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HISTOIRE
plutôt de la Bohême que l’archiduc Charlesaurait pu entreprendre une diversion efficace.Mais avant de traiter ce sujet, il convient dejeter un coup d’œil sur les opérations du gé-néral Augereau en Franconie.
Ce général s’avança directement et de front;les Impériaux allèrent de même à sa rencontre.Cette longue chaîne de postes sur deux lignesparallèles, produisit des escarmouches conti-nuelles ; mais, du reste, il ne se passa rien quioffre matière à réflexions, sous les rapports destratégie et de tactique.
Je n’y vois rien de remarquable que l’opi-niâtre défense du commandant de Wurzbourg,défense d’autant plus honorable pour lui, quecette partie de l’art militaire est la moins avan-cée en Allemagne, tandis que les Français sontdepuis longtemps les maîtres de l’Europe, danstout ce qui tient à la science des fortificationset des sièges.
Je reviens donc à l’archiduc Charles, et,comme je l’ai dit, je trouve qu’il eût agi plusutilement, en restant en Bohême, où il avaitdéjà rassemblé et organisé une force militairerespectable; qu’en l’a laissant dans l’inactivité,pour courir en Autriche, où tout était perdusans ressources.
En effet, avec son armée de Bohême, l’ar-chiduc, se joignant au général Simbschen,tombait sur Augereau avec une telle supério-rité de forces, qu’il le forçait infailliblementde regagner le Rhin avec précipitation. Alors,se dirigeant tout à coup sur sa gauche, et fai-sant front au Danube, le prince se portait surle flanc gauche de Moreau, et menaçait à la foisses derrières.
Ce général était trop prudent pour continuerà pousser son centre sur Vienne, avant d’avoirdégagé l’aile menacée, et par cela, il était ar-rêté dans sa marche victorieuse. Il fallait, detoute nécessité, qu’il fit lui-même front auDanube; c’eût été, pour ainsi dire, se réduireà la défensive.
D’un autre côté, il faut convenir que si l’ar-chiduc, en poursuivant le général Augereau,se fût avancé trop près du Rhin, il s’exposaità se voir coupé de la Bohême, d’autant plus quele voisinage de la ligne de démarcation resser-rait le terrain dans lequel il devait agir.
Pendant que l’Autriche était accablée enAllemagne par de si cruels revers, l’armée
qu’elle avait en Italie avait recommencé leshostilités par une diversion bien calculée, etqui aurait de plus grands résultats, si elle eûiété entreprise avec une force mieux propor-tionnée à son objet.
Les Français étaient postés derrière la Chîesa;le quartier général se trouvait à Brescia.
Les Autrichiens étaient stationnés derrièrele Mincio; Peschiera et Mantoue couvraientleur front : ils occupaient Ferrare, et ce fut decette place qu’ils entreprirent leur diversionsur le flanc droit des Français.
Le comte de Bellegarde, général de l’arméeimpériale, fit occuper Bondeno sur la rivegauche du Panaro, jeta un corps de troupesau delà du Pô, à Figherolo, et s’empara deStellata et de San-Biagio.
Le 4 décembre, les Français dirigèrent, con-tre Bondeno, une attaque qui ne réussit point.Les Autrichiens étendirent alors leurs avant-postes le long du Pô et du Panaro.
Cependant ces mouvements, quoique bienvus en eux-mêmes, étant exécutés par descorps trop faibles, méritent plus le nom de dé-monstrations que celui de diversions. Pourquoidonc le général Bellegarde les fit-il entrepren-dre? Vraisemblablement pour distraire l’atten-tion de l’ennemi, lui faire croire que l’oncherchait à porter la guerre au midi du Pô,vers la péninsule de l’Italie, et le détournerpar là de songer à attaquer le Mincio de front,ou le Tyrol par le flanc.
Si le général autrichien avait été le maîtred’agir d’après ses idées personnelles, il est àprésumer qu’il aurait entrepris en grand cequ’il ne fit que tenter en détail. Le parti le plusjudicieux qui s’ofl'rait à lui, était alors de fairece que le général Moreau, à mon avis, auraitdû exécuterlui-mêmedansla campagne de 1799;c’est-à-dire, établir le théâtre de la guerre surla rive méridionale du Pô, en prenant pourbase la péninsule de l’Italie. Il forçait les Fran-çais, par ce moyen , a faire front vers le sud,et rendait le passage du Mincio presque impra-ticable pour eux. En s’étendant à l’ouest, ilpouvait même les inquiéter sur leurs commu-nications avec Milan, Novarre et Turin.
Les Français, dira-t-on, n’auraient pas man-qué d’investir Mantoue et Peschiera, abandon-nées à elles-mêmes; ils auraient tenté de couperle général Bellegarde des États héréditaires.