DE LA CAMPAGNE DE 1 800.
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comme formant une armée piémontaise. Cettebase reposait sur Turin, Asti, Alexandrie, Va-lence, Tortone et Vogliera. Le triangle d’opé-rations des Autrichiens était un triangle obtu-sangle, dont l’angle objectif ( 1 ) était de plusde 90 degrés. De Tortone à Turin, la basen’était point convexe; c’était une ligne droite :quant aux Français, je ne leur vois point de base.
II est d’autant plus à s’étonnerqueles Impé-riaux n’aient point embrassé ce parti, et n’aient lmême fait aucune démonstration de ce genre,qu’il ne s’agissait que de marcher droit devanteux, selon leur antique usage.
Loin de là, ils abandonnèrent volontaire-ment leurs places fortes, qu’ils auraient puvendre si cher à l’ennemi. Ils marchèrent surAlexandrie, et par là donnèrent une base auxFrançais, qui se hâtèrent d’occuper Turin etles autres forteresses à leur convenance. L’his-toire offre peu d’exemples de fautes aussi gra-ves que celles de Mêlas en cette terrible crise.Je ne puis m’empêcher d’observer encore, quec’est ici la lutte delà médiocrité contre le génie.
Les Autrichiens étaient donc arrivés jusqu’àAlexandrie, comme je viens de le dire. Le 9juin, après le combat deMontebello ou Casteg-gio, où le général Otto fut battu, l’arméefrançaise se mit en marche, pour passer laScrivia. L’avant-garde, sous les ordres du géné-ral Gardanne, rencontra un corps ennemi quidéfendait les approches de la Bormida, ettroisponts jetés sur celte rivière, dans les environsd'Alexandrie. Les Autrichiens furent culbutés,et abandonnèrent 2 pièces de canon.
Cependant Mêlas avaitété considérablementrenforcé, le 11, par les corps delladdick et deKaim. Après le passage de la Scrivia par lesFrançais, passage qui ne fut point disputé,Mêlas rassembla toutes ses forces derrière laBormida.
Le 13 juin, il passa le Tanaro, et campa,en avant d’Alexandrie, entre le Tanaro et laBormida.
Le même jour, la division Chabran, station-née jusqu’alors dans le val d’Aoste, et présen-tement réunie à la grande armée, côtoya le Pôjusqu’en face de Valence, pour s’opposer à ceque les Autrichiens passassent le fleuve. Ce
0) Esprit du système de guerre moderne, i re part.,sect. v.
passage aurait été singulièrement dangereuxpour les Français, qui se voyaient exposés àperdre leurs communications, si leur ennemiparvenait à s’établir sur la rive septentrionale.
Le général Mêlas commença ses opérationssous Alexandrie, en se laissant enfermer entrela Bormida et le Pô. Il lui restait, à la vérité,une retraite par Alexandrie, maiselle pouvaitdevenir d’une difficulté extrême. La divisionChabran, en passant le Pô, prenait Mêlas àdos ; et l’armée de Bonaparte, arrivée sur laBormida, jetait son aile gauche sur le flancdroit des Autrichiens, et passait le Tanaro. Parcette manœuvre, l’armée impériale se trouvaittotalement investie.
Le général Mêlas sentit, enfin, la positiondésespérée où l’avait jeté une suite fatale defausses mesures et de vues étroites : il prit lalouable résolution d’en sortir par un coupd’éclat, et la bataille fut résolue.
Le 14 juin (2o prairial), au point du jour,l’armée autrichienne passa la Bormida sur troisponts. Elles se forma sur trois lignes : en ar-rière de l’aile droite, et, pour la couvrir, futplacée une réserve, chargée de veiller sur lechemin de Novi, où le général Suchet s’étaitfait voir.
La première ligne, commandée par le comtede Iladdick, attaqua l’avant-garde françaiseprès de Marengo. La seconde et la troisièmedéfilèrent très-judicieusement sur Fregaroloet Sale.
Le général Victor soulint l’avant-garde avecsa division. Son centre occupa le village deMarengo; sa gauche vint s’appuyer à la Bor-mida. A la droite de Marengo, était le généralLannes. Le tout était formé de deux lignesd’infanterie, dont les ailes étaient couvertespar de gros corps de cavalerie.
Les seconde et troisième lignes des Impé-riaux , qui défilaient de droite et de gauchederrière la première, par des marches de flanc,menaçaient de tourner le général Victor surses deux ailes, pendant qu’il avait à soutenirde front le feu terrible d’une artillerie de 100pièces de 24. Il était instant de lui donner dusecours. Le général Berthier fait avancer lacavalerie de réserve et le corps du généralDesaix. Bonaparte se montre au milieu du feu ;les deux armées sont à la portée du mousquet.Les Impériaux sont supérieurs en artillerie; les