs trains.

Il est à observer que l’avant-garde françaisene cessa point de faire la colonne la plus rap-prochée de l’ennemi, ce qui était absolumentconforme à la saine théorie des marches.

Ce fut le 2 juin, que le premier consul fitson entrée dans Milan ; il fit immédiatementinvestir le château. Sa présence produisit uneimpression d’autant plus grande, qu’il y avaità peine quelques jours que l’on commençait àcroire au passage des Alpes par les Français,passage déclaré impraticable et chimérique parles routiniers, les ignorants et les envieux.

Avant l’entrée de Bonaparte dans le Mila-nais, les Autrichiens avaient rassemblé uncorps considérable de cavalerie et d’artilleriesur le bord du Tésin. Les Français passèrentnéanmoins cette rivière. Le général Monnier,après un combat fort vif, s’empara du villagede Turligo, où les Impériaux s’étaient retirés;ils y laissèrent 300 morts et 200 prisonniers.

Le général Lecchi se porta sur Cassano, etle général Duhesme sur Lodi. Ces deux posi-tions furent incontestablement prisessur l’Ad-da, pour tenir en respect les corps autrichiensqui auraient voulu entreprendre quelque chosedu côté de Mantoue.

L’avant - garde était à Pavie, Bonaparte àMilan, et le général Turreau entre Turin etSuze, pour observer les Impériaux qui occu-paient cette région : il eut à soutenir plusieursaffaires assez chaudes.

Telle était la position de l’armée française,le 3 juin.

En même temps, avaient commencé les opé-rations de la colonne que le général Monceyamenait de l’armée du Bhin. Il arriva par laSuisse, passa le Saint-Golhard, et pénétra dansle Milanais par le nord.

Une réflexion se présente naturellement, en