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miment ancien pour un bouclier; il le regarde!comme une vaisselle de Valentinien et une de ceslargesses ( largitas ) que les empereurs faisaient àleur armée, et dont l’histoire et les médailles of-frent assez d’exemples. Mais cette opinion est re-jetée par tous les hommes instruits; car le présentrépondrait bien peu à la qualité du donateur. Onest loin surtout de partager l’avis du critique, quandon songe aux largesses extraordinaires que les em-pereurs romains faisaient à leurs troupes dans lesoccasions solennelles. Sans nous rappeler les traitsde ce genre du prodigue Héliogabale, nous savons,par exemple, que Septime-Sévère, dans l’une de,ses huit libéralités, fit donner dix pièces d’or partète aux citoyens romains et aux soldats de sa garde,c’est-à-dire près de vingt millions de notre mon-naie, en calculant la somme totale marquée dansl’histoire romaine de Dion-Cassius.
Le bouclier conservé à Genève est d’autant plusprécieux, que ces sortes de monumens sont fortrares : on en connaît à peine trois ou quatre autresde ce genre dans l’univers. Dans ce nombre estcompris le fameux bouclier de Scipion, trouvé dansle Rhône, et qui représente l’histoire si célèbre dela continence de ce grand homme.